Fermeture des boîtes de nuit : "la dernière fois, on nous a fermé pour 15 jours et cela a duré 16 mois!" (Thierry Fontaine, président UMIH - Nuit)

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Écrit par Dolores Mazzola (avec ...)
Boîtes de nuit : la fête est (encore) finie ? Le gouvernement vient d' annoncer de nouvelles mesures pour lutter contre le rebond de l'épidémie de Covid. Les boîtes de nuit et discothèques ferment à partir du vendredi 10 décembre, pour une durée de quatre semaines.
Boîtes de nuit : la fête est (encore) finie ? Le gouvernement vient d' annoncer de nouvelles mesures pour lutter contre le rebond de l'épidémie de Covid. Les boîtes de nuit et discothèques ferment à partir du vendredi 10 décembre, pour une durée de quatre semaines. © ALEXANDRE MARCHI / MAXPPP

La fête est finie pour les discothèques. En raison des mauvais chiffres de l'épidémie de Covid, de nouvelles mesures ont été prises pour enrayer cette 5e vague qui menace. Conséquence : la fermeture des établissements de nuit a été décidée pour 4 semaines à partir du vendredi 10 décembre jusqu'au 4 janvier 2022. Un coup dur pour les professionnels.

Lundi 6 décembre, le gouvernement a annoncé de nouvelles mesures pour lutter contre le rebond de l'épidémie de Covid. Parmi les annonces, celle de la fermeture des boîtes de nuit et discothèques à partir du vendredi 10 décembre, pour une durée de quatre semaines. C'est un nouveau coup dur pour la profession qui a déjà connu 16 mois de fermeture entre le 13 mars 2020 et le 9 juillet 2021.

"Manque de logique"

Thierry Fontaine est le président de la branche "nuit" du syndicat UMIH, union des métiers de l'industrie et de l'hôtellerie ne cache pas son agacement. L'annonce de la fermeture des établissements de nuit pour une durée de 4 semaines a été une surprise pour ces professionnels. "Cette fermeture n'est pas très logique," déclare Thierry Fontaine. Il s'explique : "on a vu durant tout le temps de la période Covid, de mars à maintenant, que les fermetures de discothèques n'ont pas empêché les vagues successives". Pour le responsable, la fermeture des établissements de nuit a eu un effet pervers : "ces fermetures ont poussé les jeunes à aller s'amuser différemment, là où il n'y aucun protocole sanitaire, notamment dans les fêtes privées qui ont explosé." Et le responsable ne manque de citer les effets collatéraux et débordements de certaines de ces fêtes privées, qui n'ont pas été pris en compte, comme "la suralcoolisation, les problèmes de drogue et d'agressions sexuelles".

Les jeunes feront la fête, qu'on ouvre ou qu'on ferme nos discothèques ! Ça ne changera pas !

Thierry Fontaine, Président UMIH - Nuit

Une étude de l'Institut Pasteur avait conclu que les boîtes de nuit étaient "des lieux à haut risque de transmission", car ce sont des lieux clos où le coronavirus peut rester plus facilement en suspension dans l'air.

L'étude indiquait que les boîtes de nuit arrivaient en tête des lieux de "sur risque de contamination", avec + 790% chez les moins de 40 ans, deux fois plus que lors des fêtes privées (+350% chez les moins de 40 ans). Pour Thierry Fontaine, cette étude, réalisée sur la période entre juin et juillet, n'est pas révélatrice. "Elle a été faite sur la période de l'Euro. Les discothèques ont été ouvertes le 9 juillet. Seulement deux jours sur cette période !"

Le responsable de la branche nuit de l'UMIH dit attendre les résultats d'une autre étude baptisée "Reviens la nuit". Menée par l'agence de recherche ANRS / Maladies infectieuses émergentes, cette étude a réuni en octobre des clubbeurs vaccinés mais sans masque en discothèque, pour voir si cela augmentait leur risque d'être contaminés.

Aucun cluster ... et pourtant

Les boîtes de nuit favorisent-elle l'apparition de clusters ? Thierry Fontaine insiste sur le sérieux des professionnels du monde de la nuit et argumente : "il y a eu 5 ou 6 clusters en tout début, quand on a ouvert. On a travaillé avec les ARS, on a un peu modifié les protocoles, on a fait de la pédagogie. Et depuis, il n'y a plus aucun cluster. Les ARS n'ont relevé aucun cluster depuis les 5 mois d'ouverture de discothèques."

Par ailleurs, l'accès aux boîtes de nuit a été strictement conditionné à la présentation d'un pass sanitaire. Alors pourquoi les boîtes de nuit sont-elles tout particulièrement dans le collimateur des pouvoirs publics ? Pour le président de l'UMIH-Nuit, cette décision relève davantage de la démonstration d'action politique, avec des échéances électorales en ligne de mire dans 5 mois : "Aujourd'hui, il est clair qu'on n'est pas sur le sanitaire. (...) Je rappelle qu'on est le seul métier qui vérifie la pièce d'identité en plus du pass sanitaire. C'est la garantie que la personne qui rentre dans votre établissement, c'est bien son pass sanitaire. Ce qui n'est pas le cas dans les bars, les restaurants ou ailleurs."

After ... ?

Une fermeture des discothèques limitée à un mois, Thierry Fontaine n'y croit pas et ne cache pas son pessimisme. Le responsable de l'UMIH - Nuit a même l'impression de revivre le même film. "La dernière fois on nous a fermé pour 15 jours - 3 semaines et ça a duré 16 mois ! Je pense que les sur-infections vont continuer à augmenter durant notre fermeture, elles vont même exploser. Et le 7 janvier, on nous dira : la situation sanitaire est trop tendue, on ne peut pas vous laisser ouvrir !"

Pas de lendemains qui chantent en perspective pour le monde de la nuit. Toutefois, les patrons de discothèques qui avaient été indemnisés, le seront à nouveau pour compenser les pertes des prochaines semaines.

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