Incident sur un avion Paris-Aurillac : on connaît enfin l'origine de l'avarie pendant le vol

On en sait un peu plus sur l’incident survenu en plein vol le 25 mars 2018 sur un avion de la ligne Paris-Aurillac. Un rapport d'enquête a été publié ce mercredi 10 février, selon lequel il est « probable » qu’un écrou utilisé ait été « en inadéquation avec la configuration prévue ».

Une enquête a été diligentée par le BEA (Bureau d'Etudes et d'Analyses de la sécurité de l'aviation civile) pour déterminer les causes de l'incident du vol Paris-Aurillac, le 25 mars 2018.
Une enquête a été diligentée par le BEA (Bureau d'Etudes et d'Analyses de la sécurité de l'aviation civile) pour déterminer les causes de l'incident du vol Paris-Aurillac, le 25 mars 2018. © Louis Fayet/MAXPPP

Le BEA (Bureau d’Enquêtes et d’Analyses) pour la sécurité de l’aviation civile a présenté un rapport ce mercredi 10 janvier résumant son enquête sur l’incident de l’avion ATR 42-500, sur la ligne Paris-Aurillac. Lors de cet incident, survenu le 25 mars 2018 sur le vol de 18h30, l’avion de ligne de la compagnie Hop ! Air-France a en effet été victime d'une avarie en plein vol. Par chance, l’avion a pu se poser à Aurillac, et ses passagers ont été quittes pour une grosse frayeur. Selon le rapport d’enquête, un écrou serait à l’origine de cette avarie : « L’écrou de l’attache arrière de la trappe s’est dévissé en service jusqu’à sa perte, conduisant la trappe de train à se retrouver légèrement désalignée du fuselage. Ce désalignement a induit un excédent de traînée sur l’avion. Cette position anormale de la trappe a engendré également des efforts supplémentaires sur les autres points d’attache de la trappe de train, entraînant leur rupture successive en vol », précise le rapport.

Des conséquences en cascade

Cette défaillance a ensuite provoqué des réactions en cascade lors de la descente de l’appareil pour se poser à l'aéroport d'Aurillac : « La trappe a basculé contre le fuselage, générant un choc ressenti par les personnes à bord de l’avion, puis s’est séparée du reste de l’avion engendrant les autres dommages constatés sur l’aéronef :

Ne comprenant pas ce qui venait de se passer mais voyant que les paramètres de vol étaient normaux, l’équipage a décidé de poursuivre la descente puis l’atterrissage à Aurillac », poursuivent les experts du BEA dans leur rapport

Un écrou mal adapté, cause "probable" de l'incident

Selon eux, la cause du dévissement de cet écrou n’a pas pu être déterminée avec certitude, mais des explications peuvent malgré tout être envisagées : « L’enquête a mis en évidence qu’il était probable que l’écrou en question, ainsi que le couple de serrage appliqué, étaient en inadéquation avec la configuration prévue par ATR lors de la conception initiale de l’assemblage. L’enquête a également montré qu’un manque d’information dans la documentation de maintenance générique du constructeur et la difficulté à y identifier les informations pertinentes peuvent conduire, par des combinaisons de facteurs organisationnels et humains, à l’installation de combinaisons vis/écrou en dehors de l’état de l’art. » Ce serait donc un simple écrou mal adapté qui aurait mis en danger les passagers de ce vol.

"Rétrospectivement, on a eu très peur"

Les passagers ont découvert les dégâts vers 21h30, en descendant de l'avion : un trou dans la  carlingue. « Rétrospectivement, on a eu très peur », confiait alors Lydie Ribes, journaliste à France 3 Auvergne. « J’étais dans l’avion avec mes enfants. Je m’étais assoupie quand un grand bruit m’a réveillée », racontait-elle. « L’hôtesse  nous a expliqué qu’il n’y avait rien de grave. Le pilote a alors indiqué qu’on avait peut-être percuté une oie, car il y a beaucoup d’oiseaux migrateurs en cette période. Il a également évoqué la possibilité d’avoir percuté un bloc de glace ». On sait désormais qu’il s’agissait en fait d’un problème de matériel.

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