Sniper de la prison de Varces : Le commanditaire condamné à 15 ans de réclusion

La cour d'assises du Rhône a infligé jeudi 15 ans de réclusion criminelle au commanditaire du meurtre inédit d'un détenu dans la cour de la prison de Varces (Isère) par un sniper en 2008.L'affaire est complexe.Voici quelques repères pour la comprendre  ...

Par Philippe Bette

Les avocats de Mourad Bouziane, suspecté d'être le commanditaire du meurtre inédit, par un sniper, d'un détenu de la prison de Varces n'ont pas convaincu la cour d'assises du Rhône où il comparaissait... Ils réclamaient son acquittement. L'accusé a été condamné à 15 ans de réclusion criminelle.

Les faits : Le 28 septembre 2008, un tireur posté sur une colline surplombant la maison d'arrêt avait tué Sghaïr Lamiri, 29 ans, et blessé un autre détenu - une première en Europe. Celui fortement suspecté d'être le sniper, Marcel Egea, s'est suicidé à 61 ans, au matin de son procès qui devait avoir lieu en avril 2012, sans livrer le ou les donneurs d'ordre.  

La défense de Mourad Bouziane :"Ce dossier est fait d'interprétations et non de démonstrations", à partir d'écoutes, de "rumeurs", de "témoins sulfureux", a plaidé jeudi Me Denis Dreyfus, pour la défense de Bouziane, s'interrogeant : "Est-ce qu'on peut se satisfaire d'un raisonnement de probabilités ?". Bouziane a aussi été mis en cause à mots couverts dans des conversations téléphoniques et des parloirs enregistrés, si tant est que celui appelé le "gamin" ou le "merdeux" soit bien lui, ont relevé ses avocats.
Pour Me Florent Girault, dans le milieu de trafiquants de drogue "de haut niveau" dans lequel il évoluait, Bouziane n'était qu'un rouage. "C'est moi qui vais prendre les commandes, bouleverser l'ordre des opérations ?", a questionné l'avocat, en référence à la préparation avec des amis de l'évasion de son chef de clan qui a été déjouée par la suite et pour laquelle l'accusé a été condamné à 4 ans de prison.

Le défenseur a dépeint un jeune homme tout sauf "manipulateur" ou "fuyant" après le guet-apens de Champagnier (Isère), en avril 2007, dont il avait réchappé mais où un ami était mort. C'est dans cet épisode de la guerre des gangs grenoblois que l'accusation a vu un "mobile évident" à sa commande de l'assassinat de Lamiri, membre d'un clan adverse et qui aurait fait partie des assaillants.

Mourad Bouziane : Il admet tardivement connaître Egea (le sniper supposé ). Il lui a fait remettre en détention de l'argent, des vêtements Lacoste et de la résine de cannabis, "par amitié" et non en paiement du crime, a assuré l'accusé durant les deux semaines d'audience. "Je n'y suis pour rien dans la mort de Lamiri Sghaïr", a-t-il martelé avant que le jury ne délibère.

L'avocat général avait requis mercredi "une peine qui ne saurait être inférieure à 20 ans de réclusion criminelle", assortie d'une période de sûreté des deux tiers, à l'encontre de Mourad Bouziane, accusé de meurtre et tentative de meurtre en bande organisée.

Après en avoir délibéré, la cour d'assises du Rhône condamne Mourad Bouziane à 15 ans de réclusion .

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