Municipales 2020 : ce qu'il faut retenir du débat entre les candidats à Lyon

Suivez le débat des municipales à Lyon sur notre site et notre antenne, mercredi 4 mars. / © Chroniques d'en haut / France TV
Suivez le débat des municipales à Lyon sur notre site et notre antenne, mercredi 4 mars. / © Chroniques d'en haut / France TV

Retrouvez l'essentiel du débat des élections municipales à Lyon. Il a beaucoup été question d'environnement: où planter des arbres, et combien? Les bacs à fleurs devraient disparaître des rues. Le projet de la Part-Dieu est au coeur d'une dispute entre 2 candidats. Et quelle place pour le vélo?

Par R. Gardette

Les invités, interrogés par Paul Satis (France 3) et Tatiana Vazquez (Le Progrès) :
  • Yann Cucherat (LREM) - Un temps d’avance
  • Etienne Blanc (LR) - Bleu Blanc Lyon
  • Grégory Doucet (EELV) - Maintenant Lyon pour tous
  • Georges Képénékian (LREM diss) - Respirations
  • Sandrine Runel (PS-PCF-Génération) - Vivons vraiment Lyon
  • Nathalie Perrin-Gilbert (Divers Gauche soutenue par LFI) - Lyon en commun


Les autres listes à Lyon
  • Agnès Marion (RN) - Pour l’amour de Lyon
  • Denis Broliquier (Les Centristes) - Positivons Lyon
  • Lutte Ouvrière présente des listes dans 6 arrondissements
 

Le débat

Municipales 2020. Le débat à Lyon

Demain, quels déplacements à Lyon ? Quelle place pour la voiture ?


Yann Cucherat propose un plan pour les piétons, et pour chasser l'autoroute du centre de Lyon:
"Il reste beaucoup de choses à faire. Lyon a été une ville qu'on traversait, aujourd'hui les gens s'y installent, ce qui créé de la richesse et de l'emploi. Il y a des problèmes de mobilité. On a sorti des voitures de la ville. On a renforcé les transports en commun. Il faut aussi laisser de la place aux piétons. 52% des déplacements se font à pied. Il y a une notion à développer, c'est celle des sols faciles, des trottoirs, des rues, qui donnent envie de marcher, qui donnent des informations, qui ont un éclairage particulier. Sur le péage urbain, nous sommes les seuls à vouloir que l'autoroute quitte notre coeur de ville. C'est une hérésie qu'aujourd'hui, une autoroute traverse le coeur de ville. Ce sont les bouchons qui crééent aussi beaucoup de pollution. Je suis pour qu'on incite les voitures à prendre un autre axe que celui de la ville pour l'axe nord-sud."

Etienne Blanc:
"Il faut développer les transports en commun et le métro. 2 stations ont été créées depuis 20 ans, 31 à Milan."

- Il y a quand même beaucoup de gens qui ont besoin de venir à Lyon et convergent en voiture venant de loin. Alles-vous contraindre les voies de circulation?

"Il y a deux sujets pour la voiture en ville. Le premier c'est d'arrêter les voitures qui rentrent dans Lyon tous les matins, et d'avoir des parkings relais. Et pour les voitures qui sont en ville, il faut qu'il y ait plus de parkings. Il faut reprendre un plan identique à celui de Michel Noir, un plan de stationnement des voitures en ville."

- Etienne Blanc, êtes-vous pour ou contre le péage urbain?

"Je ne suis pas favorable au péage urbain. Je suis pour un paiement imposé aux transporteurs routiers, comme c'était le cas avec l'éco-taxe." 

Etienne Blanc propose des autoroutes à vélo, où tout le monde circule dans le même sens, et rapidement, commes dans les villes du nord de l'Europe.

Georges Képénékian:
"Les villes ont été construites autour de la voiture, il faut penser la ville en dehors de la voiture. Il faut prendre le temps d'y venir. Les transports en commun bien-sûr. Il faut un plan vélo, et piétonnier, le plus vite possible. Contraindre n'est pas la bonne méthode, j'en suis convaincu. La meilleure mobilité, c'est celle qui n'existe pas. Si on pouvait habiter pas loin de son travail, et le faire à pied, ce serait l'idéal. Repenser la ville c'est aussi repenser ses usages. Nous devons raisonner à l'échelle de la Métropole. "


Nathalie Perrin-Gilbert:
"On voit que les lyonnais sont prêts à se déplacer autrement. 70% des déplacement dans la Métropole sont inférieurs à 3km, charge à nous de proposer des solutions, dont les transports en commun dont nous sommes pour la gratuité."

