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Les élus auvergnats en "colère" et "écoeurés" après les aveux de Cahuzac

Après l'avoir nié, parfois "les yeux dans les yeux" devant le Président de la République, Jérôme Cahuzac a finalement reconnu mardi qu'il détenait un compte bancaire à l'étranger. En Auvergne, les réactions sont nombreuses parmi les élus après le mensonge de l'ancien ministre du budget.
Colère, consternation, écœurement, tristesse sont les mots qui reviennent le plus souvent dans les réactions des hommes et femmes politiques en Auvergne après les aveux de Jérôme Cahuzac.
Colère, consternation, écœurement, tristesse sont les mots qui reviennent le plus souvent dans les réactions des hommes et femmes politiques en Auvergne après les aveux de Jérôme Cahuzac. © MIGUEL MEDINA / AFP
Les aveux de Jérôme Cahuzac devant les juges, reconnaissant l'existence de comptes bancaires à l'étranger, après voir juré le contraire, y-compris devant l'Assemblée Nationale, ont provoqué des réactions parmi les personnalités politiques en Auvergne. Colère, consternation, écœurement, tristesse sont les sentiments qui reviennent le plus souvent.
 
"Tristesse et colère", c'est justement le titre du statut écrit par Alain Calmette, député du Cantal, sur sa page Facebook. L'élu auvergnat avoue être "sidéré, abattu et profondément choqué par ses aveux" et il se demande comment on peut "s'enfoncer à ce point dans un mensonge d'Etat". Il ajoute: "le brillant ministre du budget chargé de la lutte contre la fraude fiscale mis en examen pour blanchiment de fraude fiscale !! Pincez-moi !"
Pierre Mathonier, qui a remplacé il y a quelques semaines Alain Calmette dans le fauteuil du maire d'Aurillac a partagé la réaction de son prédécesseur et fait part d'une "colère et d'une tristesse lourdes et désespérantes pour tout ceux qui se battent au quotidien". 
Toujours dans le Cantal, Vincent Descoeur, le président du Conseil Général, s'inquiète des conséquences de cette "déflagration qui risque de faire des victimes collatérales mais aussi, et ce n'est pas le moins préoccupant, qui va malheureusement dégrader un peu plus l'image des élus, pourtant intègres dans leur immense majorité." "Affligeant et dramatique" conclut-il.
 "Consternation et écœurement" pour Danielle Auroi
 
Danielle Auroi, députée Europe Ecologie-Les Verts du Puy-de-Dôme, s'est, elle, contentée de reprendre la réaction officielle de son groupe à l'Assemblée Nationale sur son site. "Nous sommes écœurés devant un tel comportement indigne d’un responsable politique", dit le communiqué.
Vice-présidente du Conseil Régional d'Auvergne, Anna Aubois a, comme d'autres, utilisé les réseaux sociaux pour réagir aux mensonges de Jérôme Cahuzac. "C'est une trahison pour la République et la démocratie !" dit-elle en demandant qu'on renforce le contrôle des déclarations de patrimoine. 
André Chassaigne, président du groupe Front de Gauche au Palais Bourbon estime que "cet événement peut encore alimenter le rejet de la politique, alors que le populisme et le discours sur le tous pourris monte dans le pays". Dans les couloirs de l'Assemblée Nationale, le député du Puy-de-Dôme a rappelé qu'il "faut faire preuve d'une très grande rigueur dans l'exercice de son mandat, sinon cela encourage les extrêmes".
Quant à Cyril Cineux, le secrétaire départemental du Parti Communiste Français dans le Puy-de-Dôme, il félicite Médiapart pour son enquête et ses révélations. Dans le même temps, il s'interroge : "détenir un compte depuis 20 ans et n'en avoir jamais parlé à ses camarades, notamment les plus proches..."

Laurent Wauquiez : la "République exemplaire, elle est où ?"

Laurent Wauquiez, vice-président de l'UMP et maire du Puy-en-Velay, a estimé mercredi que Jérôme Cahuzac était un "personnage sulfureux" et qu'il représentait une "faillite des valeurs de la gauche". Pour le député de la Haute-Loire invité sur LCI, l'ancien ministre du budget du gouvernement Ayrault est "l'incarnation symbolique de l'immense écart entre le discours de la gauche et la réalité de ce qu'elle fait". Enfin, il montre du doigt le chef de l'Etat, "doublement responsable de ce qui s'est passé" selon lui. "Il avait promis une République exemplaire. Elle est où ?" demande Laurent Wauquiez.

Le secrétaire départemental du Front National pour la Haute-Loire, Pierre Cheynet, a ironisé sur Twitter après le revirement de position de Jérôme Cahuzac en citant en exemple la qualité du "pif" de l'UMP qui refusait, il y a peu, "d'accabler Cahuzac, jugeant que le PS perdait un de ses meilleurs éléments."

 

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