Louis XIV est son ancêtre : la vie de château de ce descendant des rois de France

Descendant de Louis XIV, le prince Charles-Henri de Lobkowicz a accepté de nous ouvrir les portes de son château dans l'Allier. Issu de la lignée des Ducs de Bourbon, cet aristocrate est intarissable lorsqu'il évoque l'histoire familiale.

C’est un descendant de rois de France, fils du prince Édouard de Lobkowicz et de Françoise de Bourbon-Parme, petit-fils du prince François Xavier de Bourbon-Parme et de Madeleine de Bourbon-Busset et petit-neveu de l'impératrice Zita d'Autriche : le prince Charles-Henri de Lobkowicz. Depuis de nombreuses années, il s’est pris d’amour pour ses racines bourbonnaises et l’Allier est devenu son point de chute :

“J'ai été élevé à l'étranger en grande partie, d'abord en Angleterre, Allemagne, Suisse, Afrique, en Côte d'Ivoire et au Liban. J'avais des parents qui voyageaient beaucoup et j'ai découvert le Bourbonnais enfant. Mes grands-parents avaient cette propriété dans l'Allier. J'ai commencé à venir à Bostz quand ma mère en a hérité, dans les années 90”, se souvient-il. 

"Une région pas assez connue où il y a un patrimoine extraordinaire"

Charles-Henri de Lobkowicz découvre alors le lieu qui a vu naître sa lignée, et tombe immédiatement amoureux de ses paysages et de son patrimoine. "J'ai découvert une région extraordinaire et c'est là où j’ai commencé à m'intéresser au Bourbonnais. Ma grand-mère est une Bourbon Busset, ce sont les chefs de famille de tous les Bourbons. C'est la branche qui descend des ducs de Bourbon. Je découvre petit à petit cet héritage. Ma grand-mère a été élevée ici, enfant. Mon grand-père fait partie d'une autre famille, les Bourbon Parme, qui descend d'Henri IV et des rois de France”.

S’il connaissait déjà son prestigieux héritage, Charles-Henry de Lobkowicz s’est trouvé au plus proche de ses racines, fasciné par l’authenticité et le patrimoine bourbonnais : “Au-delà de l'histoire, j'ai découvert une belle région, j’en suis tombé amoureux, une région pas assez connue où il y a un patrimoine extraordinaire. C'est encore un territoire préservé. Il y a une esthétique de paysages façonnés par l'homme, depuis des siècles et des siècles, des générations et des générations, et c'est cette France que j'aime.”  

Une forteresse en péril

Il dispose de plusieurs propriétés dans l’Allier, auxquelles il redonne peu à peu leur éclat passé : “J’ai hérité du château de Bostz, du vieux Château. Avec mes cousins, on a le château de Fourchaud. C’est une forteresse du 15e siècle. On l’a sauvée grâce à une association que j'ai créée qui s'appelle Présence Bourbon, qui d'abord, avait été créée pour unir toutes les branches de la famille Bourbon sur leur territoire d'origine, puis s'est intéressée à tout le patrimoine visible, mais aussi moral de la famille dans la région du Bourbonnais. La plus grosse des opérations, c'est la restauration de la forteresse du grand Fourchaud.” Selon le site de l’association, Le château de Fourchaud est bâti suivant un plan en croix grecque. Il est constitué d’un corps de logis rectangulaire et de deux tours rectangulaires accolées aux façades nord et sud. Le corps de logis se compose de trois niveaux et d’un étage de combles. Chaque niveau est fait de 2 grandes et 2 petites salles. L’escalier, en pierre de Volvic, dessert également deux salles situées à des niveaux intermédiaires. Au deuxième niveau, dans la tour rectangulaire sud, est située une chapelle. Sa fenêtre en arc brisé est facilement reconnaissable depuis l’extérieur. L’étage de combles a probablement remplacé l’ancienne galerie à mâchicoulis. Une boulangerie dotée d’une très grande cheminée pourvue de trois remarquables fours est visible au sous-sol de la tour ronde à l’angle sud-ouest du donjon. Au deuxième niveau, une loggia permet l’accès entre cette tour et le donjon. Cet ensemble castral est complété par des courtines ainsi que par trois tours et un colombier (angle sud-est).  

