Pierre Nollevalle : “dans le Puy-de-Dôme, on constate une intensification de la pauvreté ”

Pierre Nollevalle, délégué départemental du Secours Catholique pour le Puy-de-Dôme était l'invité de Nordine Mohamedi dans le 12-13.
Pierre Nollevalle, délégué départemental du Secours Catholique pour le Puy-de-Dôme était l'invité de Nordine Mohamedi dans le 12-13.

Pierre Nollevalle, délégué départemental du Secours Catholique pour le Puy-de-Dôme était l'invité de Nordine Mohamedi dans le 12-13 Auvergne de ce jeudi 6 novembre. Il est revenu sur la progression de la précarité et de la pauvreté dans le département.

Par Fabien Gandilhon

NM : Bonjour, Pierre Nollevalle. On a visiblement de plus en plus besoin du Secours Populaire, mais ça n'est pas forcément une bonne nouvelle ...

PN : Non, effectivement, la nouvelle n'est pas bonne. A travers le réseau des 700 bénévoles du Puy-de-Dôme, on constate nous aujourd'hui une intensification de la pauvreté, c'est-à-dire des gens qui se retrouvent dans des situations de plus en plus compliquées à gérer.

NM : Il n'y a pas forcément plus de pauvres, mais les pauvres le sont de plus en plus ?

PN : Je dirais qu'il y a toujours trop de pauvres, mais c'est une évidence : on n'aperçoit pas dans les rues de Clermont et des villes des gens qui meurent de faim. On voit bien en revanche des personnes qui se retrouvent dans des situations de surendettement,ou d'interdit bancaire, et c'est de plus en plus fréquent.


"La rupture de lien social est un élément vraiment important dans le basculement dans la très grande précarité"


NM : On a vu dans un de nos reportages le cas d'une personne âgée. An a vu que ces personnes sont souvent seules, cela signifie-t-il que pauvreté et solitude font malheureusement bon ménage ?

PN : Malheureusement oui. On constate que la rupture de lien social est un élément vraiment important dans le basculement dans la très grande précarité. Nous, dans les situations que l'on constate, on voit bien aujourd'hui une très nette augmentation de ces cas, notamment dans le cadre de divorces ou de séparations.

NM : Il existe une catégorie de population qui se trouve "à la limite", des personnes qui pourraient basculer dans la pauvreté et qui ne basculent pas forcément... mais vous intervenez plus loin encore, pour des personnes qui sont vraiment installées dans cette situation.

PN : Exactement. Au niveau du Secours Catholique, les gens viennent quand ils sont vraiment au fond du trou et on les accueille avec une attention toute particulière mais on est déjà dans des situations dramatiques.

NM : On a dit aussi que les 25-49 ans étaient de plus en plus touchés. Même les plus jeunes n'échappent pas à la tendance, pourquoi ?

PN : Au niveau des plus jeunes, la plus grosse difficulté, c'est l'insertion dans le monde de l'emploi. Il y a une forte corrélation entre le taux de chômage et les situations de précarité.

NM : Qui dit chômage dit "manque de lien social", dit "isolement" et donc "pauvreté" ?

PN : Voilà, ça fait un cocktail qui amène les personnes dans des situations totalement désespérées. C'est là que le Secours Populaire intervient pour les aider à retrouver leur dignité.

NM : Hors antenne, vous me parliez "d'impasse". Comment on sort d'une impasse ?

PN : Malheureusement, on sort d'une impasse soit en faisant demi-tour, ce qui est rarement possible, soit quand on est au pied du mur, on essaie de le franchir pour reconstruire sa vie de l'autre côté de ce mur. Donc nous essayons nous d'être cette main tendue qui permet aux gens de rebondir et de poursuivre leur vie personnelle, au sein de la société et, dans l'idéal, dans un travail.

Invité du 12-13 : Pierre Nollevalle

 

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