Air cocaïne : B. Odos retourne en prison, P.Fauret entendu à son tour

Pascal Fauret doit être extrait de la prison de Corbas (Rhône) pour s'expliquer à son tour devant la justice marseillaise / © Max PPP
Pascal Fauret doit être extrait de la prison de Corbas (Rhône) pour s'expliquer à son tour devant la justice marseillaise / © Max PPP

Le pilote Bruno Odos, interrogé pour la première fois depuis sa fuite de République dominicaine sur son implication dans l'affaire Air Cocaïne, a dormi cette nuit en prison, au terme de sa comparution devant la justice marseillaise. C'est aujourd'hui au tour de Pascal Fauret de s'expliquer.   

Par Philippe Bette

L' audition de Pascal Fauret, extrait de la prison de Corbas, s'annonce "rock'n'roll", selon l'avocat des pilotes, Me Jean Reinhart. Le pilote sera quasi-certain de terminer à son tour la journée derrière les barreaux,comme Bruno Odos hier soir. Une issue à laquelle les pilotes ne s'attendaient pas en fuyant la République Dominicaine, selon lui.

"Il faut faire plaisir à Saint-Domingue, à une logique d'enquête qui nous dépasse", a déploré Me Jean Reinhart, à sa sortie du tribunal vers 22h30. Il va contester en appel cette décision de placement en détention provisoire. Selon lui, le juge des libertés et de la détention a invoqué "l'ordre public"
et les "nécessités de l'enquête" pour maintenir Bruno Odos en détention, a précisé l'avocat. "La justice a l'air de les considérer comme des brigands" alors qu'il s'agit simplement "de pilotes qui n'ont pas fait gaffe" et ont chargé des valises sans connaître leur contenu, a-t-il affirmé.

Pour ces deux pilotes, il s'agit des premières auditions par un juge depuis qu'ils ont mis le pied en France. Tous deux sont visés par un mandat d'arrêt international émis par la République Dominicaine, mais semblent définitivement à l'abri de la justice de ce pays, puisque Paris a écarté l'hypothèse d'une extradition. Ils auront passé neuf jours en liberté hors de République Dominicaine, au terme d'une fuite par bateau puis par avion.

Courroux de Sarkozy

L'audition des pilotes vient nourrir un épais dossier, ouvert début 2013 à Marseille sur ce trafic de drogue transatlantique, qui a débuté par un renseignement des gendarmes sur le "comportement suspect" de passagers d'un Falcon 50 ayant atterri un mois plus tôt à Saint-Tropez (Var).La justice soupçonne les pilotes, ainsi que deux autres Français, Nicolas Pisapia et Alain Castany, condamnés comme eux en République Dominicaine mais qui s'y trouvent toujours, d'avoir importé de la cocaïne en France, cachée dans des dizaines de valises chargées dans ce jet privé.

Plusieurs vols de cet avion, affrété par une société de location, SN-THS, baséeà Bron (Rhône), sont suspects aux yeux de la justice française. Un douanier en poste à Toulon est également soupçonné de complicité, un homme d'affaires, Franck Colin, a reconnu avoir affrété l'avion et les deux patrons de la SN-THS sont également suspectés d'être impliqués. M. Colin devrait être prochainement confronté aux pilotes qui affirment ne pas le connaître.

Outre les faits de trafic, l'affaire a pris une tournure politique depuis la révélation d'une demande de géolocalisation de l'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy. M. Sarkozy, dont le nom est apparu de manière incidente dans l'enquête, car trois vols avaient été affrétés pour son compte auprès de SN-THS par la société Lov Group de son ami Stéphane Courbit, s'en est insurgé mardi.

"Je n'ai pas plus de droits que les autres, mais je n'en ai pas moins non plus", a-t-il clamé, s'interrogeant sur le fait de savoir si la garde des Sceaux et le
président de la République étaient au courant de la démarche. Le Premier ministre Manuel Valls a répondu quelques heures après, devant l'Assemblée
nationale, que le gouvernement n'avait pas été informé de cette décision de géolocaliser le téléphone. L'avocat des pilotes a déploré lundi ces développements, qui ont créé un climat "très malsain" autour de l'affaire et "n'ont pas donné la sérénité (nécessaire) aux débats".

Ce volet de l'enquête sur un éventuel abus de biens sociaux a été transféré à Paris, où il est instruit par des juges financiers qui n'ont pas prononcé de mise en examen.

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