Municipales 2020 : ce qu'il faut retenir du débat entre les candidats à Bourg-en-Bresse (Ain)

Suivez sur notre site le débat des élections municipales à Bourg-en-Bresse (Ain): les enjeux, les thèmes principaux, les personnalités, qui sera diffusé mercredi 4 mars à 22h05.
 

Qui pour détrôner Jean-François Debat à la tête de l'Hôtel de ville de Bourg-en-Bresse (Ain) ?
Qui pour détrôner Jean-François Debat à la tête de l'Hôtel de ville de Bourg-en-Bresse (Ain) ? © Laurent THEVENOT / MaxPPP
A Bourg-en-Bresse, 4 invités sont interrogés par Olivier Michel (France 3) et Audrey Monot (Le Progrès). L’enregistrement a eu lieu dans nos studios l’après-midi, et sera ensuite diffusé sur notre antenne à partir de 22h00.

 


Les invités

 

Une plainte déposée contre Aurane Reihanian


Aurane Reihanian, candidat et président des Jeunes Républicains, est accusé par une jeune femme de 20 ans d’avoir abusé d’elle en décembre 2018. Il nie les faits et a déposé une plainte pour diffamation. Le candidat évoque «une instrumentalisation politique» et dénonce de «fausses accusations».

Aurane Reihanian (LR-UDI), liste «un nouveau souffle»:
"Dans cette affaire personne n'est dupe. Je suis victime d'une déstabilisation politique. J'en veux pour preuve le calendrier et le mode opératoire. J'ai déposé une plainte pour dénonciation calomnieuse."
 

Les autres listes à Bourg-en-Bresse


Le débat: l'essentiel des déclarations


Sur la sécurité

 

Jean-François Debat (PS, EELV, PCF, PRG), liste «Bourg Change»:

- Y-a-t-il une forte croissance de la délinquance à Bourg-en-Bresse?

"Non. Sur la délinquance de voie publique, au quotidien, les dégradations, les vols de voiture, les vols à la roulotte, de portables: un nombre de faits de 950 en 2010, et un peu moins de 800 aujourd'hui. C'est toujours une préoccupation, une priorité. C'est la raison pour laquelle je n'ai pas d'adjoint à la sécurité. Je gère ces questions en direct avec mon directeur de cabinet. Quand j'ai été élu, il y avait 7 caméras sur le domaine public, il y en a aujourd'hui 90. Lorsque j'ai été élu, il y avait 2 brigades nocturnes, il y en a aujourd'hui 5, sur 5 soirs de la semaine. Lorsque j'ai été élu, la police municipale n'était pas armée, aujourd'hui elle est armée en permanence. C'est une priorité constante."  

 

Aurane Reihanian (LR-UDI), liste «un nouveau souffle»:
"J'assume dans cette campagne d'être le candidat de la sécurité, parce que pour moi la sécurité ne doit pas être un thème idéologique. La sécurité c'est la première des libertés. Et c'est la première condition à l'attractivité économique d'une commune. Pardon M. Debat, mais on n'habite pas dans la même ville. Les chiffres sont très clairs. Ce ne sont pas mes chiffres, mais ceux du Ministère de l'Intérieur: c'est 4.000 crimes et délits sur la circonscription de Bourg-en-Bresse (...). La politique qui a été menée est coupable en matière d'insécurité. Coupable lorsqu'on enlève l'adjoint à la sécurité. Coupable lorsqu'on enlève les brigades canines. Je fais 3 propositions: un adjoint à la sécurité, doubler les effectifs de police municipale et leur donner beaucoup plus de moyens, et je veux développer dans toute la ville la vidéoprotection avec un centre de surveillance urbain."


Jérôme Buisson (RN), liste «Bourg réveille-toi !»:
"Le maire lui-même fait le constat que l'insécurité monte à Bourg-en-Bresse. Dans les faits oui parce qu'il a augmenté le nombre de caméras, les patrouilles de nuit etc. C'est bien que l'insécurité monte. Moi dans ma liste j'ai un gendarme qui a 30 ans d'expérience qui nous a fait un état des lieux et 15 propositions. La brigade cynophile de nuit, oui, pour calmer ceux qui n'ont plus peur de la police municipale. Un adjoint à la sécurité qui chapeautera les services de la police municipale, le stationnement et la vidéo. Et la sectorisation de la ville, pour qu'il y ait un policier référent par rue, par quartier et par commerçant."


