Face à la polémique, le château de Varey dans l'Ain n'accueillera pas de migrants

Après plusieurs semaines de débats houleux, le château de Varey dans l'Ain n'accueillera pas de migrants. Un dossier qui met à nouveau en lumière les violences et menaces dont sont victimes les élus. Le maire de Saint-Jean-le-Vieux a déposé une main courante.

C'est un épisode qui va laisser des traces à Saint-Jean-le-Vieux. Cette commune de l'Ain de 1.800 âmes est surplombée d'un château, propriété d'une association à vocation sociale, où l'État souhaitait installer des migrants. Mais le projet n'a pas fait l'unanimité. Il tombe à l'eau. Le maire, amer, a reçu des menaces.

"Le château de Varey brûlera", "ça va être la guerre"

Si certains opposants disent vouloir défendre leur patrimoine, les lettres visent les personnes, au détriment du monument. "Par drone incendiaire, le château de Varey brûlera avec ses occupants, Alfa (Alfa3a est l'association propriétaire) a été averti." Voici l'une des lettres adressées à Christian Batailly, le maire, ciblé par d'autres menaces.

"Personnellement, j'ai eu affaire à des violences verbales. Heureusement ! Lors d'une réunion avec le collectif de Varey." Dans l'assemblée, un homme se fait remarquer car "beaucoup plus extrême dans ses positions et qui s'en est pris à ma personne", se souvient le maire. En effet, l'homme enchaîne sur des insultes et des menaces. "Tu n'es qu'un glandu et vous êtes tous des glandus à la mairie. Ça va être la guerre. Je vais te pourrir, toi et ton conseil municipal, et si on touche à mes gosses, je sors les armes."

En vingt ans de mandat, Christian Batailly est confronté pour la première fois à des violences verbales. Il a déposé une main courante à la gendarmerie.

Une formation pour les élus

En réunion avec les élus du secteur, la préfète de l'Ain Chantal Mauchet constate qu'il y a une crise des vocations ou de candidatures, car la situation de maire peut être très éprouvante. Même si l'édile a le statut d'agent de l'État et d'officier de police judiciaire. Elle veut assurer les élus du soutien de l'État, alors que la démission récente du maire de Saint-Brévin-les-Pins en Loire-Atlantique, menacé lui aussi, a enrayé ce discours.

La préfète tient à rappeler aux maires que l'État peut les former à faire face à des situations critiques. "C'est une gestion pacifique des incivilités et des conflits. Souvent des conflits qui durent depuis plusieurs années, et donc il y a des techniques pour ça que les gendarmes et policiers peuvent transmettre aux élus."

Le maire de Pont d'Ain, Jean-Marc Jeandemange, a suivi cette formation. Suite à une menace verbale, il a obtenu "250 euros d'amende au pénal et 500 euros de dommages et intérêts".

Chaque année en France, plus de 2000 élus locaux sont victimes d’atteintes verbales ou physiques.