Municipales à Montluçon (Allier) : ce qu’il faut retenir du débat du second tour diffusé sur France 3 Auvergne

A Montluçon dans l’Allier, quatre listes se maintiennent pour le second tour des élections municipales du 28 juin. Sylvie Sartirano, Frédéric Laporte, Joseph Roudillon et Frédéric Kott ont débattu mercredi 24 juin sur le plateau de France 3 Auvergne.
Les candidats pour l’élection municipale à Montluçon sur le plateau de France 3 Auvergne : Frédéric Kott, Joseph Roudillon, Frédéric Laporte et Sylvie Sartirano.
Les candidats pour l’élection municipale à Montluçon sur le plateau de France 3 Auvergne : Frédéric Kott, Joseph Roudillon, Frédéric Laporte et Sylvie Sartirano. © P.O. Belle - FTV

A Montluçon dans l’Allier, il y avait 8 listes candidates lors du premier tour des élections municipales le 15 mars. Elles ne sont plus que 4 à pouvoir se maintenir le 28 juin, date choisie pour le second tour repoussé à cause de la crise sanitaire du coronavirus Covid 19.

Les 4 dernières listes n’avaient pas pu se maintenir pour le second tour :

Les tentatives de fusion entre les deux tours ayant été vaines, c’est donc 4 candidats qui ont débattu sur le plateau de France 3 Auvergne à quelques jours seulement du scrutin. Une situation qu’Emmanuel Moreau de France Bleu Pays d’Auvergne analyse ainsi : "Si en politique l’union fait la force, à Montluçon c’est désunion et divorce à droite comme à gauche… Les Montluçonnais ont un choix très large, peut-être même un peu trop".

Alors pourquoi n’y a-t-il pas eu de fusion interroge Fabien Gandilhon qui conduit ce débat ? "J’ai toujours dit que je revendiquais avoir fait partie de la majorité de Monsieur Dugléry pour son 2ème mandat qui était bon mais le 3ème mandat était manifestement le mandat de trop" répond Joseph Roudillon. La question est ensuite posée à Frédéric Laporte, y avait-il une possibilité de fusion ? "Manifestement non, je pense qu’un certain nombre d’électeurs le souhaitent toujours aujourd’hui donc je les invite à se rassembler derrière ceux qui voulaient une union".

Et de l’autre bord ? "On a bâti un programme pour les Montluçonnais. Je ne suis pas dans ces clivages et je n’ai pas envie de cliver, je suis là pour rassembler" indique Sylvie Sartirano. "Nous avons vécu un mandat l’un à côté de l’autre à la ville et à l’agglomération, à aucun moment les marqueurs politiques n’ont pu nous permettre d’envisager la moindre convergence" dit Frédéric Kott en conclusion de ce premier chapitre.

L’impact de la crise sanitaire sur les programmes

Entre les deux journées du scrutin, il se sera passé de 3 mois et demi. Le confinement puis le déconfinement ont profondément marqué la vie de chacun, les candidats ont-ils changé leurs programmes ?

"Notre programme a évolué notamment sur un projet majeur qui était la médiathèque" indique Frédéric Laporte. "On a eu une proposition d’une entreprise qui veut venir s’installer et il nous a semblé opportun de répondre favorablement puisque nous craignons que la crise économique qui va arriver dans quelques semaines ou dans quelques mois fasse beaucoup de dégâts. Ça fait partie des priorités qu’on a mises en avant par rapport à notre programme initial".

"A l’inverse du programme de Monsieur Laporte qui a été bouleversé par la crise sanitaire, je pense que cette crise sanitaire a confirmé la pertinence de nos propositions" répond Joseph Roudillon. "Dès le départ nous avons dit que nous voulions remettre l’humain au cœur, favoriser les circuits courts et les solidarités du quotidien".

Quant à Frédéric Kott, il dit craindre "que le monde d’après qu’on a tant mis en avant soit pire que le monde d’avant. Nous sommes complétement confortés dans nos propositions qui s’appuient sur l’amélioration de la qualité de vie de nos concitoyens, la possibilité de se soigner, la nécessité de répondre à l’urgence sociale et la nécessité de repenser la ville".

