22 juin 2015, Tomi Menaka, 92 ans, membre d'une troupe féminine de chanteuses et danseuses de l'île de Kohama d'Okinawa
 / © TORU YAMANAKA / AFP
22 juin 2015, Tomi Menaka, 92 ans, membre d'une troupe féminine de chanteuses et danseuses de l'île de Kohama d'Okinawa / © TORU YAMANAKA / AFP

Alors qu'en France, le nombre de centenaires pour 100.000 habitants est actuellement environ de 30, ce chiffre dépasse 50 à Okinawa, petite île paradisiaque au sud du Japon de 1,4 million d'habitants.

Par Rodolphe Picquet

Depuis quelques années, de nombreuses études et des dizaines de livres paraissent pour tenter d'expliquer cette étrange particularité asiatique. Il en résulte que la longévité des Okinawaïens ne provient ni d'un capital génétique particulier, ni d'un élixir de jouvence miraculeux, mais bel et bien d'un mode de vie d'une qualité exceptionnelle, alliant une hygiène alimentaire et une hygiène de vie remarquables. Entre philosophie et art de vivre, le "régime Okinawa" est une façon d'entretenir non seulement son corps, mais aussi son esprit.

Voyons aujourd'hui, les grands principes du régime alimentaire Okinawa.


Ne manger qu'à 80% de sa faim.

A Okinawa, on appelle cela "Hara Hachi Bu". Il s'agit de sortir de table presque repus, mais pas lourd, avant la satiété complète et la réplétion de l'estomac. Pour cela, il faut éviter de se resservir par gourmandise et rester concentré sur son assiette en évitant de regarder la télé, son ordinateur ou son téléphone pendant le repas.

Respecter le "Guten Gwa"

C'est à dire qu'il faut manger de petites portions en encourageant la variété des aliments et bannir la monotonie dans son assiette.

"Que ton aliment soit ton remède"

Cet adage d'Hippocrate est mis en application tous les jours par les Okinawaïens, c'est ce qu'ils appellent le Nushi Gusui, littéralement "la nourriture médecine de la vie". Les habitants de l'archipel asiatique choisissent donc leur repas en fonction de leurs pathologies ou plus souvent de leur points faibles. Pour cela, ils s'appuient sur la médecine traditionnelle chinoise ou japonaise qui préconise de choisir ses aliments en fonction de ses "blocages" énergétiques.

Privilégier les aliments d'origine végétale

La règle veut que 75% de ce qui est ingéré soit d'origine végétale.

Les secrets des centenaires d'Okinawa (partie 1)
Rodolphe Picquet - Nord Pas-de-Calais matin

Que des bonnes calories !

Les Okinawaïens ne se souvient pas de la valeur calorique des aliments, mais des trésors nutritionnels qu'ils renferment. Et effectivement, en évitant tant que possible les sucres rapides, les graisses saturées, les viandes rouges, les laitages ou les céréales raffinées, inutile de calculer les calories ingérées puisque tout ce qu'on avale renforcera notre capital santé en respectant notre tour de taille.

Des plats relevés et épicés pour le plaisir

De l'ail, des épices, des herbes à volonté pour régaler ses papilles, ameliorer sa santé et sans aucune calorie !
Le curcuma, par exemple est utilisé aussi bien en cuisine qu'en cosmétique pour ses propriétés anti oxydantes très puissantes.

Du poisson, des algues ou des crustacés au moins 3 fois par semaine

Des protéines maigres, des bonnes graisses, des sels minéraux, de l'iode, du bon calcium, des nutriments indispensables, etc. Pourquoi s'en priver quand on habite sur une île ?

Des aliments "miraculeux"

Certains aliments qu'on ne trouve qu'en Asie sont consommés sans modération à Okinawa pour leur saveur et pour leurs qualités nutritionnelles. Il s'agit de la Goya, une sorte de courge capable de transformer les sucres rapides en sucres lents, de la Kombu, une algue très riche en iode capable de traiter les problèmes vasculaires ou articulaires, des Azukis, petits haricots rouges très riches en potassium, en calcium et en flavonoïdes ou du Shiitaké, champignons au vertus immunostimulantes.

Des bonnes matières grasses

A Okinawa, on n'utilise ni beurre, ni margarine.  En revanche, l'huile de colza trône dans toutes les cuisines de l'île. Cette huile est la plus saine qui soit, très riche en oméga 3 et en vitamine E.

Du riz, du riz et encore du riz

Cuisiné à la mode asiatique, le riz d'Okinawa garde un index glycémique bas et ses bienfaits nutritionnels : fer, phosphore, magnésium, vitamine B... et sans gluten bien entendu.

Des légumes à toutes les sauces

Les légumes sont présents à tous les repas et certains sont particulièrement prisés à Okinawa, comme le cocombre Kyuuri, très peu calorique et très riche en potassium, en phosphore, en calcium, en vitamines A et E, e fibres. Ce légume est en plus un très bon dépuratif et un excellente diurétique.

Nous verrons la semaine prochaine les règles de vie qui complètent ce régime alimentaire idéal. "Sayonara !"

Le pied humain