Randonner avec un âne dans les Cévennes : ce qu'il faut savoir

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Prendre le temps, partager un lien fort, randonner avec un âne offre un voyage étonnant. ©FTV

"Attention l'âne, c'est un compagnon. Pas un accessoire". Voilà, c'est dit ! Randonner avec un âne a ses codes. Deux de nos journalistes en ont fait l'expérience sur quelques kilomètres en Ardèche.

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Entre la Lozère et l’Ardèche, beaucoup viennent ici marcher sur les traces de Stevenson, célèbre écrivain écossais connu pour avoir fait plus de 200 km avec son ânesse Modestine. Notre équipe ardéchoise s'est lancé dans l'aventure le temps d'une journée, à 3.5 km/h en moyenne. Le rythme de croisière de l'âne.

Depuis 10 ans, Marie-Ange, guide, élève des ânes. Elle a choisi Roussin, le grisonnant, et Henri, un baudet du Poitou, 350 kilos à la pesée comme compagnon de route pour Ozlem et Bénédicte, nos deux journalistes. Premier conseil, ne pas regarder l'âne dans les yeux, ça le met mal à l'aise.

L'âne, une invitation à la contemplation

Et très vite, Marie-Ange donne un coup de pied dans les préjugés. "Qualifier un âne de têtu, c'est un raccourci. C'est un animal hyper intelligent, prudent, avec un sens de l'humour extrêmement développé" explique-t-elle.
Au cours des randonnées qu'elle organise, elle transmet sa connaissance de l’animal et sa passion. "Avec un âne, on est bien, on prend le temps. C'est ce qui va nous donner le plaisir de marcher. On est obligé de s'arrêter souvent pour le laisser manger (l'âne en a besoin) et, de ce fait, tourner la tête et lever les yeux pour observer ce paysage merveilleux." En raison de son système digestif, l'âne ne peut pas rester plus de trois heures sans manger. Il mange des fibres pauvres, sèches. Il apprécie les végétaux comme le melon, la pomme, le chou-fleur, un tips, pour se faire bien voir lors des présentations.

Près de La Bastide-Puylaurent, l'équipe croise Véronique et Roland, un couple de Parisiens, qui randonnent avec une ânesse, Emmy, la sœur d'Henri, l'âne de notre journaliste, (le monde est petit !) . "On aime beaucoup la rando et les animaux. On s'est dit : et si on randonnait autrement ?". Stevenson les a inspirés "même s'il a maltraité son ânesse, ce qui ne le rend pas si sympathique que ça" tient à préciser Véronique.
Après une première matinée un peu rock'n roll, "elle nous a un peu testés", la confiance s'est installée. "Elle devenait de plus en plus légère au bout de la longe. C'est très agréable". Véronique est emballée et rajoute "il y a une chose que l'ânesse adore en plus de manger, ce sont les crottins des copains !" Marie-Ange explique cette curieuse manie. "Ils sont capables de les analyser. Ainsi, ils savent qui est passé avant. Parfois, ils le recouvrent".
La guide le certifie : si ça se passe mal, c'est du côté de l'humain qu'il faut chercher, pas du côté de l'animal. "Tout le monde n'est pas capable de gérer un gros mammifère". Il faut s'imposer en tant que leader, ne pas laisser l'âne nous dépasser, car cela remet en cause la hiérarchie.

Un parcours riche

La route de Stevenson est parsemée d'étapes très riches. L'équipe en a expérimenté deux, laissant ainsi le temps aux ânes de pâturer sans contrainte.

Première étape, l'abbaye Notre dame des neiges à Saint-Laurent-les-Bains-Laval-d'Aurelle. L'écrivain écossais y a eu des discussions enflammées avec les moines trappistes qui occupaient alors les lieux. Elle abrite depuis décembre dernier 8 sœurs cisterciennes qui se sont retrouvées à la tête de 450 hectares de terres agricoles. Sylvie et Christian de Nantes en Loire-Atlantique ont, eux aussi, fait une halte. Ils apprécient la quiétude des lieux, en harmonie celle du chemin.

Puis Finiels. Là, notre équipe s'interroge sur l'existence d'un cimetière familial disposé dans un jardin. Des pierres tombales, sobres, entourées de verdure. Lucile, une habitante, les renseigne. "Les protestants n'ont pas eu le droit d'être enterrés dans les cimetières (forcément catholiques) pendant longtemps. Cette religion étant interdite. Ils ont donc pris l'habitude d'avoir leur petit cimetière près de leur maison". Cette tradition perdure. Dans son modeste cimetière familial, à quelques pas du potager, reposent ses grands-parents, son arrière-grand-mère, deux tantes et ses parents. Sa mère est décédée en 2008 et elle a pu la mettre en terre avec le reste de la famille. 

Sachez que chaque âne a son fan-club. Les randonneurs qui reviennent souhaitent souvent faire leur randonnée avec le même. Un lien solide se crée. Cela offre aussi la possibilité de changer si la relation n'a pas pu se faire de manière satisfaisante.

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