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EN IMAGES. Pour ses 120 ans, le Belem retrouve son lustre d'antan

DIAPORAMA - Le Belem, fleuron du patrimoine maritime français, a subi l'usure du temps et des hommes. Un programme de restauration de son luxueux mobilier l'époque a permis de lui redonner sa splendeur d'antan, juste avant que le célèbre trois-mâts, classé monument historique, ne fête ses 120 ans.

  • France 3 Pays de la Loire, avec AFP
  • Publié le 16/03/2016 | 09:54, mis à jour le 16/03/2016 | 14:04
Ce sont les Ateliers de la Chapelle, une entreprise familiale située au Longeron, près de Cholet, qui se sont occupés de la restauration des boiseries du célèbre trois-mats. © JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

© JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP Ce sont les Ateliers de la Chapelle, une entreprise familiale située au Longeron, près de Cholet, qui se sont occupés de la restauration des boiseries du célèbre trois-mats.

Construit en 1896 aux chantiers Dubigeon de Nantes (Boulevard de Chantenay), le Belem effectue 33 campagnes commerciales jusqu'en 1914, transportant dans sa coque d'acier des marchandises du Brésil, de Guyane et des Antilles. Victime de la concurrence des bateaux à vapeur, il est sauvé de l'abandon par le duc de Westminster qui le transforme en élégant yacht de croisière.

Escalier à double révolution et pièces du mobilier fabriqués en bois d'acajou de Cuba, une essence très onéreuse devenue rare: le fortuné britannique "a fait de ce bateau un bijou", s'enthousiasme Christelle de Larauze, déléguée générale de la Fondation Belem, qui depuis trente ans embarque des stagiaires à bord du navire-école, huit mois par an. "Utilisés au quotidien par l'équipage, les meubles d'origine étaient bien abîmés et il devenait urgent de les restaurer. Après avoir consolidé l'étanchéité du pont supérieur, on a pu lancer ce programme de restauration, pile poil pour les 120 ans", souligne-t-elle.

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Une bibliothèque, un bureau, un fauteuil en cuir et un meuble bar ont pu quitter début février le salon du commandant du Belem, d'à peine 15 m2, pour un toilettage aux Ateliers de la Chapelle, entreprise familiale située au Longeron, près de Cholet (Maine-et-Loire). Une opération autorisée par la Direction régionale des affaires culturelles (Drac), qui finance 50% des travaux de restauration - d'un coût total de 15.000 euros. C'est un "chantier un peu complexe" pour ces spécialistes de la restauration de boiseries anciennes. "Comme le bateau est toujours utilisé, au fil du temps, il y a eu beaucoup de réaménagements. Le bureau a été démonté, des éléments ont été réassemblés avec des clous, quelques bricolages ont abîmé les vernis, des taquets ont été posés pour condamner les portes des bibliothèques et ont fait des rayures", énumère Pierre Gilbert, responsable de l'atelier de restauration.

Conserver l'authenticité"

Pierre Gilbert, responsable de l'atelier de la Chapelle, en charge de la restauration des boiseries du Belem
Le bureau du capitaine, fendu en deux après avoir valsé dans le salon lors d'une tempête en 2014, puis rafistolé avec les moyens du bord par le charpentier de marine du Belem, a été démonté, et son dessus de cuir, gercé, envoyé pour réfection. Sur le meuble, il a fallu "restituer les moulures qui avaient disparu, avec des acajous de Cuba, un bois aujourd'hui interdit à la vente mais qu'on avait en stock dans nos ateliers. On a dû faire refaire aussi toutes les clés de tiroirs, toutes manquantes. Des clés complètement modernes, mais rééditées comme ce qui se faisait à l'origine", détaille Pierre Gilbert. Si une grande partie des zones rayées sont relissées et revernies, il n'est cependant "pas question d'éliminer toutes les traces de coups car elles racontent l'histoire du bateau", affirme l'ébéniste-restaurateur. 

Revendu en 1921 au brasseur Arthur Ernest Guiness, le trois-mâts long de 58 mètres accoste en 1952 à Venise, où il devient navire école, avant d'être racheté en 1979 par la Caisse d'Epargne, qui créera un an plus tard la Fondation Belem. "Toutes ces périodes successives ont donné au bateau son identité actuelle. Le Belem est classé depuis 1984 et cela implique de conserver au maximum les matériaux d'origine, mais cela n'est pas toujours évident pour le patrimoine technique", explique Julie Guttierez, conservateur des monuments historiques à la Drac des Pays de la Loire. "Il faut toujours concilier conservation et utilisation, conserver l'authenticité du bateau tout en lui permettant de naviguer au mieux"

Son nouveau mobilier revenu à bord, le légendaire trois-mâts repartira le 31 mars pour sept mois de navigation, de Nantes à Brest, puis Marseille ou Tanger. Et reviendra le 4 juin dans la cité des ducs de Bretagne pour son 120e anniversaire et une grande parade sur la Loire.
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