Auvergne-Rhône-Alpes. Des niveaux de nappes phréatiques et de précipitations historiquement bas

Températures en hausse par rapport aux normales saisonnières, précipitations faibles sur une longue période, tous les éléments sont réunis pour provoquer une sécheresse dans notre région. Les départements ont été placés en vigilance.

Des niveaux de nappes phréatiques et de précipitations historiquement bas en Auvergne-Rhône-Alpes
Des niveaux de nappes phréatiques et de précipitations historiquement bas en Auvergne-Rhône-Alpes © LOIC VENANCE / AFP
 
Selon les prévisionnistes de Météo France et de la DREAL, 80 à 90% de la région Auvergne Rhône-Alpes est déficitaire en eau. Cela est particulièrement sensible pour la chaine des Puys en Auvergne, l’Est Lyonnais, la plaine de Bièvre-Valloire, les vallées de Vienne, le secteur des Dombes... Cette semaine, de nombreuses préfectures annoncent des mesures de restrictions. C’est notamment le cas dans le Rhône, la Loire et l’Ain.

Etat des lieux

 «D’habitude, on observe ce genre d’épisode de sécheresse plutôt vers le mois de mai, s’inquiète Christian David, prévisionniste chez Météo-France à Lyon Bron. Depuis le 12 mars, les jours sans pluie «ou presque» se succèdent, et la tendance ne semble pas s’inverser dans les quinze jours à venir».
 
AURA Cumul mensuel de précipitations Avril 2020 eu Auvergne Rhône-Alpes
AURA Cumul mensuel de précipitations Avril 2020 eu Auvergne Rhône-Alpes © MétéoFrance
Les précipitations sont quasiment nulles en Rhône-Alpes sauf dans les Cévennes Ardéchoises (avec 30 à 50 mm) et la Haute-Maurienne (entre 20 et 50mm). L’Auvergne s’en sort un peu moins mal avec 10 à 30 mm en général. 
 
Depuis juin 2019, les températures mensuelles sont supérieures aux normales saisonnières. L’hiver a été relativement doux et les températures élevées du mois de mars et de début avril jouent beaucoup sur l’évaporation des sols.
 
Indices d'humidité des sols agrégé en Auvergne-Rhône-Alpes (du 1er mars au 21 avril)
Indices d'humidité des sols agrégé en Auvergne-Rhône-Alpes (du 1er mars au 21 avril) © MétéoFrance

Les sols sont vraiment très secs !

Depuis la dernière semaine de mars, la courbe quotidienne (en violet) flirte avec les records de sols secs (bas du graphique). Pour mémoire ce record a été atteint en 1997. Et depuis début avril, la sécheresse des sols a été aggravée par de nombreuses journées ensoleillées et parfois chaudes avec plus de 25 degrés en plaine.
 
Pour Christian David, on touche du doigt aujourd’hui les conséquences du changement climatique : «… Et cette sécheresse va s’aggraver !» ajoute-t-il un brin désabusé.
Vous pouvez voir des simulations sur «Climat HD» une page dédiée du site de Météo-France.
  

Les réserves en eau s'épuisent

La ressource souterraine s’épuise aussi. Dans le bulletin mensuel de situation de la ressource en eau de la DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement), l’état des nappes phréatiques au 1er avril est jugé préoccupant sur plusieurs secteurs. Les faibles précipitations de ces dernières semaines ne suffisent pas à «recharger» le niveau des nappes. C’est particulièrement sensible dans :Et très critique dans : 
© DREAL

 Vous pouvez avoir accès au bulletin complet.
 
Auvergne-Rhône-Alpes à sec
Les préfectures ont cette semaine placé leurs départements en vigilance et en alerte sur certains secteurs.
Dans la Loire : depuis le 23 avril, en raison du niveau très bas des cours d’eau, notamment du Gier et du Rhins, l’ensemble du département est placé en situation de «vigilance».
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