- Et le péage urbain, bonne idée ou non?

"Je suis contre le péage urbain. Comme je suis contre l'anneau des sciences. 4 milliards € de coûts de réalisation. C'est 10 années de gratuité des transports en commun." 
 

Grégory Doucet:
"Il y a une attente pour redessiner la ville. Il faut faire la part belle au vélo et à la marche. Il y a une attente de la part des cyclistes d'avoir des équipements qui répondent à leurs besoins. N'oublions pas qu'on est en train de vivre une crise climatique. Nous avons besoin de réduire considérablement nos émissions de gaz à effet de serre. Le vélo pour cela est une excellente réponse."

- Peut-il y avoir un péage urbain à Lyon comme à Londres?

"Ce type de contrainte n'est pas approprié. L'essentiel c'est de développer des alternatives. Je préfère parler d'un réseau express vélo, qu'on a prévu. Ce sont des voies cyclables très larges qui permettent de doubler. Nous souhaitons que l'ensemble de la ville soit cyclable, sécurisé pour les cycliste."


Nathalie Perrin-Gilbert:
"Faire plus de parkings dans Lyon, non. Faire des parkings relais, oui. A condition de ne pas reporter la pollution à l'extérieur de la ville. Les zones à faible émission ne vont pas assez loin, qui laissent des villes comme Bron et Vénissieux exposées à la circulation automobile. Pour nous, il faut renforcer la ZFE (Zone à Faible Emission), développer les parcs relais, avec une politique ambitieuse de transports en commun. Je pense aussi au projet de RER à la lyonnaise, pour desservir toute l'aglgomération, pas une politique pour Lyon uniquement".

Sandrine Runel, a une autre idée, c'est d'interdire les voitures diesel dans Lyon d'ici 2024.
"Nous devons réduire la place de la voiture dans la ville, c'est une nécessité pour le bien-être de nos enfants. On connaît des pics de pollution à répétition. Nous devons agir. L'idée, c'est les parkings relais en entrée de ville, et développer les transports en commun. Nous devons travailler avec la SNCF pour que le cadencement soit plus régulier. En 2024, le diesel doit être interdit."

Yann Cucherat, êtes-vous favorable à l'interditions des voitures diesel?
"Il faut créer des conditions pour que la voiture ne rentre pas dans Lyon quand ce n'est pas nécessaire. Il faut doubler les parkings relais, et développer l'offre TCL de grande qualité. Il faut inciter." 

Les deux autres listes ont aussi été interrogées sur la place de la voiture à Lyon:

Denis Broliquier
"On a l'intention de supprimer le centre d'échanges de Perrache et d'enterrer une partie de la circulation. Et on veut promouvoir les transports en commun. Avec l'aérotram, des navettes fluviales, l'extension du métro et du tramway. S'ils sont fiables, sûrs, confortables, à ce moment là les automobilistes prendront des solutions alternatives."

Agnès Marion:
"Moi je ne suis pas pour une politique aride contre les voitures en centre-ville. Il faut aider les lyonnais qui font usage de leurs voitures quand ils pensent en avoir besoin. Je pense aux artisans, aux commerçants, aux indépendants, ceux qui travaillent en ville mais n'y résident pas nécesssairement. C'est aussi avec eux que la ville rayonne. Je propose un dispositif dédié, et arrêter d'assommer les automobilistes qui sont des gens responsables."  
 

Moins de béton, plus de vert ?



Etienne Blanc a proposé de planter 500.000 arbres et arbustes dans la ville, il revient sur cette proposition de canopée urbaine:

"Sur ces 500.000 arbres, j'ai été surpris, parce que j'ai proposé 500.000 arbres ET arbustes. Il y a des endroits où on ne peut pas planter d'arbres. David Kimelfeld propose 500.000 arbres pour la Métropole. Donc on ne doit pas être si loin de la réalité. A Milan, il y a 2 arbres et demi par habitant. A Lyon avec notre programme il y en aura 1 par habitant. L'autre sujet important, c'est l'imperméabilisation des sols. Il faut enlever du béton et du goudron, du granit. Il faut remettre du gazon.