La réponse de Jean-François Debat (PS, EELV, PCF, PRG), liste «Bourg Change»:
"D'abord, aucun angélisme. Aucun maire ne peut l'être. Je suis maire depuis 12 ans. M. Reihanian, depuis le début de cette campagne, vous balancez des chiffres faux. Les 4.000 crimes et délits sur la circonsription de Bourg-en-Bresse, vous englobez tout ce qui se passe à Saint-Denis-les-Bourg, à Viriat et à Péronnas. Bourg-en-Bresse, c'est 2.663. Sur ce chiffre, on inclue les escroqueries sur internet, les bagarres à la prison, et les violences intra-familiales. Je pense que vous n'en rendrez pas le maire responsable. Sur la délinquance de voie publique, on est sur des chiffres qui sont maîtrisés, qui sont toujours trop élevés. (...) Je travaille avec la police nationale. Je veux vous poser une question M. Reihanian: quelle appréciation portez-vous sur le travail de la police nationale puisque vous décrivez un Chicago-en-Bresse? On voudrait savoir si vous pointez du doigt le travail de la police nationale?"


Aurane Reihanian (LR-UDI), liste «un nouveau souffle»:
"Vous savez qui est le chef de la police municipale aujourd'hui? C'est vous. Vous ne menez pas la politique de sécurité à Bourg puisqu'il n'y a pas d'adjoint à la sécurité pour le faire. La question de la police nationale est intéressante, je m'y consacre personnellement dans ma thèse. Il faut coordonner la sécurité avec la police nationale, encore faut-il que le préfet soit un interlocuteur. Aujourd'hui cet interlocuteur n'existe pas puisqu'il n'y a pas d'adjoint à la sécurité. Je m'inscris en faux au niveau des chiffres puisque c'est fondamental. Vous dites 90 caméras de vidéo-protection, il y en 48, ce qui ne permet même pas de mailler le centre-ville."


Jean-François Debat (PS, EELV, PCF, PRG), liste «Bourg Change»:
"Vos chiffres sont faux ce sont les miens qui sont exacts."


Michaël Ruiz (LREM-Modem), liste «vision Bourg en Bresse»:
"Les chiffres, on peut leur faire dire ce qu'on veux. Il y a aussi le sentiment des burgiennes et des burgiens. C'est une préoccupation majeure en plus de l'écologie. Il faut un adjoint à la sécurité. Il faut une vidéo-surveillance avec des personnes derrière. La sécurité du quotidien c'est aussi combattre les incivilités. On veut mettre en place une brigade verte pour faire de la pédagogie, de la prévention, verbaliser en dernier recours. Mais également s'occuper des personnes victimes de violences."
 

Lutter contre les déserts médicaux


Jérôme Buisson (RN), liste «Bourg réveille-toi !»:

- Vous proposez-une maison médicale en centre ville ?

"Oui pour casser les déserts médicaux. Dans l'Ain, il y a 69 médecins généralistes, pour 100.000 habitants, alors que la moyenne nationale c'est 89. Et il y a plus de départs que d'arrivées. Les personnes âgées quittent souvent les campagnes, pour se réinstaller en ville, et ont besoin de retrouver des services. Les maisons médicales peuvent répondre à leurs attentes."  


Aurane Reihanian (LR-UDI), liste «un nouveau souffle»:

- Vous proposez également une maison de santé ?

"Tout à fait, nous sommes dans une situation d'urgence, parce que Bourg-en-Bresse est aujourd'hui un désert médical. C'est singulier pour un chef lieu de département. Je propose 3 mesures d'urgence: mettre une maison de santé, qui peut être auto-financée par la région à hauteur de 200.000 euros, encore faut-il ne pas isoler notre mairie à l'échelle régionale. Le maire socialiste sortant est un opposant au président de région, ce qui ne permet pas de mener ces politiques-là. Je veux mettre des médecins salariés dans ces maisons de santé. Et je fais une proposition simple pour les jeunes médecins: on vous finance 3 années de médecine, en contre-partie de 3 années d'exercice sur le territoire burgien. Je ne dis pas que ça va tout régler, mais je pense que d'ici 6 ans on peut sortir du désert médical."
 

Michaël Ruiz (LREM-Modem), liste «vision Bourg en Bresse»:

-  Vous êtes aussi sur cette ligne-là?

