Non renouvellement des contrats aidés : communes, écoles et associations sont dans le flou

La Corse bénéficie de 1890 contrats aidés. Après l’annonce par le gouvernement d’une baisse du nombre de ces contrats, les collectivités locales et le milieu associatif s’interrogent sur leur avenir.

Par A.P.

Après la baisse des dotations de l’Etat, le non renouvellement de certains contrats aidés est un nouveau coup dur pour les communes. Théo Dongradi travaille à l’entretien de la voirie Bastelicaccia. C’est un contrat d’avenir qui lui a mis le pied à l’étrier : « Ca a été un coup de pouce pour choisir une voie dans laquelle on a envie d’avancer. », avoue-t-il.

En tout, la commune de Bastelicaccia a fait créé six emplois aidés, financés en partie par l’Etat.  Alors face au non renouvellement des contrats, « il va falloir faire des choix. Il va falloir recruter ces agents et cela aura une incidence sur le budget. », prévient Antoine Ottavi, maire de Bastelicaccia.

Car la  subvention de l'état pouvait  atteindre 70 à 80% du SMIC, un montant non négligeable.

L’incertitude dans les associations et les écoles


Non renouvellement des contrats aidés : communes, écoles et associations sont désemparées
Intervenants : Théo Dongradi , en contrat aidé / Antoine Ottavi, maire de Bastelicaccia / Pierre-François Bellini, maire de Carbuccia / Yannick Léger, directeur de la Chambre régionale de l'économie sociale et solidaire de Corse. Reportage : Sylvie Wolinksy, Marion Fiamma


Les emplois aidés sont également très répandus dans les écoles. A Carbuccia, c’est l’inquiétude à seulement 15 jours de la rentrée. Le regroupement pédagogique intercommunal emploie 10 salariés. 4 sont en contrat aidés dont 2 travailleurs handicapés. Pierre-François Bellini, maire de Carbuccia, explique l'importance de ces emplois

Nous essayons d’offrir, dans nos zones rurales, le maximum de services aux parents afin qu’ils puisent faire face aux garderies, aux transports scolaires, aux cantines, etc. Ces contrats aidés nous permettent d’offrir tous ces services et de laisser la participation des communes à un niveau acceptable. [...] Si nous n'avons plus ces contrats aidés, nous serons obligés de supprimer des services à terme. 

Le milieu associatif est le plus concerné par cette diminution des contrats aidés. Sur les 1890 que compte la Corse, 1354 étaient liés au secteur non marchand, c'est-à-dire aux associations.

Pour Yannick Léger, directeur de la Chambre régionale de l'économie sociale et solidaire de Corse, cela est normal. Le milieu associatif « d’une part favorise l’insertion professionnelle de publics en difficultés et, d’autre part, ce sont des métiers qui œuvrent à l’intérêt général ou en tout cas à l’intérêt collectif. » Cette nouvelle coupe budgétaire ne risque donc pas de favoriser l’ouverture vers l’emploi.

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