Les châtaignes d'Ardèche en mal de distribution avec la crise Covid

Alors que la production de châtaignes est très correcte cette année, le Covid-19 vient perturber la filière castanéicole. Le confinement compromet la tenue des foires et des marchés de Noël, traditionnellement dévolus à la commercialisation de ce fruit de novembre et décembre.
 

Christophe Eymar dans sa châtaigneraie de Saint-Bartélémy-de-Grozon
Christophe Eymar dans sa châtaigneraie de Saint-Bartélémy-de-Grozon © Nicolas Ferro/France 3 Rhône-Alpes
La filière économique de la Châtaigne d'Ardèche s'inquiète de la commercialisation de son produit. L'état sanitaire du fruit est pourtant excellent cette année mais en raison du Covid-19, les ventes ne démarrent pas. 

Dans les châtaigneraies ardéchoises

A Saint-Bartélémy de Grozon, près de Lamastre dans le nord Ardèche, Christophe Eymar du GAEC la Châtaigneraie termine de ramasser ses fruits. La récolte prend fin la semaine prochaine, et le castanéiculteur s’inquiète déjà de l’écoulement de son stock.

Pour une année normale, Christophe Eymar produit environ 12 à 15 tonnes de châtaignes, des variétés locales AOP.  Sa production se retrouve principalement sur les foires et les marchés de Noël des grandes villes. Le Gaec en est même une institution ! Ses châtaignes sont présentes depuis 22 ans sur le marché de Saint-Etienne, et depuis quinze ans sur celui de Lyon.

Mais en raison de la crise sanitaire actuelle, les foires et les marchés de Noël sont compromis. Les ventes ne décollent pas, ce qui inquiète fortement le producteur : «Nous, on est un petit peu la maison du bonheur, on vend du plaisir sur les marchés de Noël en grillant des châtaignes. Les gens sont là, ça nous rappelle notre enfance, c’est un peu du plaisir que de les consommer ces châtaignes mais cette année, le bonheur et le plaisir n’y sont pas !»

Le Gaec la Châtaigneraie essaye de trouver de nouveaux débouchés. Il se tourne vers les grossistes, mais là encore le marché de frais reste pour l’instant très morose.

Un appel à la solidarité des grandes surfaces

A la cave coopérative de Saint-Sernin dans le sud Ardèche, la problématique est la même. Dans les frigos, les stocks se remplissent mais ne s’écoulent pas. La cave a déjà fait rentrer dans ses frigos la Garinche, et s’apprête dès la semaine prochaine à recevoir la Bouche rouge et la Comballe. Des variétés traditionnelles AOP qui se retrouvent principalement dans les fêtes foraines et les castagnades d’automne. «C’est un calibre moyen qui permet d’avoir tous les arômes, tous les sucs de ce fruit et quand on en fait une rôtie. On a toutes les saveurs qui remontent, contrairement à un gros fruit plus compliqué à faire cuire» nous raconte le directeur de la cave Stéphane Allix.

Mais en raison du contexte sanitaire actuel, les fêtes foraines et les castagnades ont été réduites à leur portion congrue. Alors la cave coopérative s’inquiète du volume qu’elle va devoir traiter. Elle travaille avec 300 producteurs locaux et commercialise autours de 400 tonnes de châtaignes.

Le comité interprofessionnel de la Châtaigne d'Ardèche en appelle donc à la grande distribution, qui favorise plutôt les gros calibres correspondant aux variétés hybrides de France ou d’Europe. «On ne peut pas faire commerce à cause du Covid, mais ces produits peuvent faire le bonheur des consommateurs. Donc, serrons-nous les coudes, et faisons en sorte que ce fruit ne parte pas en transformation pour de la farine ou des sous-produits. Il mérite une consommation» précise Stéphane Allix, le directeur de la cave coopérative.

Après trois années difficiles liées au Cynips et à la sècheresse, la châtaigne d’Ardèche se heure cette fois-ci au Covid-19. C’est un nouveau coup dur qui fragilise, encore un peu plus, la filière de la châtaigne d’Ardèche, cette variété traditionnelle AOP reconnue pour ses propriétés gustatives.

 
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