Coronavirus et Ardèche : face à une hausse alarmante de bénéficiaires, le Secours Populaire lance un appel aux dons

Les comptes sont dans le rouge au Secours Populaire de l'Ardèche. Sa trésorerie est au plus bas alors que le nombre d'usagers n'a jamais été aussi élevé (+40 %) suite à la crise sociale post Coronavirus. "La situation risque de s'aggraver encore" l'association en appelle aux dons. 

Une distribution alimentaire au Teil (Ardèche) durant le confinement au Coronavirus
Une distribution alimentaire au Teil (Ardèche) durant le confinement au Coronavirus © Secours Populaire du Teil
Sur les 9 comités que comptent le Secours Populaire de l'Ardèche, l'ardoise s'élève à plus de 120 000 euros. Si la distribution alimentaire a pu s'effectuer durant les deux mois du confinement, les boutiques et les recycleries qui faisaient rentrer de l'argent dans les caisses des associations étaient belle et bien fermées. 

Un appel aux dons est lancé sur une cagnotte en ligne afin de combler les pertes et reconstituer les stocks alimentaires.
 

On recherche des financements tout azimut. On vient d'obtenir une rallonge de la dotation européenne mais on interpelle aussi les services de l'Etat, la préfecture. On va pouvoir compter sur le plan Covid-19 du département qui prévoit de multiplier par 3 sa subvention et aussi sur les 30 000 euros donnés hier par la région. Mais répartie sur les 12 fédérations que comptent Auvergne-Rhône-Alpes, cela ne fait plus que 2 500 euros pour l'Ardèche ! déclare Claude Esclène, Secrétaire Général de la Fédération du Secours Populaire de l'Ardèche.

 

Au Secours Populaire du Teil, c'est pareil

La situation n'échappe pas à la règle. L'association a un "trou"de 5 000 euros correspondant à ses charges (loyer, entretien des fourgonnettes, salaire des deux salariés) et en même temps, elle enregistre une hausse de plus de 50 % de ses bénéficiaires. Vous pouvez suivre leur quotidien sur leur page facebook.

"On accueille en ce moment une centaine de familles alors qu'on était sur une soixantaine avant le confinement. Ici, au Teil, avec le séisme du 11 novembre, c'est comme on dit la double peine. Les logements en location étant plus rare, les loyers ont augmenté et les familles n'y arrivent plus..."  raconte Michel Méjean, bénévole-responsable de l'antenne du Teil pendant 10 ans.

Ces nouveaux usagers sont pour la plupart des intérimaires, des CDD qui ont perdu leur contrat avec le Coronavirus. Souvent ce sont des personnes seules, jeunes ou âgées ou des familles monoparentales avec des enfants.

"Les enfants étaient inscrits pour la plupart à la cantine mais comme il y en a plus, çà fait plus de bouches à nourrir. Ce que l'on craint c'est l'arrivée d'autres personnes avec la faillite annoncée des entreprises et des commerces, la situation risque de s'aggraver encore..." s'inquiète Michel Méjean.


Une réflexion à mener sur le long terme

Le Secours Populaire de l'Ardèche en appelle à la générosité des particuliers pour des dons financiers afin de racheter en priorité des denrées alimentaires. C'est une situation d'urgence car les stocks diminuent à vue d'oeil. La fréquence des distributions a également changé. Depuis le début du confinement, elle s'organise de manière hebdomadaire alors qu'elle s'échelonnait auparavant sur des périodes de quinze jours voire trois semaines.

Autre fait nouveau, l'association fait également appel aux jeunes gens pour devenir bénévoles et aider à la distribution. En effet, les retraités restent pour le moment encore confinés chez eux. Des contrats existent avec la Région et le Département pour développer le bénévolat chez jeunes. Par exemple, le Pass Région octroie 1000 euros pour passer le permis de conduire contre 150 heures de bénévolat.

Les événements type braderies ou brocantes que l'association organise sont pour le moment toujours interdits. Cette crise du Coronavirus pousse les responsables des Fédérations à repenser leur fonctionnement sur le long terme.

"La situation est tendue et en même temps paradoxale. Nous ne devons pas accepter les dons de matériels type mobilier, vêtement car nos boutiques sont pleines et commencent à peine à rouvrir. Nous ne pouvons pas organiser ces opérations événementielles ou la distanciation physique serait difficile à respecter. Il faut être responsable et en même temps nous devons réfléchir à un après Covid ". Claude Esclène, Secrétaire Général de la Fédération du Secours Populaire de l'Ardèche.

 
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