A Plateau d'Hauteville (Ain), il ne fait pas bon planter ses choux n'importe où

Le potager "bio" de la discorde : deux mètres sur un. / © DR
Le potager "bio" de la discorde : deux mètres sur un. / © DR

Pour avoir planté un potager sur un rond-point, au plus fort de la crise des Gilets jaunes, un militant a été poursuivi par la mairie de Plateau d'Hauteville (Ain). Il écope d'une peine symbolique mais difficile à avaler. 

Par Daniel Pajonk

Au printemps 2019, en plein mouvement des Gilets jaunes, plusieurs occupants du rond-point faisant face au Casino d'Hauteville, décident de faire un potager. Sur deux mètres carrés, la petite bande plante gaiement ses choux, salades et tomates. Mal leur en a pris !

Le maire de la commune nouvelle du Plateau d'Hauteville n'a pas apprécié l'initiative. Il a porté plainte contre ces planteurs utopistes pour "dégradation et détérioration volontaire d'un bien destiné à l'utilité et la décoration publique". Une enquête a été diligentée par la Gendarmerie et, 8 mois plus tard un seul Gilet jaune a été convoqué devant le tribunal d'instance de Nantua. D'autres personnes s'étaient pourtant déclarées co-responsables dudit potager, mais Rémi Virard a été retenu comme "meneur" (sic)

Ce mercredi 29 janvier, il s'est défendu seul lors de la procédure de composition pénale réservée aux infractions de faible gravité.   
 
Les cultivateurs en herbe sont plusieurs à avoir prêté la main pour les plantations / © DR
Les cultivateurs en herbe sont plusieurs à avoir prêté la main pour les plantations / © DR

Résultat, le trentenaire a écopé d'un stage de citoyenneté d'une journée, dont le coût sera à sa charge, soit 150 euros environ. Ça fait quand même cher le kilo de légumes !

Pour Rémi, le potager était une sorte "d'optimisation du giratoire""On voulait faire quelque chose de symbolique de ce rond-point, montrer le gaspillage de l'argent public", explique le menuisier de 33 ans.

Ce mercredi matin, devant le palais de justice de Nantua, une vingtaine de sympathisants ont déposé une gerbe de légumes à la mémoire du "potager martyr". Le collectif de soutien a dénoncé la dépense financière de la municipalité dans cette procédure. 

Rémi dispose de 10 jours pour accepter ou refuser la proposition du tribunal d'instance. S'il refuse, l'affaire pourrait être plaidée devant le tribunal correctionnel de Bourg-en-Bresse. Avec la possibilité de faire appel, cette fois-ci, à un avocat. 

Reportage Elisabeth Phily & Laure Crozat
Ain. Au tribunal pour un potager !

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