Damien Abad, député de l'Ain et ancien ministre mis en examen pour tentative de viol

Damien Abad a toujours nié les faits qui lui étaient reprochés. Il est accusé de violences sexuelles par trois femmes, c'est dans une affaire concernant l'une de ces accusatrices, qu'il a été mis en examen.

Damien Abad a été mis en examen a été mis en examen à Paris pour tentative de viol sur des faits susceptibles d'avoir été commis en  2010 sur l'une d'entre elles, a confirmé de le parquet de Paris à France info. 

Le scandale avait éclaté après la publication d'une enquête de nos confrères de Médiapart alors que Damien Abad venait d'être nommé ministre des solidarités du gouvernement d'Elisabeth Borne. 

Rappel des faits 

Deux femmes avaient accusé l'ancien ministre de viol et de tentative de viol et avaient déposé leur témoignage devant l'observatoire des violences sexuelles en politique. Un signalement qui n'avait pas empêché sa nomination, au nom de la présomption d'innocence.

Un mois plus tard, une des deux femmes, élue centriste décide de porter plainte, pour des faits remontant à 2010, Damien Abad "condamne alors ces accusations avec la plus grande fermeté". En juin 2023, après un an d'enquête préliminaire, une information judiciaire est alors ouverte pour viol et tentative de viol. En juillet 2023, une deuxième plainte est déposée, puis une troisième, en juillet 2024. 

Laëtitia raconte une fellation sous contrainte 

L'affaire pour laquelle Damien Abad est mis en examen pour viol concerne des faits reprochés par l'ancienne pésidente d'une fédération du mouvement de jeunesse du Nouveau centre, dont M. Abad, alors député européen, était le président national. 

Sous le nom d'emprunt de Laëtitia, elle confie à Médiapart que le soir des faits, selon son récit, Damien Abad lui a "offert un verre" au fond duquel elle a vu "quelque chose": méfiante, elle est allée recracher sa gorgée aux toilettes.

Toujours selon ses dires, M. Abad l'attendait derrière la porte et tout est allé "très vite": l'eurodéputé l'aurait "poussée dans une pièce en face" puis aurait tenté de la contraindre à une fellation. "J'avais peur, j'étais sidérée. Je me suis débattue, je l'ai frappé dans le ventre", raconte-t-elle. "Laëtitia" dit avoir finalement pu "se défaire" de son agresseur présumé et sortir de la pièce grâce à l'irruption d'un convive.

Impossible physiquement selon ses avocats 

Le député du Haut Bugey fait valoir qu'"une expertise médicale réalisée par un spécialiste" de l'arthrogrypose, maladie rare dont il est atteint, "démontre clairement que son handicap le place dans l'impossibilité physique de commettre les faits injustement reprochés".
"Les accusations formulées sont matériellement et scientifiquement impossibles", ont abondé auprès de l'AFP ses avocats, Mes Jacqueline Laffont et Robin Binsard.


Au contraire, pour Me Mario Stasi, les accusations de sa cliente Laëtitia sont "cohérentes et recoupées par des témoignages concordants". "Cette mise en examen attendue est logique", a-t-il réagi.

Après avoir été interrogé plusieurs heures par deux magistrats instructeurs, M. Abad a aussi été placé sous le statut de témoin assisté pour les deux autres plaignantes. Ces dernières l'accusent de viol en 2010 et en 2011.

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