Vaccination des enseignants : "Si on veut qu’il y ait des effets, il faut vacciner très vite" martèle le maire de Vichy

Fin mars, le département de l’Allier est le plus touché d’Auvergne par les fermetures de classes en raison de l’épidémie de COVID. Pour le maire de Vichy, les personnels qui côtoient les enfants dans les écoles, les crèches et les centres de loisir doivent être vaccinés sans délai.

Fin mars, plusieurs classes d'établissements scolaires de l'Allier sont fermées en raison de l'épidémie de COVID 19.
Fin mars, plusieurs classes d'établissements scolaires de l'Allier sont fermées en raison de l'épidémie de COVID 19. © Guillaume BONNEFONT / MAXPPP

Vendredi 19 mars, lors de son rapport hebdomadaire sur le COVID 19 dans les établissements, le rectorat de Clermont-Ferrand a indiqué que 13 classes étaient fermées dont une école dans l’Allier. Ce département est le plus touché d’Auvergne par ces fermetures de classes. D’après le site Covid Tracker, le taux d’incidence pour la semaine du 14 au 20 mars est de 149 pour 100 000 pour les 0-9 ans et de 324 pour 100 000 pour les 10-19 ans. Les 10-19 ans affichent le taux d’incidence le plus élevé par classe d’âge dans l’Allier.

Il y a une urgence

Avec de tels résultats, Frédéric Aguilera, maire (LR) de Vichy, préconise de vacciner rapidement les personnels qui côtoient les enfants. Il l'a exprimé dans un tweet : "Avec l’explosion du Covid dans les écoles, il faut enclencher dès aujourd’hui la vaccination des personnes qui interviennent dans nos écoles mais aussi dans l’ensemble des structures qui accueillent des enfants (crèches, centres de loisirs...) il y a URGENCE !!!".

Joint au téléphone, il explique : « Il faut vacciner tous les personnels qui travaillent dans les crèches, écoles, centres de loisir. Il y a une urgence. La tranche d’âge qui explose depuis 15 jours dans l’Allier est celle des 0-9 ans et des 10-19 ans. C’est spectaculaire. Ca progresse aussi évidemment chez les parents. Il faut qu’on protège nos personnels si on veut empêcher le développement de clusters dans les écoles, les crèches. On sait d’après les dernières études que la vaccination évite la progression de la contamination. Je ne dis pas que ce sont les adultes qui contaminent les enfants mais pour autant, si on divise par 2 le nombre de facteurs de contamination et qu’on protège les adultes, cela limitera la propagation dans les écoles ».

On demande que les enseignants soient considérés comme un public prioritaire

Du côté des syndicats d’enseignants, on estime que les personnels de l’Education nationale devraient être vaccinés en priorité. Elena Blond, cosecrétaire CGT Educ’action de l’Allier, indique : « On pense que la vaccination ne doit pas revêtir un caractère obligatoire mais pour autant, on ne peut pas dire qu’on est contre la vaccination. Chacun prend ses responsabilités individuellement. On demande prioritairement des tests généralisés dans les établissements scolaires et que les personnels de l’Education nationale, comme l’avait dit Jean-Michel Blanquer, soient parmi les personnels prioritaires pour pouvoir être vaccinés. Il faut qu’on permette aux enseignants, aux personnels de l’Education nationale, d’une manière générale, aux adultes comme les ATSEM, d’être vaccinés en priorité s’ils le souhaitent. Après on est dans la même configuration que les soignants, il ne doit pas y avoir de caractère obligatoire ». Un avis que partage Juliette Grand, secrétaire départementale SNES-FSU de l’Allier. Elle souligne : « Cela fait un moment que l’on demande que les enseignants soient considérés comme un public prioritaire pour la vaccination. Nous sommes au contact des élèves tous les jours, sans masque pour les enseignants de maternelle. On peut considérer que nous faisons partie des personnels qui sont en deuxième ligne par rapport ce virus. Il faut voir au cas par cas. Chacun a son avis. Les enseignants sont représentatifs de la population française. Certains veulent être vaccinés au plus vite, d’autres sont plus réticents ».

Mi ou fin avril c’est trop tard

En déplacement à Valenciennes pour rencontrer des professionnels mobilisés dans la campagne de vaccination, mardi 23 mars, Emmanuel Macron a annoncé envisager « une campagne dédiée » à partir de la mi-fin avril : « On sera là dans une situation qui nous permettra d'envisager des campagnes ciblées sur des professions qui sont exposées, à qui on demande des efforts, les enseignants en feront légitimement partie ». Une date qui arrive trop tard selon Frédéric Aguilera : « Si on veut qu’il y ait des effets, il faut vacciner très vite. Il faut commencer dès maintenant. Le président de la République annonce une date du 15 avril pour les enseignants. C’est trop tard. Il faut ouvrir les vannes très vite ». Même son de cloche pour Juliette Grand, secrétaire départementale SNES-FSU de l’Allier : « Mi ou fin avril c’est trop tard. On attend des réponses concrètes sur  cette vaccination, avec un calendrier précis. Ce n’est pas la première fois qu’on nous annonce des choses, comme les tests, et qu’on les voir venir avec beaucoup de retard. La vaccination permettrait de réduire les contaminations et simplifierait les protocoles dans les écoles ».

Des contaminations qui progressent

Les deux membres d’organisations syndicales ont aussi constaté une augmentation des contaminations dans les établissements scolaires de l’Allier. « On nous dit que le taux d’incidence dans l’Allier est faible par rapport à la moyenne régionale et à la moyenne nationale. Mais on constate de nombreuses fermetures de classes. En maternelle, le protocole a changé depuis la rentrée des vacances de février : un cas dans une classe oblige à la fermeture de la classe. Nous n’avions pas cela avant les vacances de février. Cela peut expliquer une montée des fermetures de classes. Des études ont montré que les écoles sont des foyers de contamination et avec le variant anglais, les contaminations se répandent plus facilement » précise Elena Blond, cosecrétaire CGT Educ’action de l’Allier. Juliette Grand, secrétaire départementale SNES-FSU de l’Allier, ajoute : « Ces fermetures sont liées à l’augmentation générale du nombre de cas dans l’Allier, même si on reste en-dessous de la moyenne nationale. Le variant anglais devient majoritaire et on sait qu’il touche plus les enfants. Cette situation est aussi liée aux campagnes de tests salivaires qui ont pour conséquence de détecter davantage de cas ». Les derniers chiffres de l’Education nationale, diffusés vendredi 19 mars, faisaient état de 0,16 % de tests positifs parmi les enseignants.

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