INSOLITE. Allier : un “vélo-bureau” pour canaliser le trop-plein d’énergie des élèves

Les élèves du collège de Lapalisse (Allier) disposent de 4 vélos-bureaux pour se dépenser pendant les cours. / © Anne-Claire Huet / France 3 Auvergne
Les élèves du collège de Lapalisse (Allier) disposent de 4 vélos-bureaux pour se dépenser pendant les cours. / © Anne-Claire Huet / France 3 Auvergne

Le dispositif a été mis en place à la rentrée des vacances de Toussaint. Les élèves du collège de Lapalisse dans l’Allier ont désormais accès à un « vélo-bureau », dont l’objectif est de canaliser l’énergie des élèves pour les rendre plus attentifs.

Par Solenne Barlot

Depuis la Toussaint, 4 vélos bureaux sont mis à disposition des élèves du collège Lucien Colon de Lapalisse dans l'Allier. L’engin hybride entre un vélo d’appartement et un pupitre, permet de pédaler tout en suivant le cours, et en prenant des notes. Selon le principal du collège Franck Boussahba : « L’énergie dépensée en agitation ou en efforts pour se maîtriser limite les possibilités de ces élèves à se concentrer pour suivre le cours. Le vélo-bureau apparaît donc aussi comme une alternative non-conflictuelle à ce type de situation. »

Le concept est en phase de test, à raison de 2 à 3 élèves par heure utilisant le vélo-bureau. Le cœur de cible du dispositif : les élèves les plus agités, ayant des difficultés de concentration, comme l’explique Anthony Gardette, professeur au collège Lucien Colon : « Ils veulent tous l’essayer pour l’instant donc c’est chacun son tour, mais l’objectif à long terme c’est que les élèves qui ont du mal à canaliser leur énérgie me demandent à l’utiliser quand ils en ressentent le besoin ».

Des élèves plus calmes

Les vélos-bureaux sont encore en phase de test, l’établissement décidera à l’issue de la période d’évaluation de poursuivre ou non son partenariat avec le Conseil Départemental de l’Allier. Si les résultats sont satisfaisants, d’autres vélos-bureaux pourraient être ajoutés dans les salles de classe. Pour l’heure, le dispositif donne satisfaction. Anthony Gardette l’a adopté : « Au début j’étais plutôt réticent, je pensais que ça allait déstabiliser ma classe mais aujourd’hui si on veut me le retirer, c’est non, je le garde. Ça fonctionne très bien, ça ne perturbe pas, c’est quelque chose que les élèves apprécient et ceux qui ont du mal à se canaliser sont beaucoup plus calmes ».

Plus de vélo, moins de punitions

Les élèves aussi en sont satisfaits, comme Nathan Jasserand, élève au collège, qui y trouve un bénéfice : « Au lieu de se retourner et de bavarder, on pédale. On est plus concentré à pédaler et sur le cours que sur les autres. » Grâce aux vélos, le principal Franck Boussahba espère diminuer les sanctions comme les heures de colle ou les renvois, au profit de cette solution non-conflictuelle. La méthode a déjà fait ses preuves dans d’autres régions, elle a notamment été testée en Guadeloupe.

Sur le même sujet

Les + Lus