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Le père d'Agnès Marin déçu par la décision de huis clos pour le procès du meurtrier présumé de sa fille

Mardi 18 juin 2013, premier jour d'audience du procès du meurtrier présumé d'Agnès Marin. Au premier plan, les parents de la jeune fille tuée au Chambon-sur-Lignon en novembre 2011. / © THIERRY ZOCCOLAN / AFP
Mardi 18 juin 2013, premier jour d'audience du procès du meurtrier présumé d'Agnès Marin. Au premier plan, les parents de la jeune fille tuée au Chambon-sur-Lignon en novembre 2011. / © THIERRY ZOCCOLAN / AFP

L'annonce du huis clos dans le procès du violeur et meurtrier présumé d'Agnès Marin a décu le père de la jeune fille et son avocat, Me Szpiner. Cette décision était nécessaire pour protéger la première victime gardoise selon son avocate de l'autre partie civile, Me Devèze-Fabre.

Par Stéphane Moccozet

Quand Frédéric Marin sort de la salle d'audience, peu après midi, au terme de la première matinée du procès du meurtrier présumé de sa fille, Agnès, c'est un homme triste qui donne sa première interview de la journée aux médias. Il se dit "très déçu" que les débats se tiennent à huis clos comme l'a annoncé, une heure plus tôt, le président de la cour d'assises du Puy-en-Velay, Christophe Ruin. "Ça doit servir à la communauté", ajoute le père d'Agnès qui souhaite "un procès aussi plus éclairé que possible" mais, selon lui, "le fait que ce soit public donne un relief que le huis clos ne peut pas donner".

Elle ne voulait pas être marquée au fer rouge par ce dossier. - Me Devèze-Fabre

Un peu plus tôt dans la matinée, à l'heure où s'est posée la publicité des débats, outre la défense de l'accusé, une autre voix s'est élevée pour demander qu'aucune publicité ne soit faite autour de ce procès, c'est celle de Me Devèze-Fabre, l'avocate de l'autre partie civile, Julie, victime de viol dans le Gard en 2010. Une victime qui "essaie de faire face et surtout de savoir que ce qu'il lui a fait subir ne sera pas plus amplement dévoilé au grand public" nous explique son conseil. Elle poursuit :"il était essentiel de préserver son intégrité psychologique puisqu'elle va devoir construire sa vie, elle ne voulait pas être marquée au fer rouge par ce dossier". Selon Me Valérie Devèze-Fabre, "la ligne rouge" a été franchi quand deux hebdomadaires nationaux ont fait état des sévices que la jeune fille avait subis tout en révélant des informations propres à son identité. A la question de savoir si la jeune fille pouvait revenir sur sa demande de huis clos total, pris tout récemment alors que le huis clos partiel était initialement envisagé, l'avocate nîmoise a dit "qu'en matière de cour d'assises, tout est possible" même si elle pense peu probable un revirement.
Enfin, elle a conclu en insistant sur le fait qu il "n'a jamais été question dans notre esprit d'être complices d'une dissimulation des erreurs qui ont pu être commises par les uns ou par les autres, ce que mon confrère, Me Szpiner, soulèvera très probablement".

Le huis clos favorise la rumeur, la suspicion et le doute. - Me Francis Szpiner

Me Francis Szpiner, l'avocat des parents d'Agnès Marin / © Stéphane Moccozet Me Francis Szpiner est l'avocat des parents d'Agnès Marin dans ce procès, il est le premier à s'être présenté devant les caméras et les micros à l'issue de la première matinée d'audience. Il a d'abord remercié la cour qui "a fait droit" à leur demande en estimant "que compte tenu de la nature de l'affaire, un procès public s'imposait". Mais, ajoute l'avocat parisien, "il se trouve qu'une des parties civiles a demandé ce que la loi lui permet : que le huis clos s'applique". La cour a alors estimé qu'il était difficile, au cours des débats des prochains jours, de dissocier les deux affaire et qu'en l'état, la seule réponse de Droit était le huis clos total. Cette demande de l'autre partie civile, Me Szpiner la comprend mais il regrette "qu'elle ait une position qui aboutit, certes à la protéger, mais aussi à priver la famille d'Agnès du procès public qu'elle estimait juste". Selon lui, "il est sain que chacun puisse se rendre compte de ce qui s'est passé plutôt qu'un huis clos qui favorise la rumeur, la suspicion et le doute".

Ni avant, ni pendant, ni après. - Me Isabelle Mimran

Du côté de la défense, et conformément à une ligne observée depuis plusieurs mois, aucun commentaire n'a été fait à l'issue de la première matinée d'audience. Les conseils de Matthieu M. violeur présumé de Julie dans le Gard en 2010, violeur et meurtrier présumé d'Agnès au Chambon-sur-Lignon, en 2011, ont trouvé un leitmotiv en réponse aux questions de la presse : "ni avant, ni pendant, ni après". La défense du jeune homme, majeur aujourd'hui mais mineur au moment des faits qui lui sont reprochés, avait demandé un huis clos total en affirmant notamment que leur client serait davantage bavard si l'audience se réduisait.

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affaire Agnès : début du procès
Reportage Sandrine Montéro et Elodie Monnier. Au Puy-en-Velay.

 

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