Indépendance, autonomie … comment l’Europe gère-t-elle ?

© MAX PPP
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Dans la crise de la Catalogne, et malgré les attentes, l'Europe est restée en dehors du rapport de force. Une position qui peut s'avérer difficile à tenir, alors même que des aspirations similaires émergent dans différents endroits d'Europe.

Par France 3 Corse ViaStella

Identité, nationalité mais également fiscalité, les ingrédients de la colère catalane sont aussi ceux des crises de l’Europe. Pourtant, depuis le référendum du 1er octobre, Bruxelles s’est rangé du côté de Madrid et a refusé d’envisager toute conciliation.

Xavier Arbos, catalaniste non-indépendantiste vient régulièrement enseigner à Corte. « Je ne suis pas étonné, du moins cela pouvait se prévoir du point de vue institutionnel. L’Espagne est un partenaire naturel des autres pays européens.

Lesquels, on a l’impression, n’ont pas d’intérêt de voir une sécession unilatérale se produire en Espagne. Cela pourrait donner un mauvais exemple. D’un autre côté, l’Union européenne est très préoccupée qu’un grand pays du sud de l’Europe puisse entrer dans une crise économique
», explique-t-il.

Indépendance, autonomie … comment l’Europe gère-t-elle ?
Intervenants : Xavier ARBOS Professeur de droit constitutionnel à l'Université de Barcelone ; Paolo MODUGNO, professeur de civilisation italienne à Sciences-Po Paris ; Pascal DURAND Député Europe Ecologie-Les Verts/ALE. Reportage : ANTOMARCHI Florence ; TOUATI Amel ; LOIGEROT Sylvie ; BARBOLOSI Frederique.

Fédéralisme différencié


La situation apparaît plus calme en Italie, où les riches Vénétie et Lombardie, organisaient ce 22 octobre des référendums pour plus d’autonomie. Ici, le contexte national, permet et prévoit un élargissement des compétences des institutions locales. « Ces référendums sont prévus par la constitution depuis une réforme qui a eu lieu en 2001.

Cela s’appelle le fédéralisme différencié, c’est-à-dire la possibilité que la constitution donne à certaines régions qui se sentent d’avoir les capacités pour le faire de demander d’avoir plus de compétences
», indique Paulo Modugno, professeur de civilisation italienne à Sciences-Po Paris.

Administrativement tout à l’air simple. Mais idéologiquement c’est une autre histoire. Luca Zaia, le président de la Vénétie a parlé de « Big Bang » pour l’Italie. Il appartient à la Ligue du Nord, sortie renforcée de ces consultations. D’ailleurs, ce parti politique est né en affirmant la nécessaire indépendance du nord d’avec Rome et le Mezzogiorno. 

De la Catalogne aux îles Féroé, du Pays basque à l’Italie du nord, la demande de pouvoirs locaux renforcés agite donc bien des coins d’Europe. Mais dans les institutions les débats ne suivent pas. En 2018, c’est l’indépendance écossaise qui reviendra sur le devant de la scène.


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