"On a constaté que ça aurait pu être fait avant. On souhaite mettre une maison médicale, un pôle médical voire deux, en centre-ville. C'est important de ramener du service en centre-ville. Les pharmacies du centre-ville ont fermé les une après les autres. On a rencontré des médecins et des spécialistes qui seraient prêts à s'installer mais à condition d'avoir la logistique et les services qui suivent derrière. On propose de salarier les personnes qui travaillent à l'intérieur, et laisser les médecins en libéral. On a un engorgement des urgences. Les urgences psychiatriques se mélangent aux autres urgences. J'ai eu énormément de retours très négatifs là-dessus.


Jean-François Debat (PS, EELV, PCF, PRG), liste «Bourg Change»:

"Sur ce sujet-là il n'y a pas de clivage politique. Je suis très surpris en entendant que la région n'aiderait pas des villes qui ne lui plairait pas! Je ne pense que que cela puisse être la réalité. Si vous sous-entendez que la région n'aide pas la ville parce que je suis le président du groupe socialiste à la région, c'est très grave pour Laurent Wauquiez, et ça n'est pas la réalité. Oui il faut bâtir des centres médicaux. Bâtir un centre et attendre que des médecins viennent, çà n'a jamais marché. Nous accompagnons des équipes de professionels de santé: 2-3 médecins, 2 infirmières , 1 kiné, en leur demandant leurs besoins, et en réalisant ensuite les aménagements là où ils ont envie d'aller. On travaille également sur la possibilité de salarier des médecins."
 

Quel maire serez-vous ? Qui sera le président de la communauté d'agglomération?


Jérôme Buisson (RN), liste «Bourg réveille-toi !»:

"Si je suis maire, je serai aussi le président de la communauté d'agglomération parce qu'il faut avoir une vue d'ensemble."

Michaël Ruiz (LREM-Modem), liste «vision Bourg en Bresse»:

"Je veux être maire à plein temps. L'emploi doit se trouver dans la même ville où on est maire. On ne peut pas travailler à Paris par exemple. Je ne viserai aucun autre mandat, y compris la présidence de l'agglomération."

Aurane Reihanian (LR-UDI), liste «un nouveau souffle»:

"Je suis dans une nouvelle génération, et je pense que cumuler les mandats et les indemnités c'est la politique du 20e siècle. Qu'est-ce que nous demandent les burgiennes et les burgiens? Consacrez-vous à 100% à votre tâche de maire, sans cumuler ni emploi ni indemnités. Est-ce que M. Debat vous serez maire à 100% pendant 6 ans, et dans l'hypothèse où ce ne serait pas le cas, est-ce que vous pouvez confirmer l'information selon laquelle Isabelle Maistre prendra votre relais?"

Jean-François Debat (PS, EELV, PCF, PRG), liste «Bourg Change»:

"Je n'ai pas à répondre à vos injonctions,. Vous lancez comme çà des fake-news. Je le dis très tranquillement. Je suis à Paris une partie de la semaine, et c'est souvent bien utile pour faire avancer un certain nombre de dossiers que d'avoir un peu de contacts à Paris. Il est cohérent que ce soit le maire de la ville chef-lieu qui soit l'animateur principal de la communauté d'agglomération. La ville ne vit pas si la périphérie ne vit pas bien. Il faut travailler cette synergie."
 

Le contexte politique


Qui pour détrôner Jean-François Debat ? L’actuel maire socialiste de la ville avait été élu en 2014 dès le premier tour.

Cette année encore, il remet ça dans la position du favori. Jean-François Debat a en effet réussi à rallier sur son nom une gauche unie où les écologistes figurent en bonne place.

Chez ses adversaires, on avoue en coulisses qu’on a eu bien du mal à trouver des candidats tentés par le défi bressan. D’où un certain manque de notoriété des concurrents. La liste LR sera conduite par un candidat âgé de 27 ans. Aurane Reihanian, qui préside les Jeunes Républicains. Il s’était fait remarquer par des propos polémiques sur les enfants nés de la PMA.

La République en Marche soutient la candidature de Michaël Ruiz qui était jusque-là collaborateur parlementaire du député LREM de l’Ain Stéphane Trompille.

Côté Rassemblement National (26% aux européennes), c’est Jérôme Buisson, conseiller municipal et communautaire, professeur d’italien qui conduira le parti dans cette élection.
 
En 2014
Pour rappel voici les résultats des dernières élections municipales de 2014 :
  • JF Debat (Union de la gauche) : 50,6%
  • Xavier Breton (Union de la droite): 33,4%
  • Clément Perrin (FN): 10,9%
  • Rémi Froschard (Extrême gauche): 3,6%
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