Près de 100.000 mètres cube de roche s’effondrent au pied du Mont-Blanc, en Haute-Savoie

La cicatrice de l'éboulement d'une hauteur 300 mètres de haut environ est extrêmement large. / © Ludovic Ravanel
La cicatrice de l'éboulement d'une hauteur 300 mètres de haut environ est extrêmement large. / © Ludovic Ravanel

Dans la nuit du 28 au 29 septembre 2017, près de 100.000 mètres cube de roche, se sont écroulés au pied de l’éperon Tournier, en Haute-Savoie.

Par AT

Le bloc était visible depuis Chamonix et dès l’effondrement, les photos ont circulé sur les réseaux sociaux. Entre 50.000 et 100.000 mètres cube de roche selon des spécialistes, se sont écroulés au pied de l’éperon Tournier dans la nuit du jeudi 28 au vendredi 29 septembre.

Aujourd’hui, les Chamoniards peuvent apercevoir un creux de 300 mètres de haut environ et extrêmement large sur la face nord de l’aiguille du Midi, moins fréquentés ces dernières années par les alpinistes.


"C’est un événement non-négligeable, mais c’est moins important que l’effondrement de près de 3 millions de maètres cubes de matériaux et de roches qui a eu lieu en août 2017 dans les Alpes suisses", explique Ludovic Ravanel, chercheur au CNRS et au laboratoire Edytem de Chambéry.

Le réchauffement climatique en cause 


L’an dernier, la paroi a été scannée, elle le sera à nouveau pour pouvoir établir avec exactitude la quantité de roche qui s’est effondrée.

"L’éboulement du pied de l’éperon Tournier est un cas très intéressant. Il se produit en zone de permafrost, ce moment où la roche dégèle par endroits quand elle a emmagasiné assez de chaleur pour atteindre des températures positives. Ces dernières années, le permafrost dégèle de plus en plus profondément et provoque ce type d’éboulement", rajoute Ludovic Ravanel.

Vue de la partie haute de la cicatrice de l'écroulement dans laquelle apparaît la glace prélevée / © Ludovic Ravanel
Vue de la partie haute de la cicatrice de l'écroulement dans laquelle apparaît la glace prélevée / © Ludovic Ravanel

Des prélévements de glace inédits


Si le phénomène n’est pas nouveau, les prélèvements effectués dans la cicatrice, le sont. Habituellement, les zones d’éboulement sont trop dangereuses pour que des prélèvements y soient effectués, mais cette fois en partenariat avec l’école nationale de ski et d’alpinisme, des morceaux de glace ont pu être récupérés par le laboratoire Edytem de Chambéry.

"Nous avons retrouvé beaucoup de glace dans la partie haute de la cicatrice de l’écroulement. Jamais une telle quantité de glace n’avait été retrouvée. Elle cimentait la montagne et nous allons pouvoir l’analyser pour déterminer ses caractéristiques et la dater avec l’aide de l’IGE, le Laboratoire de glaciologie et géophysique de l'environnement de Grenoble. Ce qui constitue une première mondiale", s’enthousiasme le chercheur.


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