Le pape canonise deux personnalités peu connues en Ardèche

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Écrit par Sébastien allec avec Nicolas Ferro et Géraldine Chaine

Marie Rivier, religieuse ayant fondée 141 écoles à travers le monde et Charles de Foucauld, ermite emblématique de la foi catholique, vont être canonisés ce dimanche 15 mai 2022 à Rome. Ils sont tous les deux intimement liés à l'Ardèche.

Marie Rivier (1768-1838) et Charles de Foucauld (1858-1916), deux personnalités ardéchoises catholiques, vont être canonisés dimanche 15 mai 2022 à Rome par le Pape François. 

Marie Rivier, d'enfant infirme à bâtisseuse d'écoles 

La vie de Marie Rivier débute par un drame. A l'âge de 16 mois, à Montpezat-sous-Bauzon en Ardèche où elle est née, elle tombe d'un lit superposé et s'abîme la hanche et les pieds, au point de ne plus pouvoir marcher.

Sa mère, très pieuse, l'amène alors tous les jours devant la Pietà du village (représentation de Marie en train de pleurer son fils Jésus-Christ) où un dialogue entre la Vierge et Marie s'installe selon la foi chrétienne.

Plus tard, elle affirmera avoir eu durant cette période des visions lors de ses longues heures de prière. "Elle est dans son lit et se voit entourée d’enfants en train de faire l’école et dit à la Vierge : "Si tu me guéris, je te ramasserai des filles et je leur dirai de bien t'aimer." Elle reçoit donc cette vocation d’enseignante", explique Sœur Catherine
de la congrégation de la Présentation de Marie. 

Sa guérison surviendra 4 ans après l'accident. Elle décide alors d'honorer sa promesse envers son idole. Si elle est assez rétablie pour remarcher, ses séquelles empêchent son corps de grandir normalement, et Marie Rivier mesurera seulement 1m32 à l'âge adulte. 

141 établissements à travers le monde

Portée par sa foi, elle fonde d'abord une école dans sa ville natale de Montpezat-sous-Bauzon en Ardèche avant de fonder une congrégation religieuse féminine enseignante à Thueyts en 1796 : les Sœurs de la Présentation de Marie.

Au total, elle fonde 141 écoles religieuses de son vivant à travers le monde dont 77 en Ardèche. Elle décède à 69 ans à Bourg-Saint-Andéol, dans la maison-mère de la congrégation. Aujourd'hui, nombre de ces écoles existent encore. 

Charles de Foucauld, de militaire à ermite  

Charles de Foucauld est né à Strasbourg en 1858. D'abord militaire, puis explorateur et géographe, ce n'est que lors de la deuxième partie de sa vie qu'il devient religieux.

Il a alors 28 ans et décide de devenir moine trappiste à l’Abbaye de Notre Dame des Neiges sur la montagne ardéchoise. Il choisit ce lieu pour sa pauvreté et sa rudesse, convaincu que sa foi doit être éprouvée dans la misère en ermitage. 

Il part même vivre 3 ans à Nazareth, dans les pas de Jésus, où ses convictions sont renforcées. "Il murit l’idée que l’on doit valoriser les choses les plus humbles, les plus petites mais qui sont fondamentales pour la vie de chacun [...] et qu'on peut vivre cela partout" explique Soeur Sylvia de la communauté des disciples de l'évangile. Après 3 ans en Palestine, il revient en Ardèche.

Il décide par la suite de s'installer en Algérie française en 1901, dans le désert de Béni-Abbès, dans l'idée de fonder une nouvelle congrégation, mais personne ne le rejoint. Touché par la foi des musulmans, Charles de Foucauld restera tout de même sur place, liant des liens forts avec les Touaregs. Pendant 12 ans, il étudie leur culture et publie le premier dictionnaire touareg-français.

Mort en Martyr ? 

Lorsque la 1ère Guerre Mondiale éclate, il fait le choix de rester en Algérie, afin d'aider à maintenir le calme dans la région. Le 1er décembre 1916, il est assassiné devant la porte de son ermitage. Très vite, il est considéré comme mort en martyr. 

Certains théologiens, notamment Jean-François Six, mettent en cause cette affirmation. Les rares témoignages fiables laisseraient penser que les assaillants auraient été plus intéressés par les biens gardés par Charles de Foucauld dans son fortin (son ermitage était rempli d'armes et de vivres à destination de la population locale qui pouvait venir s'y réfugier), que par sa foi. 

Le 15 mai, ces deux figures chrétiennes peu connues en Ardèche, seront considérées comme Saints par l'Eglise catholique.

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