Coronavirus-covid 19: un restaurateur à Vaudevant (Ardèche) demande la reconnaissance de l'état de catastrophe sanitaire

Cédric Revol co-gère La Récré, un restaurant installé à Vaudevant, en Ardèche, est très en colère. Dans un courrier adressé au président de la République, le restaurateur, fermé depuis le 14 mars, s'insurge contre les mesures prises pour les petites entreprises. 

Les co-gérants du restaurant "La Récré" : Nous demandons aux assurances d’appliquer la perte d’exploitation prévue aux contrats. Il faut que le gouvernement déclare l’état de catastrophe naturelle sanitaire. Une photo publiée aussi sur la page facebook Resto ensemble
Les co-gérants du restaurant "La Récré" : Nous demandons aux assurances d’appliquer la perte d’exploitation prévue aux contrats. Il faut que le gouvernement déclare l’état de catastrophe naturelle sanitaire. Une photo publiée aussi sur la page facebook Resto ensemble © DR

Cédric Revol est restaurateur dans le village de Vaudevant. Il co-gère le Restaurant La Récré avec le chef Fabrice Falibaron, un établissement, reconnu par de nombreux guides dont le Michelin, est situé à quelques kilomètres de Saint-Félicien, en Ardèche. Depuis 2005, le restaurant est installé dans l'ancienne école du village. Dans une longue lettre au président de la République, au gouvernement et aux parlementaires, Cédric Revol pousse un véritable coup de gueule...
 

"Monsieur Le Président, je vous fais une lettre... que vous lirez peut-être... "


La lettre a aussi été adressée le 22 mars dernier à un millier de personnes, élus, membres du gouvernement et parlementaires de tous bords sans exception. Plus qu'un message de colère, c'est aussi  du désarroi qui s'exprime dans ce texte mais qui n'a reçu à ce jour, que 13 réponses. Et peu de réponses personnalisées. Ce lundi 30 mars, alors que le pays entre dans sa troisième semaine confinement, le restaurateur ardéchois affirme ne plus rien attendre des pouvoirs publics et des élus ...

Comme tous les restaurateurs, Cédric Revol et Fabrice Falibaron ont été obligés de fermer du jour au lendemain, au soir du samedi 14 mars, à partir de minuit. Une interdiction qui est tombée "4 h avant l’obligation de fermer" rappelle Cédric dans sa lettre. "Pourquoi ne pas nous avoir laissé au moins le dimanche pour nous retourner et trouver des solutions?" s'interroge le restaurateur dans son courrier. Et Cédric Revol ne comprend pas la décision de maintenir le premier tour des élections municipales, le dimanche 15 mars.

Dans cette lettre, il demandait à l’État de reconnaître l’état de catastrophe sanitaire. Cette reconnaissance permettant de faire fonctionner les assurances, et notamment de bénéficier de la garantie perte d'exploitation. Le restaurateur a souscrit le contrat "maximum" en matière de garantie perte d'exploitation, couvert jusqu'à la fermeture administrative. Problème: son assurance ne couvre ni le risque de conflit, ni la pandémie ! 

Dans sa diatribe, Cédric Revol s'insurge contre le rejet de la proposition d’amendement au projet de loi d’urgence pour faire face à l’épidémie de Covid-19; une proposition du député du Val d’Oise François Pupponi. Cet amendement visait à "permettre la prise en compte dans les contrats d’assurances des effets des catastrophes sanitaires". L'amendement a été rejeté. 
 

"Comment on va faire pour vivre ?" :  le sentiment d'être méprisé


Dans sa lettre au Président Macron, Cédric Revol demande des aides conséquentes pour les petites entreprises qui n'ont pas de salariés et non des "mesurettes" comme les reports et autres délais pour payer charges, emprunts et autres frais du quotidien. 

Le restaurateur ne cache pas non plus sa colère contre l'aide de 1500 euros attribuée aux petites entreprises :"SERIEUX 1500 € POUR NOUS AVOIR DEMANDE DE FERMER PLUS D’UN MOIS AVEC LA PERTE DE MARCHANDISES ET CETTE SOMME EST A DIVISE EN DEUX POUR LES DEUX ASSOCIES QUE NOUS SOMMES ET AVEC CA ON DOIT VIVRE !!!!!!!!"

Et de pointer des incohérences ubuesques. Pas de coup de pouce fiscal pour les entreprises qui ne sont pas mensualisées, c'est à dire pour ceux qui payent en fin d'année : "Des remises d’impôts directs pouvant être décidées dans le cadre d'un examen individualisé des demandes : entreprises, travailleurs indépendants (CFE, taxe foncière ...). QUAND ON N’EST PAS MENSUALISE ??????? CA FONCTIONNERA EN DECEMBRE ?????"
 

De la casse en perspective 


Pour les petits restaurateurs et entreprises sans salarié, les perspectives sont plutôt sombres. Cédric Revol ne veut pas jouer les Cassandre mais il prédit que de nombreux commerçants, restaurateurs ou chefs d'entreprise ne se relèveront pas après le confinement. Comment les petites entreprises vont-elles s'en sortir? Pour le restaurateur Ardéchois, "la seule solution pour ces entreprises sera de faire appel à la solidarité familiale!"

Aujourd'hui, ce qui lui fait chaud au coeur, c'est le coup de fil d'un client venu aux nouvelles ou encore ces habitués qui ont fait appel à La Récré pour le week-end de Pâques. Les deux restaurateurs vont exceptionnellement préparer des repas qu'ils livreront à ceux qui ne peuvent se déplacer. La vente à emporter étant encore autorisée à ce jour. Après le confinement ? Le restaurateur ne veut pas baisser les bras : "On va se relever ! Mais il faudra peut-être changer notre façon de travailler..."
 

Pour consulter la lettre de Cédric Revol ...

 
Le restaurant La Récré se trouve à quelques kilomètres de Saint-Félicien 

Les Chefs en péril: qui va payer l'ardoise ?


Comme de nombreux restaurateurs, les deux gérants de La Récré ont rejoint le mouvement des #chefsenperil né sur les réseaux sociaux. Les restaurants en appellent aux assurances et au gouvernement. Tous lancent un message "assurez ou on va tous y rester !" Photos et slogans à l'appui, ils se sont groupés sur la page Facebook Resto ensemble. Des messages postés et partagés.... 
 www.restaurant-la-recre.com 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
coronavirus santé société gastronomie culture
l’actualité de votre région, dans votre boîte mail
Recevez tous les jours les principales informations de votre région, en vous inscrivant à notre newsletter