Casiers de livraison : les produits frais à bonne température

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On les appelle consignes automatiques ou pickup stations, les casiers de livraison sont en plein développement. Il s'agit de récupérer une commande passée sur internet. Dans le Pays de Gex, on peut même se faire livrer de la viande ou des huîtres dans ces compartiments. 

Se faire livrer un vêtement, un livre ou un gadget commandé sur internet, et le récupérer en passant dans un lieu donné, c'est une tendance qui prend de l'ampleur avec la multiplication des consignes automatiques. Ces murs de casiers tendent à se développer aux abords des gares notamment. 

Ces compartiments en libre-service, ouverts de jour comme de nuit, sont aussi utilisés par nombre d'agriculteurs pour écouler leurs produits. Là, le client ne passe pas commande sur le web mais il fait le déplacement jusqu'aux portes d'une exploitation par exemple ou dans une zone commerciale, pour faire ses courses, généralement dans un petit chalet. Mais le choix est souvent limité, on trouve des oeufs voire des volailles. En cause, la chaîne du froid. Les casiers sont tous à la même température, ce qui réduit l'éventail des produits proposés à la vente. 

Un spécialiste italien de la réfrigération a mis au point un système multi-températures qui donne à chaque casier son ambiance, histoire de respecter les normes de conservation.
 

L'épicier 2.0

Lorsqu'il a lancé sa start-up, "Casiers Gourmands", Grégory Troussier a sauté sur la trouvaille milanaise pour l'intégrer à son projet. L'entrepreneur, qui vit dans le Pays de Gex, voulait proposer du frais, du régional à une clientèle frontalière toujours pressée. Il a donc misé sur 2 murs de casiers réfrigérés, l'un installé à Ferney-Voltaire, l'autre à Grilly. Les consommateurs peuvent prendre leurs courses de 10 à 22 heures. Rien à voir avec un drive où l'on doit respecter un horaire de passage.  
 

Dès qu'un panier est validé et payé sur le site, le système analyse la disponibilité des casiers, met tout de suite le compartiment à bonne température, 2°C pour la viande par exemple. Grégory n'a plus qu'à livrer. Le client, lui, n'aura qu'à composer un code pour faire le plein. S'il n'est finalement pas disponible, il pourra repousser la livraison. Le casier continuera à jouer son rôle de frigo.

Tout cela paraît simple sur le papier mais la réussite du concept est surtout liée à la logistique. Chaque produit commercialisé est mesuré, même un poireau ! Ces données sont rentrées dans un logiciel qui va ensuite jouer à Tetris pour savoir dans quel casier mettre le légume en fonction du reste de la commande et de la température des autres produits commandés. On optimise au maximum les emplacements.

Concernant la viande, l'acheteur n'est pas soumis à des paquets standards. Grâce à une connexion avec l'abattoir local, "Casiers Gourmands" intègre directement le poids des morceaux offerts à la vente. La même règle s'applique pour le fromage que l'on achète donc au gramme.   

C'est tout cela qui fait la différence, ce côté "épicier 2.0".  

Le slogan "click and collect", si souvent utilisé par les commerçants du web, a ici tout son sens.   
 
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De la consigne automatique au casier gourmand