Autoroute A 51 : qu'en pensent les politiques ?

André Vallini, Président du Conseil Général de l'Isère, veut achever l' A 51 Grenoble-Sisteron qui s'arrête actuellement à Monestier-de-Clermont. Les écologistes, et même l'UMP iséroise, montent au créneau.

Par Jean-Christophe Pain et Franck Grassaud

Entre le col du Fau (Monestier de Clermont en Isère) et la Saulce (Hautes-Alpes), toujours pas d'autoroute. Il faut emprunter l'ancienne N 75 devenue RD 1075. / ©
Entre le col du Fau (Monestier de Clermont en Isère) et la Saulce (Hautes-Alpes), toujours pas d'autoroute. Il faut emprunter l'ancienne N 75 devenue RD 1075. / ©

Depuis presque une semaine, l'A 51 est de nouveau de toutes les discussions chez les politiques isérois. André Vallini a brutalement décidé de prendre son bâton de pélerin pour décrocher 92 km d'autoroute en direction du Sud. Cela lui aurait été soufflé par François Hollande en personne.

Seulement, la volonté avec laquelle il est entré dans le projet a surpris tout le monde. Sa majorité socialiste au conseil général a failli s'étrangler en apprenant la nouvelle dans la presse. Du coup, plus personne n'ose parler.

Chez les écologistes en revanche on a la langue bien pendue sur le sujet.


"UNE INITIATIVE NON DEMOCRATIQUE" pour Europe Ecologie Les Verts

"André Vallini a manifestement oublié qu’il n’était pas à lui tout seul LE Conseil général. Son initiative ne s’appuie sur aucune délibération de l’assemblée départementale. Cela n’est pas acceptable. D’autant plus qu’elle est contradictoire avec la dernière délibération du Département sur ce projet, en date du 13 octobre 2005. L’assemblée départementale (...) s’était alors prononcée POUR des solutions alternatives à l’A 51 par des aménagements sur la RN 75, et donc CONTRE la solution autoroutière", peut-on lire dans un communiqué.

Olivier Bertrand a démonté, lors d'une séance du conseil général ce 18 octobre, l'initiative d'André Vallini, comparant le projet au dossier avorté de la Rocade Nord de Grenoble, en ce qui concerne le financement par le privé. "C'est l'irréalisme de cette solution qui a amené les commissaires-enquêteurs à donner un avis négatif", a-t-il rappelé.

 

À droite on n'a jamais été franchement contre le prolongement de l'A 51 mais on se demande quelle mouche a piqué André Vallini pour qu'il remette ça sur le tapis.

"LE YOYO D'ANDRE VALLINI TROMPE PEU DE MONDE" pour l'UMP

"La majorité de gauche, qui gère l’agglomération Grenobloise depuis 1995, s’est opposée à l’achèvement de l’autoroute Grenoble Sisteron avec constance, avec l’appui du Président (PS) du Conseil Général, André Vallini, dans la lignée de son prédécesseur Louis Mermaz (PS) lequel s’était opposé, en son temps, à la réalisation de l’autoroute Grenoble-Valence. Voilà qu’ils découvrent … soudainement des vertus à cet achèvement".

L' UMP iséroise, par la voix de Jean-Claude Peyrin, estime qu'André Vallini tente de "redorer son blason local" en prenant l'initiative de relancer l'A 51. "Mais pourquoi l'avoir bloqué ?" pendant tant d'années, se demande l'UMP.

A lire aussi

Sur le même sujet

Les + Lus