Yann Cucherat, sur les bacs en bois, pour la végétation, c'était un pansement sur une jambre de bois d'une ville trop grise, trop bétonnée?
"C'était une expérimentation. Ces bacs ont vocation à être enlevés, pour qu'on puisse planter en pleine terre, au même endroit et ailleurs. On propose de faire des voies vertes. qui vont permettre de relier les parcs."

Nathalie Perrin-Gilbert:
"Quel a été le coût de cette expérimentation? C'était cher pour une expérimentation?

Yann Cucherat:
"Vous demanderez au 1er adjoint, qui était plus au fait que moi. Ces bacs ont vocation à être posés ailleurs, pour voir si les usages fonctionnent." 

Georges Képénékian ne réagit pas à ces propos.


Grégory Doucet et Nathalie Perrin-Gilbert ont ensuite un vif échange autour du projet de la Part-Dieu:
 
 
Grégory Doucet : "Regardez-ce qui se fait à la Part-Dieu, on est en train de tout minéraliser. Il faut arrêter çà." 
 
Nathalie Perrin-Gilbert: "Il ne fallait pas voter la Part-Dieu, et le PLU qu prévoit ce projet. Il nous amène sur 15 ou 20 ans. J'étais la seule à ne pas le voter. Je ne comprends pas pourquoi votre parti, EELV, l'a voté en mai 2019?"
 
Grégory Doucet : "Avec un certain nombre de réserves, vous le savez très bien."
 
Nathalie Perrin-Gilbert: "Les réserves ne suffisent pas. Ce sont les votes qui comptent. On arrêtera ensemble le projet de la Part-Dieu alors."

Georges Képénékian: "Aujourd'hui on est convaincus que la nature doit retrouver une vraie place. Lyon n'est pas la ville la moins verte. Il ne s'agit plus de faire des plans verticaux, c'est aller échanger, discuter et proposer."


Nathalie Perrin-Gilbert, est-ce que vous garderiez les bacs en bois disposés sur les rues de Lyon?
"On les enlèverais immédiatement. Ces bacs sont comme le maire actuel, hors-sol. Je suis pour les arbres, en pleine terre. il faut végétaliser l'ensemble des quartiers. Les cours d'école doivent devenir des parcs, ouverts en période de canicule, hors temps scolaire, à proximité des habitations."


Grégory Doucet, allez-vous piétonniser des quartiers ?
"Oui dans chaque arrondissement, nous établirons une rue piétonne, ou un quartier piéton. Il faut aussi penser au développement de la marche dans toute la ville. Tous les trottoirs doivent être rendus plus agréables. Les végétaliser, réinstaller des bancs, des fontaines."


Denis Broliquier
"Végétaliser plus, c'est évident, mais avec la population. Il ne faut pas que ce soit un obstacle à la vie quotidienne. Il faut que çà agrémente la vie quotidienne."

Agnès Marion:
"La ville ça reste la ville. Il n'y aura pas de forêt urbaine. Je propose qu'à chaque naissance de petit lyonnais, on plante un arbre. Il y a des solutions à amener dans le verdissement des façades."
 

Quels accords après le 1er tour?

Etienne Blanc : "Très clairement, pas du tout. La bataille que je mène, c'est de gagner dans un maximum d'arrondissements, pour ne pas être contraint à une discussion entre les 2 tours."

Yann Cucherat : "On n'a jamais discuté d'alliances. On est concentrés sur notre programme, notre projet. On fera les comptes le soir du premier tour."

Georges Képénékian: "Un médecin respecte les thermomètres. Mais un médecin sait aussi qu'il y a plusieurs moyens d'utiliser le thermomètre. Les valeurs ne sont pas toujours les mêmes selon l'endroit où on se place. Donc nous allons attendre le soir du premier tour pour voir ce qu'on fera. Je n'ai pas à quitter le parti (LREM)."

Sandrine Runel : "Je porte une liste de rassemblement de la gauche. Notre alternative est sociale et écologique. La gauche et les écologistes sont majoritaires à Lyon. Nous avons avec l'écologie politique qui est menée par EELV une volonté de pouvoir travailler ensemble."

Grégory Doucet : "L'élection que nous allons vivre a un caractère historique. Les scientifiques du GIECC nous donnent 10 ans pour agir, pour changer de trajectoire pour le climat. Cette élection, ce n'est pas une histoire de tambouille entre nous. C'est d'abord le projet qui compte. Je resterai sur notre projet, c'est çà qui compte. Le parti LREM n'est pas à la hauteur de l'enjeu climatique."

