« Un skieur en feu » : les images impressionnantes tournées par un réalisateur d’Aurillac

Un réalisateur d’Aurillac a diffusé le 15 avril un court film montrant un skieur enflammé glissant sur la neige et réalisant des sauts. Dans cette vidéo, le réalisateur dénonce le changement climatique et interpelle sur l’avenir des stations de moyenne montagne.

Le skieur en feu à l'affiche de la dernière création d'un réalisateur d'Aurillac, publiée le 15 avril.
Le skieur en feu à l'affiche de la dernière création d'un réalisateur d'Aurillac, publiée le 15 avril. © H.Manhes

« Un skieur en feu », tout est dans le titre de la dernière vidéo du réalisateur d’Aurillac Hugo Manhes. Avec son équipe, il a réalisé un court film dans lequel il met en scène un skieur en flammes réalisant des figures dans la montagne d’Isère : « L’idée du skieur en feu est née quand je suis tombé sur le dernier plan du film des Daft Punk. On voit un homme en feu qui marche dans le désert. J’ai voulu transposer ça au ski. On a lancé ce projet-là en 2018, on a essayé de le tourner une première fois mais ça n’a pas marché », raconte Hugo Manhes. En effet, le réalisateur avait pour projet de tourner ces images au Lioran, dans son Cantal natal, mais le manque de neige l’en a empêché. Il l’a finalement tourné aux Deux-Alpes.

Un skieur enflammé

Une performance risquée

Grace à l’équipe avec  laquelle il a réalisé le film de surf de nuit « La torche » en 2017, Hugo Manhes a pu mettre en images son projet : « On a une équipe de pyrotechniciens qui ont préparé un skieur, un ancien membre de l’équipe de France de ski freestyle. Ils lui ont mis 4 couches de vêtements, dont des couches ignifugées. Avant de faire cette cascade, la température corporelle est descendue grâce à un gel qu’on lui applique sur la peau pendant 45 minutes. Sur la dernière couche de vêtements, on met une pâte combustible qui brûle et qui a une température de combustion de 1 000°C pour avoir des flammes relativement spectaculaires », détaille Hugo Manhes. Le risque de brulure et de surchauffe existe. Des spécialistes étaient donc présents sur le lieu du tournage avec des extincteurs, dissimulés, prêts à intervenir à tout moment.

La thématique du réchauffement climatique 

Dameuses, motoneiges, une vingtaine de personnes ont été mobilisées pour ce tournage. Après avoir commencé comme assistant caméra sur le tournage d’une série de Luc Besson, Hugo Manhes a travaillé pour plusieurs réalisateurs avant de se lancer en tant qu’indépendant. « Le feu, c’est une quête esthétique pure. Dans tous mes films, j’essaye d’injecter une atmosphère particulière pour quitter la réalité et glisser vers le rêve », précise le réalisateur. Pour ce film, il a été assisté par les cantaliens de MadCow, connus pour leurs vidéos mêlant humour et sports extrêmes. Ils avaient déjà collaboré pour la réalisation de "Saisons".

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Pour cette vidéo, le réalisateur a voulu adresser un message : « En 2018, je voulais tourner ce film et je n’ai pas pu à cause du manque de neige. On était en t-shirt en plein mois de février. C’est un épisode météo anecdotique mais nous, on l’a ressenti comme étant la conclusion de ce que l’on voit en moyenne montagne depuis une vingtaine d’années : des saisons de ski qui se raccourcissent et un manteau neigeux qui diminue. » Au col d’Isère, évoqué dans la vidéo, la température moyenne a augmenté d’un degré ces 30 dernières années.  

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