Restaurer ses propriétés

Restaurer cette forteresse représente un travail titanesque, reconnaît volontiers le prince : “Un certain nombre de bénévoles se réunissent toutes les semaines pour sauver cette forteresse. Ils ont réussi à sauver cette forteresse. Il y a encore beaucoup de travaux, mais ils ont fait un travail admirable. Il y avait d'abord un nettoyage extérieur, le château a été envahi par le lierre. Il fallait arracher le lierre des murs. C’était très haut, on se pendait avec des cordes pour enlever le lierre. Puis, il y a eu un nettoyage complet. Vous imaginez, plusieurs générations sans que ce soit nettoyé, c’est un énorme travail, je parle de dizaines de camions. Ensuite nous avons dû récupérer tous les petits bouts qu'on retrouvait pour refaire les sols, refaire les cheminées. Et ce sont les grandes cheminées du Moyen-Âge, voyez-vous ! Il fallait nettoyer les pièces, enlever les enduits que plusieurs générations ont rajouté pour retrouver l'enduit d'origine du 15e siècle. C'est un travail fastidieux, permanent et on avance de façon vertigineuse. Après, il y aura les portes et les fenêtres. Tout n'est pas encore terminé. Pour comprendre le travail qui a été fait, il faut aller voir, c'est inouï.” Il s’occupe également d’autres propriétés, dont une où il réside : "Il y a plusieurs châteaux. Le château où je réside actuellement est un château qui a été construit au XIXème siècle. On a une vue absolument extraordinaire là-haut. C'est une maison très confortable avec une très jolie vue, très agréable à vivre, ce n'est pas immense et on y est bien. C'est une propriété où je reçois beaucoup d'amis du monde entier.” Selon lui, son entourage adore cette région. Il parle de sa passion dans l'émission En Vadrouille, sur France 3 :

Une famille unie

Et le prince s’attache à faire découvrir l’Allier à sa famille, même la plus éloignée : “J'ai la chance d'avoir une famille où on se connaît quand même très bien, on est resté très liés. Par contre, retrouver le grand nombre de personnes et de personnalités qui, quelque part, descendent de Bourbons, ça a été un peu de travail. Heureusement, il y a beaucoup de gens qui se présentent d'eux-mêmes. Ça fait beaucoup de contacts. J'ai énormément de cousins à travers le monde. C'est assez sympathique parce qu'on les retrouve dans les voyages, partout, et on est assez liés. Je reçois sans arrêt des messages sur WhatsApp. On se suit aussi beaucoup sur Instagram, on sait où sont les autres et où on se retrouve. C'est très amusant. J'ai très souvent des messages de cousins très lointains que je ne connaissais même pas. Et Instagram est un merveilleux moyen de les retrouver.”  

Ici, il pose avec ses nièces, Carolina et Chiara de Bourbon :

"D'Henri IV à Charles-Louis Philippe, le socle de base, c'est le Bourbonnais"

Grâce à ces liens et à un travail de recherche, Charles-Henry de Lobkowicz est parvenu à réunir un très grand nombre de descendants des Bourbons, qu’il a accueilli il y a quelques années pour une grande fête, célébrant leur ancêtre commun : “Le socle d'origine de la famille est le Bourbonnais et c'est pour ça qu'en 2015, j'ai organisé la fête de l'anniversaire de la mort du premier ancêtre connu des Bourbons, ce fameux Aymar. C’était un seigneur dont la terre allait environ de Châtel-de-Neuvre jusqu'à Souvigny. C'est son fils Aimond qui étend le territoire jusqu'à une forteresse déjà importante. Aimond prend une place forte, qui s'appelle Bourbon. C'était un village romain, déjà important à l'époque de Rome. Il est le premier Sire de Bourbon. Aymar meurt en 915, d'où ma fête en 2015. À partir de là, on a toute la descendance des Bourbons, et la famille grandit jusqu'à devenir des seigneurs importants. La dernière héritière épouse le fils de Saint-Louis, Robert et c'est là où les Bourbons deviennent liés à la famille royale, avec l'autre grand mariage royal, qui est le mariage avec la fameuse Anne de France. D'Henri IV à Charles-Louis Philippe, le socle de base, c'est le Bourbonnais.” Et ils sont nombreux à avoir répondu présent : "En 2015, il y a des cousins qui sont venus du Brésil, les Bourbons d'Espagne... tous les Bourbons à travers le monde ! Les Orléans, les Luxembourg, les Habsbourg, toutes les familles qui descendent des Bourbons, dont certaines sont devenues des familles royales, que ce soit de l'empire austro-hongrois, de Sicile, de l'Espagne... Les rois Bourbons vivent encore en Espagne. Le roi Philippe est un Bourbon. Il y a l'Impératrice Zita, la dernière impératrice de d'Autriche-Hongrie, ce n'est pas rien ! La fameuse Impératrice Zita de Bourbon Parme était la sœur de mon grand-père. Un ancêtre a été aussi empereur du Brésil. Vous imaginez, ils ont régné sur la plus grande partie de l'Europe au XIXe siècle, jusqu'au Brésil.”  

L'Allier est vraiment la région où je me retrouve, où je m'apaise, où je suis avec les animaux.

Prince Charles-Henri de Lobkowicz, héritier des Bourbons

Il fait également découvrir les lieux à des étudiants : “J'avais lié le Bourbonnais avec l'université de Columbia aux États-Unis et j'avais reçu, tous les ans, environ une quinzaine d'étudiants de l'université américaine pour un programme d'été avec leurs professeurs, pour travailler sur les églises médiévales. On a un nombre d'églises du XIIe siècle qui sont extraordinaires. D'ailleurs, je recommande à ceux qui lisent d'aller visiter les églises peintes du Bourbonnais. C'est extraordinaire. J'aime ces villages, j'aime ces vieilles églises, j'aime la vieille pierre qui vous parle, même les paysages me parlent.” En parallèle, le prince est également un homme très actif, qui voyage beaucoup : "Après avoir travaillé aux côtés de Caroline Scheufele, qui est la propriétaire de Chopard, j'ai travaillé pour LVMH et il y a quelques années, j'ai monté ma propre société de communication et de relations publiques, qui me demande de beaucoup voyager. L'Allier est vraiment la région où je me retrouve, où je m'apaise, où je suis avec les animaux. J'adore le patrimoine, mais ce que j'aime le plus, c'est la terre, les forêts. J'aime le paysage, j'aime cette région. J'y vais très souvent. C'est un endroit où je retrouve beaucoup les amis et les cousins. Pendant le COVID, j’y ai réuni tous les cousins qui n'avaient nulle part où aller."

