Les tiques et la maladie de Lyme : 7 questions que vous vous posez au sujet de ces petites bêtes

© France télévisions
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La maladie de Lyme transmise par les tiques n'en finit pas de créer la polémique. Quels sont ses symptômes, sont-il chroniques, comment traiter ? Autant de questions sans véritable consensus au sein du corps médical. Etat des lieux et conseils pour s'en prémunir en 7 questions-réponses.

Par Marion Gadea

1. Comment et où se transmet la maladie de Lyme ?

La maladie de Lyme, autrement appelée borréliose de Lyme, se transmet à l’homme par les morsures de tiques. Ces petites bêtes, qui se nourrissent de votre sang, sont de plus en plus nombreuses en France, en raison notamment du réchauffement climatique. Elles vivent dans des zones boisées et humides, les herbes hautes des prairies, les jardins et les parcs forestiers ou urbains. 

Les contaminations se font principalement de mai à octobre. Mais attention, la morsure de tique ne transmet pas systématiquement la maladie de Lyme. Loin de là ! La tique doit être elle-même infectée au préalable.

2. Quels sont les symptômes ?

Cette maladie est très difficile à diagnostiquer en raison de la multitude de symptômes : perte de connaissance, fatigue, vertiges, migraine, nausée, vomissement, douleurs articulaires... D'ailleurs, certains médecins préfèrent dire qu'il n'existe par une mais plusieurs maladies de Lyme. Les symptômes apparaissent généralement dans les 30 jours après la morsure et dans 90 % des cas disparaissent spontanément. 

Bien souvent un érythème migrant apparaît d'abord. Il s'agit d'une rougeur importante qui fait penser à une allergie tout autour de la piqûre. Certains patients atteints assurent toutefois n'avoir rien constaté, ce qui ajoute une difficulté supplémentaire pour établir le diagnostic. 
 
© France Télévisions/C. Guinot
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3. La maladie peut-elle devenir chronique ?

La polémique est vive autour de cette question. La réponse est oui selon certains scientifiques, à commencer par la haute autorité de santé qui vient de reconnaître l'existence d'une forme chronique de la maladie de Lyme. Mais d'autres spécialistes soutiennent le contraire. En attendant, de nombreux témoignages montrent que les douleurs peuvent être récurrentes et très invalidantes.

Nicolas Meyer, un habitant du Doubs, a vu sa vie basculer après une morsure. Les douleurs étaient tellement intenses qu'il a dû arrêter de travailler durant de nombreuses années et a même envisagé le pire.

Vous pouvez avoir des douleurs articulaires, musculaires, neurologiques, des maux de tête très importants. J'ai pensé au suicide.

S'ajoute à cette souffrance l'incompréhension. Nicolas a dû faire face au peu de considération de son rhumatologue qui l'a pris, dit-il, pour un "fainéant".

4. Quels sont les traitements ?

La question des traitements est également délicate et fait l'objet de controverses. De nombreux patients souvent réunis au sein d'associations, considèrent qu'en France la maladie n'est pas correctement prise en compte et traitée, comme l'explique Ginette Otto. Scanner, IRM... les médecins ont eu bien du mal à trouver l'origine de ses problèmes de santé.

Ca fait plus de 10 ans que l'on me prend pour une malade imaginaire.  


Généralement, le diagnotic est établi par le médecin, soit après l'observation de symptômes précis, dont l'érythème, soit après une prise de sang. Ce test de dépistage n'est toutefois pas fiable à 100 %.

Selon les cas, un traitement antibiotique peut être administré. Ensuite, comme le montrent les témoignages de Nicolas et de Ginette, obtenir un traitement adapté peut devenir un véritable parcours du combattant.

5. La France en retard ?

Certains praticiens proposent aujourd'hui des traitements alternatifs qui, selon eux, font leurs preuves. Ces thérapies ne sont toutefois pas reconnues par l'ordre des médecins ni par l'assurance maladie. En Alsace, région particulièrement touchée par la maladie de Lyme, des médecins dénoncent le manque de recherches en France pour combattre les nombreux virus et bactéries dont sont porteuses les tiques. 

La Suisse propose et rembourse un vaccin contre la méningo-encéphalite, l'une des infections liées au virus transmis par les tiques qui pénètre dans le sang dès le début de la morsure. Mais une fois de plus, aucune recherche scientifique ne permet à ce jour de dire si cela est efficace ou non. 

6. Comment se protéger ? 

Cet été, lors des balades en pleine nature, notamment en forêt, il est donc fortement recommandé de sortir couvert : chaussettes sur le pantalon, chapeaux ou casquettes, tee-shirt à manches longues...

Certaines villes comme Soyaux, près d'Angoulême, ont d'ailleurs installé des panneaux d'information et de prévention à l'entrée des bois et des aires de jeux. 

Il existe également dans le commerce de nombreux répulsifs. 

7. Que faire si vous avez une tique plantée dans le corps ?

Rien de tel que le tire-tique, un crochet fabriqué dans le Jura et vendu dans le monde entier. Ce petit instrument initialement conçu à des fins vétérinaires permet d'extraire l'acarien grâce à un système de rotation. Attention à ne surtout pas tirer avec une pince à épiler par exemple, une partie du parasite risquerait de rester sous la peau. Précisons que plus la tique est enlevée rapidement et plus le risque de contamination est faible. 
Ce petit instrument est fabriqué dans le Jura. Il s'en vend plus de deux millions chaque année dans le monde. / © France Télévisions/H. Perret
Ce petit instrument est fabriqué dans le Jura. Il s'en vend plus de deux millions chaque année dans le monde. / © France Télévisions/H. Perret

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