Ardèche : un entraîneur de football visé par une enquête préliminaire pour "agression sexuelle sur mineurs"

Un ancien entraîneur de Clairefontaine est soupçonné d'avoir eu des attitudes jugées inappropriées avec de jeunes footballeurs en 2012. Renvoyé par la FFF, il a exercé depuis auprès de jeunes joueurs dans la Drôme et en Ardèche. Joint par téléphone il dément ces accusations. 
© Westend61/Maxppp
Un éducateur du club ardéchois Rhône Vallées et ancien entraîneur de l’Institut National de Football de Clairefontaine est visé par une enquête préliminaire pour "agression sexuelle sur mineur" d'après nos confrères de l'Equipe et du New York Times. 
Les faits remonteraient  à 2012. L'homme, d'une quarantaine d'années est soupçonné d'avoir eu des attitudes jugées "inappropriées" avec un jeune de 13 ans à qui il aurait notamment envoyé des SMS douteux. Dans ces messages, ce dernier lui aurait déclaré à plusieurs reprises qu'il l'aimait. 

"L’homme en question, n’a fait l’objet d’aucune plainte officielle pour abus sexuel ou contact physique inapproprié avec un enfant. Mais le fait qu’il ait pu continuer à travailler avec de jeunes athlètes, malgré des signaux d’alerte, soulève de nouvelles questions sur l’incapacité, ou la réticence, des organisations sportives à mener des enquêtes sérieuses sur l’attitude d’adultes responsables de la garde d’enfants" soulignent les journalistes auteurs de l'enquête, Tariq Panja et Romain Molina. 

Entraîneur en Ardèche et dans la Drôme, il se défend de toute accusation 


Depuis juillet 2018, l'éducateur travaillait dans le club ardéchois de La Voulte, Rhône Vallées, avec des jeunes de 14 à 15 ans. "On a envie de préserver la présomption d'innocence et surtout de préserver nos gamins" explique le président du club, Yves Jacquier. Il précise que "cette personne n'est plus au contact de jeunes gens et qu'il faut laisser la justice faire son travail."

Joint par téléphone, l'entraîneur visé par ces accusations dit "avoir le sentiment d'être un fusible dans cette affaire. On se sert de moi pour détourner des faits plus graves et qui risquent de sortir au sein de la Fédération Française de Football", affirme-t-il.  "Je suis dépité, je n'ai pas les mots c'est une injustice majeure" se défend-t-il. 
Décrit comme un entraîneur exigeant et très professionnel il était apprécié des familles et Yves Jacquier, le président du club Rhône Vallées, se veut rassurant sur les jeunes de son club qui n'ont rien fait remonter. "On ne l'a jamais vu seul avec un gamin ni avoir un regard déplacé, mais on va être très à l'écoute des jeunes avec les éducateurs. " 

L'entraîneur après avoir été écarté de Clairefontaine a travaillé à Valence, où d'après certains témoignages il aurait éveillé des soupçons en demandant aux jeunes de passer à la pesée sans sous-vêtements. Il avait finalement été licencié pour faute grave après avoir "mis de jeunes joueurs du club sur un réseau de faux agents" a déclaré le manager général de l'Olympique de Valence, Malik Vivant, dans un article du Dauphiné Libéré.

"Des marques de tendresse mal interprétées" 


L'ancien coach de Clairefontaine, centre d'entraînement des écoles de l'équipe de France, clame son innocence. "Les SMS envoyés il y a 10 ans étaient des marques de tendresse mal interprétées d'un éducateur destinées à un jeune isolé. Pour les pesées à Valence, je ne comprends pas, car tout était transparent. Ça avait toujours lieu en présence d'autres adultes. Les parents savaient que les poils pubiens des jeunes étaient des indicateurs  pour évaluer leur degré de croissance et leur capacité à l'effort sur le terrain. Je ne vois pas ce qu'on me reproche", conclut-il en affirmant qu'il n'a reçu aucune convocation et ignore faire l'objet d'une enquête. 

D'après les nombreux témoignages recueillis par Tariq Panja et Romain Molina, auteurs de l'article qui a rendu cette affaire publique,"plusieurs personnes présentes à l’époque mettent en doute la rigueur de l’enquête de la FFF, dont certains des coéquipiers du garçon, sa mère ainsi que d’anciens hauts dirigeants de Clairefontaine, dont le directeur du centre de formation, qui déclare n’avoir jamais été interrogé sur ce qu’il savait."

Florence Hardouin, directrice générale de la FFF a répondu par écrit au New York Times qu'“aucun élément n’était de nature à justifier une dénonciation de la Fédération aux autorités judiciaires, les faits mentionnés ne pouvant caractériser une infraction pénale”. 

Dix ans après les faits reprochés, cette affaire pose à nouveau la question de la protection de l'enfance dans les milieux très compétitifs comme le sport ou le monde artistique. A ce stade de l'enquête, la procureure de la République de Privas n'a pas souhaité faire de commentaire.

 
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