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Reprise de Kem One : L'Etat hausse le ton contre le propriétaire américain

A 4 jours de la date butoir pour la reprise de Kem One, le préfet du Rhône menace jeudi de poursuivre le propriétaire en cas d'échec du sauvetage de l'entreprise. Le financier américain G. Klesh ferait la sourde oreille en gardant les activités les plus rentables.

Par Philippe Bette

Le préfet du Rhône Jean-François Carenco a menacé jeudi de poursuivre le propriétaire de Kem One, le financier américain Gary Klesch, en cas d'échec du sauvetage de l'ex-pôle vinylique d'Arkema, à 4 jours de la date butoir pour le dépôt des offres de reprise.

"Je poursuivrai Klesch jusqu'à la fin de mes jours si c'est lui qui fait capoter la reprise", a déclaré le représentant de l'Etat lors d'un point-presse, peu après s'être entretenu sur le sujet avec le procureur de la République à Lyon, Marc Cimamonti.

Rappelant l'engagement de Kem One à céder ses activités aval (fabrication de profilés de fenêtres), les plus rentables, pour un euro symbolique en cas d'offre de reprise globale du groupe, alors que seul les activités amont (production de PVC) sont en redressement judiciaire depuis mars, M. Carenco a souligné qu'il serait "immoral, insupportable que Klesch garde l'aval et fasse de l'argent dessus alors que cela ne lui a rien coûté".

Arkema avait cédé à Klesch son pôle vinylique pour un euro à l'été 2012, avec une avance de trésorerie de 100 millions d'euros. "Il faut qu'il amène l'aval, comme il s'y est engagé devant le tribunal de commerce (par la voix de ses avocats, ndlr). S'il ne tient pas sa parole, c'est un comportement de voyou", a martelé M. Carenco.

Deux noms américains de repreneurs potentiels circulent: le fonds d'investissement Sun Capital Partners et le groupement d'industriels Open Gate Capital, qui ont été reçus cette semaine au ministère du Redressement productif selon la CGT, premier syndicat du personnel.

Selon le préfet, qui était mardi et mercredi au ministère, les deux candidats, dont il n'a pas confirmé les noms, visent un excédent brut d'exploitation de 40 millions d'euros, alors que le résultat de Kem One est négatif de 70-80 millions. Ce qui implique que les gros fournisseurs du groupe (Total, EDF, LyondellBasell,Arkema notamment) passent l'éponge sur leurs dettes et baissent leurs tarifs. Total, EDF et Arkema ont pris part aux discussions cette semaine à Paris, selon la CGT.
   
Au lendemain de la date butoir pour le dépôt des offres, celles-ci devraient être présentées aux salariés lors d'un Comité central d'entreprise mardi à Saint-Fons (Rhône), avant la prochaine audience devant le tribunal de commerce le 26 septembre.

La procédure de redressement judiciaire concerne 1.300 des 1.800 salariés de Kem One, répartis sur cinq sites dans le Rhône, l'Ain, les Bouches-du-Rhône et les Alpes-de-Haute-Provence.

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