GM&S : PSA menace de revoir son soutien après le blocage du site de Sept-Fons dans l'Allier

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Écrit par AFP

PSA menace de revoir son soutien à l'équipementier GM&S, en liquidation judiciaire, après le blocage mercredi 5 juillet de son site de Sept-Fons, dans l'Allier,  par des salariés de son fournisseur, a affirmé un haut responsable du constructeur automobile.

"C'est la main tendue qui se retrouve agressée", a dénoncé le directeur des achats de PSA, Yannick Bézard, lors d'une conférence téléphonique, en soulignant que le groupe se pose "de sérieuses questions" quant à ses engagements vis-à-vis de GM&S.
"Depuis 05H30 ce matin, environ 150 salariés de GM&S bloquent un site PSA, le site de Sept-Fons qui comprend plus de 560 salariés (...) on considère en tant que client que c'est une agression", a expliqué M. Bézard.

"C'est une agression qui est de nature à la fois à bloquer des discussions qui sont toujours en cours et qui est de nature à remettre en cause la forme d'accompagnement qui est la nôtre dans le projet de reprise de GM&S La Souterraine par GMD", selon lui.
Selon un photographe de l'AFP sur place, quelques pneus et palettes ont été installés devant les grilles de l'entreprise à Sept-Fons pour empêcher les camions de sortir. Ils ont été retirés par des employés de l'entreprise, poussant des salariés à se coucher quelques instants en travers de la chaussée.
Un camion qui tentait de sortir a finalement renoncé. Les grilles de l'entreprise sont désormais fermées. Deux pneus et deux palettes ont été déposés devant.


Sept-Fons : un site stratégique pour PSA



L'usine de Sept-Fons, qui fabrique des blocs de moteurs diesel et des disques de freins, est "essentielle dans le dispositif industriel de PSA", a souligné M. Bézard, en expliquant que le blocage pourrait avoir des répercussions très rapides sur la production automobile du groupe qui travaille en flux tendu.

Le responsable a dit compter "sur les pouvoirs publics pour appliquer la loi républicaine" sur la libre circulation des biens et des personnes.
M. Bézard a rappelé que PSA, dont les commandes représentent la moitié du chiffre d'affaires de l'équipementier, s'était engagé à accompagner la reprise de GM&S par la société GMD, via des commandes annuelles passant de 10 à 12 millions d'euros pendant trois ans et 4 millions d'investissements pour la fabrication de pièces, soit 40 millions d'euros d'ici à 2020.




Entre 2013 et 2020, PSA aura contribué à hauteur de plus de 100 millions d'euros à GM&S, ce qui fait de l'entreprise "de très loin (...) celui qui accompagne le plus, historiquement, le site" de l'équipementier, selon lui.
"Si à vouloir accompagner la reprise d'un site on se retrouve puni, agressé, attaqué, on se pose de sérieuses questions (sur le fait) de maintenir ou non l'engagement qu'on a pris", a prévenu M. Bézard.

Mardi, Bercy avait dit attendre de PSA "les dernières précisions" sur le montant de son investissement. Fin juin, Renault s'est engagé à investir 5 millions d'euros dans la rénovation de l'outil de production et à faire passer ses commandes annuelles de 5 à 10 millions d'euros. GM&S Industry, basé à La Souterraine (Creuse), a été placé le 30 juin en liquidation judiciaire, avec seulement trois semaines pour améliorer la seule offre de reprise déposée, par GMD qui propose de sauver 120 emplois sur 277.