Annecy : Une jeune militante d'Extinction Rebellion menacée d'expulsion, en appel au tribunal administratif de Grenoble

La jeune militante de nationalité belge, vit à Annecy chez ses parents depuis l'âge d'un an. Interpellée dans l'Essonne en octobre 2020 pour avoir participé à une action d'Extinction Rebellion, elle a reçu à l'issue de sa garde à vue... une obligation de quitter le territoire sous 48 h

La jeune militante entourée de militants ce vendredi 5 mars, venus la soutenir à l'audience du tribunal administratif de Grenoble
La jeune militante entourée de militants ce vendredi 5 mars, venus la soutenir à l'audience du tribunal administratif de Grenoble © Quentin Duval France 3 Alpes

Les faits remontent au 19 octobre 2020, dans l'Essonne, lors d'une action d'Extinction Rebellion contre la construction d'une ligne de métro sur le plateau de Saclay. 

Ce jour-là, 14 militants sont interpellés et placés en garde-à-vue. Parmi eux , Ingrid De Maerschalck. C'est la plus jeune du groupe. De nationalité belge, domiciliée à Annecy chez ses parents, elle a toujours vécu en France et doit cette année passer son baccalauréat, en candidate libre.

Or à l'issue de sa garde à vue dans l'Essonne, la jeune militante a reçu une obligation de quitter le territoire sous 48 heures "pour trouble à l'ordre public et menace contre la société française".

" J'ai été choquée, et sans filet de soutien, je me serais retrouvée dans une situation administrative extrêmement précaire et dangereuse" déclare-t-elle aux portes du Tribunal administratif de Grenoble.

Plusieurs dizaines de militants du mouvement sont venus ce matin l'encourager avant l'audience et elle se sent confiante: "je ne suis pas toute seule, le mouvement m'a aussitôt mise en contact avec un avocat, j'ai beaucoup échangé avec lui, et je suis aujourd'hui surtout en colère, car la décision de la préfecture de l'Essone est illégale, et on ne peut pas me reprocher d'avoir gardé le silence pendant ma garde à vue, cela fait partie des droits de la défense" enrage-t-elle.

A la sortie de l'audience, à laquelle aucun représentant de la préfecture n'a assisté, son avocat Maître Basile Oudet affiche lui aussi une certaine confiance, et dénonce "une volonté présumée d'intimidation et une stratégie vis-à-vis des militants du mouvement qui interroge(...) de la part d'une administration qui semble vouloir interférer dans une affaire judiciaire. Nous n'avons dans ce dossier aucun argument valable" estime-il.

Le tribunal rendra sa décision d'ici 15 jours.

Reportage France 3 Alpes : Quentin Duval, Gilles Ragris & Gilles Neyret

 

 

 

 

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