"Dans notre programme il y avait déjà les éléments de la solidarité, de l’économie rapprochée sur les entreprises locales et sur le développement durable. On va prioriser des actions, le monde d’avant va forcément être dans le monde d’après, c’est plus des points de programme qui vont être mis en lumière" dit Sylvie Sartirano.

Soutenir l’économie

Comme partout, le développement économique à Montluçon est un enjeu fort de cette campagne pour les municipales. Joseph Roudillon dans sa communication avait dressé un tableau assez noir, pourtant il déclare : "Nous avons à Montluçon des talents, un certain nombre d’atouts qu’il faut mettre en avant pour redresser tant qu’il est encore temps la situation. Il y avait le projet de médiathèque dont on a appris que les fonds allaient être dirigés vers l’économie, le terrain vers l’implantation d’une entreprise".

"Il faut être réactifs" répond Frédéric Laporte qui a géré le dossier pour la municipalité. "Le contact avec le groupe anglo-saxon via une entreprise montluçonnaise s’est concrétisé pendant le confinement et peu importe qu’on crée les emplois au mois de janvier 2020 ou en mai 2020. L’essentiel, c’est qu’il y ait une vraie opportunité pour l’économie à Montluçon. Notre projet économique se développe sur 5 axes : le réemploi des produits usagés, le tourisme, l’aide à la personne, les circuits courts et le numérique".

"Pour ma part on axera vraiment sur la consolidation des entreprises locales" dit Sylvie Sartirano. "Je crois que la crise nous a enseigné que l’on allait chercher bien loin ce que l’on a sous la main. On avait prévu pour soutenir cet emploi local un programme de réhabilitation des logements afin de baisser les charges des gens et le 3ème point, c’est les circuits courts, la production locale et l’alimentation en général".

Pour Frédéric Kott : "Montluçon est encore la seconde ville industrielle d’Auvergne, il faut conforter, encourager, accompagner le développement industriel, accompagner la mise aux normes environnementales de certaines entreprises locales avec l’aide des services de l’Etat. Il y a aussi les métiers de demain comme l’aide à la personne, le tourisme, la culture le commerce, le bio pour tous…". 

Améliorer le cadre de vie

Restait pour conclure ce débat à évoquer à travers les projets des candidats le cadre de vie qui impacte au quotidien la vie des habitants de la ville.

"C’est l’habitat, c’est le verdissement de la ville qui dans ses aménagements récents a souffert d’une minéralisation. J’ai dit qu’on était un peu dans une politique des années 80" explique Joseph Roudillon. "Ça passe par une mise en valeur du patrimoine, par le soutien des commerces de proximité. Il faut passer d’une politique de quartiers à une politique de la ville appréhendée dans sa globalité. Les villes moyennes, on était toujours à la traine des métropoles ; on a une vraie identité, de vrais faire-valoir".

Pour Sylvie Sartirano : "Pendant cette crise du Covid la nature a repris ses droits. Je pense qu’il faut qu’on réfléchisse à vivre autrement, à se déplacer autrement, à améliorer et apaiser notre centre-ville, qu’on ait plaisir à se déplacer dans Montluçon. Ça veut dire revoir le plan de circulation, aménager des pistes cyclables…".

"Ceux qui ont vécu le confinement dans un appartement mal isolé, de mauvaise qualité et sans espace vert à proximité, ça a été une double peine" estime Frédéric Kott. "Donc il faut corriger le plus rapidement possible. Nous avons beaucoup de friches industrielles dont les terrains sont pollués, il faut arrêter d’envisager des constructions sur ces sites, y planter des arbres permettra progressivement d’épurer le terrain. Et les pistes cyclables, ça fait consensus".

Enfin Frédéric Laporte indique que "Notre projet concerne tous les quartiers de la ville dans la continuité du programme « CMontluçon » qui se poursuivra, avec l’inversion des phases 3 et 4".

Vous pouvez visionner l'intégralité du débat ci-dessous : 

 

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