Maltraitance animale : l'enquête sur la foire aux chevaux de Maurs (Cantal) classée sans suite

Mardi 2 mai, le procureur de la République d’Aurillac a annoncé avoir classé sans suite une enquête sur la foire aux chevaux de Maurs (Cantal). En décembre 2022, une enquête avait été ouverte suite à la diffusion d’une vidéo de la Fondation Brigitte Bardot qui dénonçait des « sévices graves ». Le porte-parole de la Fondation se dit « scandalisé » par ce classement sans suite.

Une enquête sur la foire aux chevaux de Maurs (Cantal) ouverte à la suite de la diffusion dans les médias d'une vidéo de la Fondation Brigitte Bardot (FBB) a été classée sans suite, a annoncé mardi 2 mai le parquet d'Aurillac. "L'affaire a été classée sans suite le (vendredi) 28 avril", a indiqué à l'AFP le procureur de la République d'Aurillac Paolo Giambiasi. Cette enquête, diligentée par la brigade de gendarmerie de Maurs, a conduit à l'audition "d'une pluralité de personnes ayant organisé ou participé à l'organisation de cette foire, ainsi qu'à l'audition des agents des services chargés du contrôle de la foire", souligne-t-il. Un vétérinaire a notamment procédé à des contrôles lors de la foire. "Entendues, ces personnes ont expliqué n'avoir pas constaté de maltraitance d'animaux sur les lieux", a précisé M. Giambiasi. Certains des professionnels entendus ont également indiqué que "l'état de maigreur de certains équidés pouvait résulter de l'âge des animaux en question, qui entraîne une fonte musculaire, et pas nécessairement de maltraitances". Enfin selon lui, un déplacement des enquêteurs et des vérifications réalisées sur les lieux de la foire "ont conduit les enquêteurs à conclure qu'il n'était pas possible de confirmer ou d'infirmer le fait que l'ensemble des vidéos aient été tournées sur les lieux de la foire et lors de celle-ci".
Roger Condamine, président de la foire de Maurs, se félicite du classement sans suite : « C’est un soulagement. C’est le procureur qui décide. Je pense qu’il n’y avait aucun mal de fait. Tout ce qui avait été dénoncé était inventé. Il n’y avait pas de maltraitance et l’enquête l’a confirmé. Je n’ai jamais frappé d’animal ».

Une enquête préliminaire ouverte en 2022

Le parquet d'Aurillac avait ouvert le 8 décembre une enquête préliminaire sur cette foire aux chevaux à la suite de la diffusion d'une vidéo de la FBB qui dénonçait des "sévices graves" infligés aux animaux. Dans la vidéo, on voyait des chevaux entassés dans des paddocks étroits, en panique, certains tentant de s'échapper en sautant les barrières. Ceux qui refusaient d'embarquer dans les camions étaient frappés. Des chevaux présentaient des plaies ouvertes aux membres ou à la tête. En dénonçant "la souffrance subie par ces animaux", la FBB souhaitait "alerter sur le sort réservé à de trop nombreux équidés encore élevés pour être abattus et consommés et appeler le gouvernement à mettre un terme à ces foires immorales et irresponsables". 

On est scandalisés car ce n’est pas une enquête. On n’a même pas été auditionnés

Christophe Marie, porte-parole de la Fondation Brigitte Bardot

Christophe Marie, porte-parole de la Fondation Brigitte Bardot, dénonce les conclusions de l'enquête : « On avait transmis des preuves. Il n’y a pas de contradicteurs. C’est assez curieux comme démarche. On est choqués de voir qu’il y a un déni total des preuves qui ont été apportées. On est reçus vendredi au Ministère de l'agriculture et on va pouvoir en faire état. Certains remettent en cause la date et les lieux des images fournies alors que ces images sont tracées et ont été prises le 27 octobre à la Foire de Maurs. Cela accentue le décalage entre des pratiques qui ont peut-être été tolérées il y a 50 ans et des pratiques actuelles qui aujourd’hui dérangent ». Il précise : « On retourne demain à la foire de Maurs avec le sénateur Arnaud Bazin, qui est président du groupe Animal et société au Sénat. Il est vétérinaire. Il va pouvoir échanger avec le vétérinaire sanitaire de la foire ».

Un combat qui continue

Pour le porte-parole de la Fondation, le volet judiciaire ne s’arrête pas avec ce classement sans suite : « On a porté plainte. La bataille judiciaire n’est pas finie. On ne s’arrêtera pas là. Il faut faire évoluer les pratiques ».
La foire de Maurs a déjà été accusée de maltraitance par le passé. En novembre 2019, l’association « Les Sans Voix d’Eden » diffusait des images d’ânes et de chevaux frappés à coups de bâton et de pied, blessés et entassés dans des enclos. A l’époque, l’organisateur, Roger Condamine, réfutait déjà les accusations de maltraitance.

Ecrit avec AFP