Un émir privatise un étage de l’hôpital Ambroise-Paré de Boulogne-Billancourt

© JEAN-PIERRE MULLER / AFP
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Un riche émir du Golfe a privatisé début mai un étage de l’hôpital public Ambroise-Paré de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), demandant plusieurs aménagements comme l'installation de douchettes dans les WC ou de mobilier, a confirmé vendredi à l'AFP le syndicat SUD.

Par MR/AFP

Neuf chambres du 7e étage de l'hôpital Ambroise-Paré de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), ont été réservées entre le 8 et 14 mai pour accueillir l'homme d'affaires, dont le nom n'a pas été communiqué, et les personnes qui l'accompagnaient (gardes du corps, famille), a précisé l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), confirmant une information du Canard enchaîné.

Des douchettes ont été installées dans les toilettes et retirées depuis, du mobilier comme des chaises et un canapé ont été sortis des réserves de l'établissement et le patient s'est attaché les services d'un traiteur, a reconnu l'AP-HP.
L'autorisation de réservation des chambres par le professeur de chirurgie orthopédique qui a opéré l'émir a été acceptée par la direction de l'hôpital compte tenu "de l'importante recette attendue", justifie l'AP-HP.
"C'est choquant, même s'il a payé: mettre à disposition un étage et permettre à une personne d'effectuer des travaux parce qu'elle est riche, ce n'est pas l'image de l'assistance publique. C'est considérer uniquement l'aspect mercantile", a déploré le secrétaire général Sud de l'AP-HP Jean-Marc Devauchelle.
"Avoir une chambre individuelle ne devrait pas être un luxe", a poursuivi M. Devauchelle,
interrogé par l'AFP.
L'AP-HP souligne que si le patient a réservé neuf chambres, c'est pour des "contraintes
de sécurité" et que la date a été choisie "en raison de la baisse d'activité inhérente" aux longs week-ends et n'a "en aucun cas pénalisé les autres patients".
"Il n'a jamais eu d'infirmières ou d'aides-soignantes dédiées. Les règles du fonctionnement
du service ont été respectées", précise l'AP-HP, ajoutant qu'un devis a été réalisé en amont de l'hospitalisation et payé en totalité par le patient.
Conformément à la loi de financement de la Sécurité Sociale, "la prestation a été majorée de 30%, ce qui s'applique habituellement aux patients non-résidents", a ajouté l'AP-HP.
Cette activité est "peu développée" à l'AP-HP et représente que 0,5% de patients,
conclut-elle.

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