Départementales 2021 dans l'Ain : ce qu'il faut retenir du débat diffusé sur France 3 Rhône-Alpes

La Gauche qui a resserré ses rangs et le Rassemblement National qui se présente dans quasiment tous les cantons, peuvent-ils contester l'hégémonie de la Droite dans le département de l'Ain ?  Santé, social, formation : à chacun ses arguments. Voici ce qu'il faut retenir du débat entre candidats.

Sur le plateau de notre débat du premier tour des élections départementales dans l'Ain, Jean Deguerry (LR), Christophe Greffet (PS) et Maxime Chaussat (RN)
Sur le plateau de notre débat du premier tour des élections départementales dans l'Ain, Jean Deguerry (LR), Christophe Greffet (PS) et Maxime Chaussat (RN) © FTV

Dans le département de l'Ain, seuls deux cantons ont échappé aux Républicains alliés à l'UDI en 2015. La Droite avait raflé la mise, infligeant une leçon à une Gauche désunie. Présent au second tour dans 19 cantons sur 23 il y a six ans, le Rassemblement National entend cette fois s'imposer. Ce lundi 7 juin 2021, Jean Deguerry (LR), Christophe Greffet (PS) et Maxime Chaussat (RN), étaient sur le plateau de France 3 Rhône-Alpes pour un débat parfois houleux.

Première passe d'armes

"Nous avons commencé ce mandat à 42, nous le terminons à 42", rétorque vivement le président de la majorité sortante au Conseil départemental à son adversaire du Rassemblement National. Le ton de ce débat est rapidement donné alors que Maxime Chaussat met en doute l'union de la Droite pour ce scrutin 2021.

"Dans certains cantons, plusieurs binômes de Droite s'affrontent. La Droite n'a pas réussi à s'entendre ni sur des projets, ni sur des personnes", avait attaqué le candidat du RN dans le canton de Villars-les-Dombes, allant jusqu'à interpeller Jean Deguerry d'un "êtes-vous le candidat d'Emmanuel Macron ?"

Moi, je ne fais pas de la politique nationale comme vous. Moi, je m'occupe de mon canton et de mon département. Je fédère et je travaille en équipe.

Jean Deguerry (LR) à Maxime Chaussat (RN)

Le 20 juin 2021, pour le premier tour des élections départementales, la Droite et le Rassemblement National s'affronteront en duel dans deux cantons de l'Ain : celui de Nantua et de Pont d'Ain.

L'heure du bilan sanitaire sur fond de crise Covid

"On a vu l'intérêt d'avoir une collectivité de proximité pour aider, pour pallier aux défaillances de l'Etat comme pour les masques et le dépistage", souligne Jean Deguerry qui se représente dans le canton de Nantua. Cette fois-ci, Maxime Chaussat se montre plus conciliant avec le président sortant du conseil départemental aindinois. "Vous avez pris ce sujet à bras-le-corps". Mais le désert médical dans l'Ain reste un sujet à débat.

Il manque 800 médecins dans l'Ain. Nous proposons une prime de fidélisation de 15.000€ que chaque praticien pourra toucher au bout de 10 ans de pratique dans le département.

Maxime Chaussat, candidat RN dans l'Ain

"Face à la gravité de la situation", le candidat d'extrême-droite défend cette idée, en arguant du fait que le coût de la mesure ne représente que "0.46% du budget annuel de la collectivité".

Christophe Greffet, élu PS dans le canton de Vonnas, s'engouffre à son tour dans la brèche, relevant "la promesse non-tenue de la majorité sortante".  L'union de la Gauche promet 50 recrutements sous le statut de la fonction publique hospitalière. Jean Deguerry s'agace, dit avoir "l'impression d'être dans une soirée de la mauvaise foi, s'appuie sur la mise en place d'un plan d'actions et de "réponses immédiates" avec notamment les cabines de téléconsultation, le projet de construction d'une maison des internes à Bourg-en-Bresse et la perspective d'ouverture d'une 1ère année de médecine dans l'Ain.

Le RSA de la discorde

L'Ain est l'un des territoires français au plus faible taux de chômage. Mais le niveau de vie y est inégal. Et parmi les faits marquants de cette mandature, il y a eu la mise en place une brigade anti-fraude au RSA. Au grand dam de l'opposition qui déplore désormais un manque d'effectif dans les services sociaux alors qu'il faut "accompagner les allocataires, les aider à sortir de leur précarité".

On ne peut pas voir le RSA, uniquement sous l'angle de l'allocation ou de la fraude, mais bien comme un élément qui permet de s'inscrire dans un parcours personnel. 

Christophe Greffet, candidat du PS dans l'Ain

Et le Socialiste de rajouter qu'il faudrait aussi penser aux jeunes, "qui sont les seuls à ne pas être aidés par une allocation universelle". La mise en place du RSA Jeunes ne fait pas l'unanimité entre les candidats. Jean Deguerry est contre : "la jeunesse n'a pas besoin d'assistanat", lâche le président sortant du département. Pour Maxime Chaussat, la mesure n'est pas soutenable financièrement sur le long terme. Le représentant du RN, directeur d'une entreprise dans la Plastics Vallée, préfèrerait "mettre le paquet sur la formation", surtout que dans le secteur industriel, des milliers d'emplois ne trouvent pas preneurs. 

L'Ain et le gentilé de ses habitants : une anecdote ?

En 2018, le Département de l'Ain a organisé une consultation pour que les habitants se choisissent un nom : Aindinois. Avant cela, faute de gentilé, il était d'usage de désigner un habitant selon "le pays" où il habitait. Maxime Chaussat, par exemple, se dit "pur Dombiste".

"La consultation a été un élément fédérateur", estime aujourd'hui Jean Deguerry. Pour le candidat et président sortant LR du Département, "il fallait rendre une fierté et une identité" à la population, établir "un trait d'union entre tous ces pays de l'Ain". Organiser une consultation pour trouver un gentilé peut paraître anecdotique. Christophe Greffet s'interroge d'ailleurs sur son intérêt alors que d'autres sujets d'importance mériteraient à ses yeux une votation citoyenne. Le candidat socialiste se remémore ainsi "un débat d'une demi-heure" entre conseillers départementaux sur la question d'accueillir un réacteur nucléaire EPR à la centrale du Bugey.

Revoir le débat

Elections départementales dans l'Ain : Le débat du premier tour


Pour le premier tour de scrutin du 20 juin 2021, 72 binômes seront en lice dans le département de l'Ain. Quatre tendances politiques seront représentées puisque La République en Marche fait une timide entrée sur l'échiquier avec des candidats dans trois cantons. Ces élections donneront lieu majoritairement à des triangulaires entre la Droite alliée à l'UDI, la Gauche unie et le Rassemblement National. En 2015, 51% des électeurs ne s'étaient pas rendus aux urnes au 1er tour des élections départementales.

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