Des trésors d'Histoire

S’il est parvenu à retrouver autant de membres de sa famille, c’est aussi grâce à ses propriétés, qui contenaient de nombreux trésors : "J'ai eu la chance de retrouver beaucoup d'archives sur le Bourbonnais. À l'époque, on était très procédurier, donc je sais exactement comment les choses ont évolué à travers les siècles. On a gardé beaucoup d'objets de la famille. Ce sont surtout des documents qui marquent de grands moments de l'Histoire. J'ai beaucoup de documents sur l'Impératrice Zita.  En pleine guerre de 14, mon grand-père et son frère retrouvent secrètement leur sœur, qui était Impératrice d'Autriche, donc cheffe d'État d'une nation ennemie à la France, pour essayer de la convaincre de faire la paix avec les alliés. L'Amérique avait donné son accord, l'Angleterre avait donné son accord, la France avait donné son accord, l'Italie avait donné son accord. Et au dernier moment, ces accords qui devaient rester secrets, ont été révélés par Clemenceau à la presse. Malheureusement, cette paix n'a pas pu se faire, mais on aurait sauvé plus d'un an de guerre et des milliers de morts.”  

Une passion pour l'Histoire

Charles-Henri de Lobkowicz le reconnaît, sa vie n’est pas de tout repos et il doit être très organisé pour concilier son investissement dans la préservation du patrimoine, sa vie personnelle et familiale et son travail :“Il faut être très organisé mais je pense vraiment que ma base, c'est le Bourbonnais, c'est là où je suis le mieux, c'est là où je peux me reposer. C'est là où je peux passer du temps pour moi. Dès que je suis en voyage ou au travail, je n'ai pas une seconde, mais dans l'Allier, j'ai du temps. Les amis ou les cousins peuvent venir, ils passent 4, 5 ou 6 jours. C'est ainsi qu'on devient extrêmement proches.” Il a trouvé son havre de paix dans l’Allier et une passion pour son histoire : “Si on aime notre pays, on aime son histoire. Si on aime son histoire, on aime ses racines. Toute l'Histoire est là, visible devant nous. C'est assez extraordinaire d'imaginer ces pièces où on vivait il y a 500 ans. L'Histoire, c'est nos racines communes. C'est comme un arbre, il faut des racines. L'Histoire nous explique qui on est, d'où on vient, pourquoi on est comme ça, pourquoi on réfléchit comme ça. Elle explique tout, le moderne et l'avenir. Si on s'intéresse à l'Homme, à l'humanité, on s'intéresse à son histoire.”  

Un havre de paix

Pour lui, l’Allier représente également un lien, un point d’ancrage qui unit sa très grande famille : "Mon arrière-grand-père s'est marié 2 fois après le décès de sa première épouse et il a eu 24 enfants. Certains sont restés très proches. Par exemple après la Première Guerre Mondiale, quand les Allemands envahissent le Luxembourg, où est-ce que la Grande Duchesse régnante du Luxembourg vient se réfugier quelques jours ? Dans l’Allier. Elle y retrouve l'impératrice Zita avec ses 8 enfants. Elles ne sont pas restées très longtemps parce qu'elles ont continué vers le Portugal mais le Bourbonnais a toujours fait le lien entre tous les cousins.” Le Bourbonnais reste également le point où il aime se reconnecter avec la nature : "Je monte à cheval et j'aime me promener. Je suis quelqu'un qui aime la forêt, il y en a beaucoup. L'Allier a ces paysages qui vont très loin, ces paysages doucement vallonnés qui sont très beaux. Quand je suis dans l’Allier, je fais un minimum de 2 heures de marche tous les jours. Je reste plutôt autour de Besson, où il y a un nombre de choses à faire et à voir qui est extraordinaire. Il y a un patrimoine exceptionnel. A Besson, il y a déjà 5 ou 6 châteaux.”  

Pour valoriser encore un peu plus le patrimoine immatériel de sa région de cœur et d’origine, Charles-Henri de Lobkowicz a obtenu il y a peu un diplôme en œnologie et viticulture à Beaune. Bientôt, il plantera sur ses terres le tressailler, cépage indigène du Bourbonnais qui, autrefois, donnait du vin servi à la table des rois. “C’est une variété à la fois du passé et de l’avenir, puisqu’elle est résistante au changement climatique”, se félicite-t-il. Les premières bouteilles devraient être dégustées d’ici 4 à 5 ans.

Retrouvez ce descendant des rois de France dans l'émission En vadrouille avec Loïc Ballet sur france.tv.

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