A Aubenas (Ardèche), la vaccination ralentit mais s'ouvre désormais aux adolescents, selon certaines règles

De plus en plus de créneaux de vaccination sont disponibles. Parfois à toutes les heures, dès le lendemain... c'est le cas à Aubenas en Ardèche, où l'on relève un fléchissement pour ce qui est des premières vaccinations. A leur tour, ici comme ailleurs, les adolescents vont pouvoir en profiter.

A Aubenas, on note que le rythme de la vaccination marque le pas. Moins de monde dans ce centre depuis quelques jours. Un "plafond de verre" de l'acceptation du vaccin serait peut-être atteint
A Aubenas, on note que le rythme de la vaccination marque le pas. Moins de monde dans ce centre depuis quelques jours. Un "plafond de verre" de l'acceptation du vaccin serait peut-être atteint © Marie Redortier

La barre des 30 millions de Français ayant reçu au moins une dose de vaccin contre le Covid-19 a été franchie samedi 12 juin, a annoncé le Premier ministre Jean Castex. Cet objectif était annoncé pour ce mardi 15 juin. 

Sur le terrain, de plus en plus de créneaux de vaccination sont disponibles. Parfois à toutes les heures, dès le lendemain... C'est le cas à Aubenas en Ardèche, où l'on relève un fléchissement de l'affluence pour les premières vaccinations. Un phénomène en partie compensée par le retour des seniors qui, eux, ont déjà reçu leur première dose.

Au centre de vaccination du gymnase Roqua, notre équipe a pu le constater : on est loin des immenses files d'attente des premiers week-end. La mécanique est bien réglée et la plupart des personnes présentes la connaissent déjà.

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A Aubenas, moins de monde dans le centre de vaccination

Pas de bousculade... Et pour cause : le planning n'est pas chargé. Sur internet, les créneaux disponibles pour le lendemain, et même les jours qui suivent, sont très nombreux. Ces derniers jours à Aubenas, les premières vaccinations ne représentent qu'un peu plus d'un quart des rendez-vous.

"La semaine dernière c'était une période un peu plus calme", témoigne Anne-Marie Radal, infirmière d'accueil "Nous étions à peu près entre 350 et 450 candidats. Alors que nous sommes montés parfois le mois dernier à 680 par jour."
"La semaine dernière c'était une période un peu plus calme", témoigne Anne-Marie Radal, infirmière d'accueil "Nous étions à peu près entre 350 et 450 candidats. Alors que nous sommes montés parfois le mois dernier à 680 par jour." © Marie Redortier

Aujourd'hui en Ardèche un peu plus de la moitié de la population adulte est vaccinée. Parmi les hypothèses avancées pour expliquer ce ralentissement de la vaccination : l'approche des vacances. Mais pas seulement : le niveau "d'acceptation" du vaccin aurait peut-être atteint un plafond de verre.

"D'autres doses vont arriver. Il faut en profiter maintenant pour arrêter l'épidémie" commente Jean-Luc Teyssier médecin, qui ajoute "Si on se vaccine, on n'est pas sûrs de l'arrêter. Mais on ne se vaccine pas, on est sûr qu'elle ne s'arrêtera pas."
"D'autres doses vont arriver. Il faut en profiter maintenant pour arrêter l'épidémie" commente Jean-Luc Teyssier médecin, qui ajoute "Si on se vaccine, on n'est pas sûrs de l'arrêter. Mais on ne se vaccine pas, on est sûr qu'elle ne s'arrêtera pas." © Marie Redortier

Place aux jeunes

Et parmi les nouveaux primo-vaccinés, il y a surtout des jeunes. Par exemple, Ana, qui s'en félicite "Je trouve cela bien de faire le vaccin. Même si je suis jeune et que j'ai peu de risques. Je travaille avec des personnes malades donc c'est important pour moi... et pour eux." 

Cela tombe bien : la vaccination s'ouvre aux adolescents à compter de ce mardi 15 juin. Les conditions sont clairement établies : uniquement en centre, avec l'autorisation des deux parents et le consentement du mineur. Avec, comme principal enjeu, l'augmentation de la couverture vaccinale pour limiter au maximum la circulation du virus.

Pour qui et où ?

La vaccination sera ouverte à tous les enfants de 12 ans et plus à partir de mardi, soit potentiellement plus de 3 millions et demi de personnes. Avec une exception: les adolescents ayant développé un syndrome inflammatoire multi-systémique pédiatrique (PIMS) à la suite d'une infection par le SARS-CoV-2, pour lesquels la vaccination n'est pas recommandée.

Si le rythme se ralentit, on constate de plus en plus de jeunes se présentent dans ce centre de vaccination, à Aubenas. Ca tombe bien : la vaccination s'ouvre aux adolescents
Si le rythme se ralentit, on constate de plus en plus de jeunes se présentent dans ce centre de vaccination, à Aubenas. Ca tombe bien : la vaccination s'ouvre aux adolescents © Marie Redortier

Jusqu'ici, les jeunes de 16 et 17 ans pouvaient être vaccinés dans deux cas de figure: s'ils souffraient d'une pathologie à très haut risque de forme grave de Covid-19 ou s'il s'agissait de proches de personnes immunodéprimées. La vaccination des adolescents ne sera possible qu'en centre avec le vaccin PfizerBioNTech, le seul à ce jour à disposer d'une autorisation de mise sur le marché pour cette tranche d'âge.

Moderna, qui a fait une demande la semaine dernière, attend la réponse de l'Union européenne.

Autorisation parentale nécessaire 

La vaccination des mineurs nécessite l'autorisation des deux titulaires de l'autorité parentale mais la présence d'un seul sera requise lors de l'injection. Un formulaire d'autorisation parentale, disponible en ligne devra être rempli et signé avant la vaccination. L'administration du vaccin n'en restera pas moins conditionnée au consentement oral du mineur concerné.

Un risque individuel faible

Les décès du Covid-19 sont exceptionnels chez les adolescents: le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, ECDC, a comptabilisé 98 décès sur 1,1 million de cas chez les 10-19 ans. Le risque de forme grave nécessitant une hospitalisation est lui aussi très faible (0,9% selon l'ECDC).

Mais si le rapport bénéfice/risque à se faire vacciner reste moins évident pour cette tranche d'âge que pour le reste de la population, des spécialistes mettent en avant un bénéfice individuel indirect: vaccinés, les adolescents pourront plus rapidement reprendre une vie plus normale, eux qui ont été durement affectés par les restrictions successives (confinements, réduction des interactions sociales, fermeture des établissements scolaires ou enseignement à distance...).

La vaccination des adolescents pourra contribuer au retour à un fonctionnement habituel des écoles, collèges et lycées, et limiter les risques pour les personnels et les élèves fragiles.

L'enjeu de l'immunité collective

Vacciner les 12-17 ans permettra surtout d'immuniser une plus grande part de la population et ainsi mieux lutter contre la circulation du virus. Si leur santé est peu à risque, les adolescents ne sont pas à l'abri d'une infection et peuvent alors participer à la transmission du virus. Leur immunisation contribue donc à freiner l'épidémie.

Phénomène bien connu dans les maladies infectieuses, l'immunité collective signifie qu'au-dessus d'un certain seuil de personnes vaccinées, les virus ne rencontrent plus suffisamment de personnes à infecter, ce qui les empêche de se répliquer et de continuer à circuler.

Si on ne vaccine pas les mineurs, il faudrait vacciner plus de 90% des adultes pour parvenir à une telle couverture, un chiffre ambitieux au vu des réticences d'une partie de la population.


 

 

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