Nathalie Perrin-Gilbert : "Nous avons une responsabilité pour faire entrer Lyon dans une transition écologique, sociale et démocratique. La ville a été confisquée à ses habitants. Certains n'arrivent plus à vivre à Lyon. Je parle de cohérence politique. Nous verrons le soir du premier tour, et je pourrai tendre la main à des partenaires qui partageront le projet."

Georges Képénékian livre une dernière analyse sur ce dossier: "Le jeu sera éclaté dimanche soir. Il faudra malgré tout, trouver, faire converger autour de certains projets, un certain nombre de propositions."
 

Les principaux enjeux à Lyon


La  mobilité du quotidien : le vélo, star de la campagne

Depuis 15 ans, le vélo prend de plus en plus de place dans les déplacements des Lyonnais : le compteur affiche une augmentation de 370% du trafic vélo depuis 10 ans.
Ce chiffre augmente de 15% chaque année. Il y aurait 25 millions de passages de vélo par an dans la Métropole, avec 870 km de pistes cyclables, et un objectif affiché de 1.000 kilomètres d’ici la fin 2020.

Le velo’v et ses 350 stations accentue bien-sûr cette tendance depuis 2005. 

Lyon serait-elle devenue la capitale du vélo ? Pas sûr. D’après le baromètre 2019 des villes cyclables de la Fédération des Usagers de la Bicyclette, Lyon fait partie des communes au climat «moyennement favorable» à la pratique du vélo. Elle est 6e au classement national, et Paris lui passe devant.

Comment mieux faire ? Comment rééquilibrer l’occupation de l’espace public ? Mais aussi celle de l’emprise au sol ?
C’est la question que nous posons à nos invités.



L’impact sur la qualité de l’air

La qualité de l’air s’est globalement améliorée en 2018 dans la région Rhône-Alpes et le département. 
Selon l’observatoire ATMO, les concentrations de la plupart des polluants réglementés continuent de baisser : 
  • Benzo(a)pyrène  - 73%
  • Dioxyde d’azote - 31%
  • Particules fines PM10 - 41%

MAIS : les niveaux de dioxyde de carbone et de particules fines sont toujours au-dessus des seuils sanitaires fixés par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), et la forte augmentation de l’ozone inquiète alors que la ville s’illustre également par ses pics de pollution, de plus en plus fréquents, y compris en dehors des périodes de canicule.

Pour l’OMS, Lyon reste l'une des villes les plus polluées de France selon une étude publiée en juillet dernier. L'année 2019 a été marquée par 33 pics de pollution et 2 ont déjà été recensés depuis début 2020.



Plus de vert, moins de béton ?

La plupart des candidats se sont lancés à une certaine course aux chiffres: c’est à celui qui promettra de planter le plus d’arbres et de végétaux. Voici en quelques lignes les principales idées et propositions.

Etienne Blanc (LR) : promesse de planter 500.000 arbres (et arbustes), et 5.000 mini jardins
Yann Cucherat (LREM) : 30 km de voies fraîcheur végétalisées, Lyon capitale verte de l’Europe en 2022, plantation de 20.000 arbres en 10 ans
Georges Képénékian (LREM diss): Lyon capitale de la santé et du bien-être, et plantation d’arbres partout où on peut le faire, avec 2 nouvelles artères vertes
Grégory Doucet (EELV):  des forêts urbaines et plantation d'arbres dans les cours des écoles
Sandrine Runel (PS-PCF) : multiples îlots de fraicheurs tous les 500 mètres

Les Parcs et jardins à Lyon aujourd’hui en quelques chiffres:
  • 436 hectares de parcs (plus de 9% de la surface de la ville)
  • 81.000 arbres dans la ville (les 2/3 dans les parcs)

Autre question posée à nos invités : la réfection de la place des Terreaux, symbole par excellence de la minéralité de la ville, pouvait-elle être réalisée autrement?
 

 

Dans le rétroviseur : les dernières élections

Pour rappel en 2014, les précédentes élections municipales affichait ce tableau:

  • PS Gérard Collomb 35,7%
  • UMP-UDI Michel Havard 30,4%
  • FN Christophe Boudot 12,1%
  • EELV Etienne Tête 8,9%
  • Front de Gauche Aline Guitard 7,5%

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