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Des médias dans le viseur du parquet d'Annecy

Le parquet d'Annecy a ouvert, ce jeudi 27 mars, deux enquêtes préliminaires pour "violation" et "recel de violation" du secret de l'instruction après la diffusion par BFMTV de photos montrant la scène de crime de la tuerie de Chevaline.
© AFP
Le procureur d'Annecy, Éric Maillaud, a saisi mercredi 26 mars soir l'Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) de cette double enquête.

La première enquête, pour violation du secret de l'instruction, visera à déterminer l'origine des fuites ayant conduit à la diffusion de pièces du dossier d'instruction. Nécessitant des investigations lourdes, cette enquête sera longue et pourra éventuellement déboucher sur l'ouverture d'une information judiciaire, selon le parquet.

Plus rapide, la deuxième enquête, ouverte pour recel de violation du secret de l'instruction, portera sur l'utilisation des images par BFMTV ainsi que par les autres médias les ayant relayées. D'autres infractions seront aussi visées par cette enquête telles que l'utilisation de documents issus d'une enquête criminelle ou l'atteinte à la dignité des morts.

Une plainte avait été déposée début mars par les avocats de la famille de Sylvain Mollier, le cycliste français tué au cours de ce quadruple meurtre. Elle visait explicitement BFMTV ainsi que les médias ayant repris les photos de la scène du crime diffusées par la chaîne d'information en continu.
Un cliché, pris par un hélicoptère de la gendarmerie, montrait la BMW des victimes et le corps du cycliste gisant à terre, abattu de plusieurs balles. Un autre photo de la voiture était prise à hauteur d'homme.

Le 5 septembre 2012, Saad al-Hilli, 50 ans, ingénieur britannique d'origine irakienne, sa femme de 47 ans ainsi que sa belle-mère de 74 ans, avaient été tués de plusieurs balles dans leur voiture, sur une petite route forestière proche de Chevaline (Haute-Savoie). 
Sylvain Mollier, probable victime collatérale, avait également été abattu.
L'une des fillettes du couple al-Hilli avait été grièvement blessée tandis que la seconde, cachée sous les jambes de sa mère, s'en était miraculeusement sortie indemne.
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