Chambéry : des militants d'Extinction Rebellion et d'Attac bloquent l'aéroport pour réclamer sa fermeture

Des militants d'Attac, d'Extinction Rebellion et des Amis de la Terre bloquant l'aéroport de Chambéry le samedi 15 février 2020. / © Jean-Christophe Pain / France 3 Alpes
Des militants d'Attac, d'Extinction Rebellion et des Amis de la Terre bloquant l'aéroport de Chambéry le samedi 15 février 2020. / © Jean-Christophe Pain / France 3 Alpes

Environ 80 militants d'Extinction Rebellion, d'Attac et des Amis de la Terre, ont réalisé une opération de blocage de l'aéroport de Chambéry ce samedi 15 février. Pour eux, l'aéroport représente un désastre écologique et un gaspillage d'argent public. 

Par Thomas Hermans avec Jean-Christophe Pain

"Le samedi, c'est le seul jour où le trafic est conséquent, donc on peut toucher plus de monde." 80 militants écologistes et altermondialistes d'Extinction Rebellion, d'Attac et des Amis de la Terre en Savoie ont bien choisi leur journée pour bloquer l'aéroport de Chambéry. Dès ce matin, ils se sont rassemblés sur place pour une "action collective non-violente", visant à remettre en cause la gestion, voire l'existence même, de l'aéroport.
 

"Notre objectif, c'est de bloquer l'entrée principale pour les piétons, et de pénétrer sur la piste", détaillait vers 11h Manu, le porte-parole d'Extinction Rebellion en Savoie. Pour ce faire, les militants se sont divisés en quatre ou cinq groupes prenant des chemins différents, "pour maximiser les chances de réussite".
 
Les militants "enchaînés" devant le portail de l'aéroport de Chambéry. / © Jean-Christophe Pain / France 3 Alpes
Les militants "enchaînés" devant le portail de l'aéroport de Chambéry. / © Jean-Christophe Pain / France 3 Alpes

Au niveau du portail principal, de nombreux militants se sont rassemblés pour un sit-in et ont déployé des banderoles dans une ambiance bon enfant. "Et un, et deux, et trois degrés, c'est un crime contre l'humanité", chantaient-ils en anglais pour toucher les touristes internationaux peu inquiets qui marchaient à quelques mètres de là.

Certains militants ont ensuite formé une chaîne en travers du portail, se liant les bras avec des tuyaux. 
 

Ecologie et argent public


Pour Manu, le porte-parole d'Extinction Rebellion Savoie, "cet aéroport n'est pas qu'un symbole, il représente tout ce qu'il ne faut plus faire".

Premier grief, la gestion de l'infrastructure par Vinci : "le département finance une grande partie des frais de fonctionnement, explique le porte-parole. Mais la politique de Vinci, c'est d'entretenir a minima les infrastructures pour maximiser les gains sur le fonctionnement". Pour résumer, "les impôts des Savoyards partent directement à des actionnaires". Vinci n'est en effet que délégataire, et la Savoie reste propriétaire de l'aéroport. 
 

Le deuxième point de crispation est l'environnement. Et pour Manu, le modèle de tourisme savoyard, fondé sur la neige, n'est pas viable pour la planète : "Ce que le ski représente, c'est du bétonnage à outrance, des gaz à effet de serre à n'en plus finir et une consommation d'eau monstrueuse pour faire de la neige artificielle." Alors un aéroport destiné à approvisionner les stations de ski en touristes ça ne passe pas pour les trois organismes. 
 
Un tract distribué par Les Amis de la Terre, Extinction Rebellion et Attac à l'aéroport de Chambéry ce 15 février 2020. / © Jean-Christophe Pain / France 3 Alpes
Un tract distribué par Les Amis de la Terre, Extinction Rebellion et Attac à l'aéroport de Chambéry ce 15 février 2020. / © Jean-Christophe Pain / France 3 Alpes

D'autant que "l'avion envoie entre 14 et 40 fois plus de CO2 dans l'atmosphère que le train par voyageur au kilomètre". Les solutions proposées sur les tracts distribués ce matin : "la nationalisation de toutes les infrastructures aéroportuaires" et "la suppression des aides publiques au transport aérien". Et la fermeture de l'aéroport en 2029, à la fin de la concession accordée à Vinci.

Arrivés tôt sur place, les gendarmes ont évacué une partie des activistes qui bloquaient le chemin de terre utilisé par l'aéroport pour faire circuler des touristes. Une quarantaine de CRS sont arrivés pour compléter les effectifs déjà sur place. Le sit-in pacifique a pris fin lorsque les forces de l'ordre ont aspergé les manifestants de gaz lacrymogène. Le rassemblement s'est dispersé peu après 14h30.
 

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