Neige : les 6 conseils des gendarmes de montagne du Cantal pour randonner en toute sécurité

Près d’un mètre de neige recouvre le Plomb du Cantal dans le Lioran ce mardi 8 décembre. De quoi prévoir de belles balades en altitude, dans le respect des 20 kilomètres autorisés et en toute sécurité, grâce aux conseils du peloton de gendarmerie de montagne de Murat (Cantal).
Le peloton de gendarmerie de montagne (PGM) de Murat intervient sur le massif du Lioran pour assurer la sécurité des randonneurs.
Le peloton de gendarmerie de montagne (PGM) de Murat intervient sur le massif du Lioran pour assurer la sécurité des randonneurs. © Adjudant-chef Crasez
La neige s'est installée en Auvergne en ce début du mois de décembre. L’envie de vous promener en montagne vous démange certainement, dans le rayon des 20 kilomètres autorisés par les attestations de sortie. Mais attention, une randonnée en altitude ne s’improvise pas, même en moyenne montagne comme dans le Cantal.
  Le préfet du Cantal a publié ce mercredi 9 décembre un tweet appelant à la vigilance. Les importantes chutes de neige des derniers jours se sont accumulées en plaques instables, avec des risques d'avalanches ou de coulées de neige.

Voici six conseils du peloton de gendarmerie de montagne (PGM) de Murat pour éviter de se mettre en danger.

1 . Prévoir son itinéraire avec soin

Avant de se lancer à l’aventure, un itinéraire précis doit être établi. « Il faut adapter la longueur et la difficulté de la sortie, en fonction de la forme physique du groupe » explique l’adjudant-chef Crasez. Il est bien entendu déconseillé de partir seul. Bien évaluer la durée du parcours permet d’assurer à tous un retour au chaud avant la nuit.

Pour le commandant du PGM, en cas de problème, « il vaut mieux donner l’alerte avant la nuit, car il est ensuite bien plus difficile d’effectuer les recherches avec l’hélicoptère. »

2. Vérifier la météo et les niveaux d’enneigement

Pour une balade optimale, optez plutôt pour une journée ensoleillée : « En ce moment, le brouillard en montagne monte vite, avertit le gendarme, et dans le jour blanc, on perd tout sens de l’orientation. »

Il est également important de se renseigner sur l’état du manteau neigeux et les bulletins d'estimation du risque d’avalanche (BRA) locaux, pour s’assurer de la stabilité des couches de neige. Ce lundi 7 décembre, l’indice dans le Lioran est remonté à 3 sur une échelle de 5, signe d’un risque marqué d’avalanche.

Enfin, les plaques à vent peuvent être dangereuses. Ces plaques de neige, déposées sur un versant par le vent, sont très instables et souvent la source d’accidents.

3. S’équiper de matériel de qualité

Pour l’adjudant-chef Crasez, il est impératif de bien s’équiper avant de partir en montagne, avec « du chaud et de l’étanche ». Les équipements en Gore-Tex ou en polaire permettent d’évacuer la transpiration et de rester sec, contrairement au coton.

Bien vérifier son matériel, skis de randonnée ou raquettes, permet aussi d’éviter une casse en cours de route et des difficultés à retourner à son véhicule

4. Se munir d’un « fond de sac » cohérent

Dans son sac à dos, il est recommandé de garder des vêtements de rechange et une deuxième paire de gants. Un « fond de sac » est essentiel d'après les gendarmes. Nourriture, eau, couverture de survie et batterie pour téléphone doivent absolument être emportés.

« Il faut se préparer à devoir rester une nuit dehors »


Ajoutez à cela de quoi vous orienter, des chaufferettes pour les mains ou encore un éclairage, au cas où vous seriez surpris par la tombée de la nuit. « Il faut se préparer à devoir rester une nuit dehors » résume le gendarme.

5. Être localisable à tout moment              

Ce conseil n’est pas toujours mis en pratique par les randonneurs mais pourrait bien vous sauver la vie : soyez localisables à tout moment, par un proche et par les secours. Transmettez votre itinéraire à une personne qui pourrait donner l’alerte pour vous et activez la géolocalisation de votre téléphone.

« Avec un GPS, on parvient parfois à ramener les randonneurs perdus à leur voiture sans intervenir sur place », assure le commandant du PGM. La localisation est primordiale pour accélérer les délais de prise en charge. « Dans le cas d’une avalanche, les quinze premières minutes sont décisives pour sortir quelqu’un de la neige, alerte-t-il. C’est d’ailleurs à un membre de la cordée d’agir avant même l’arrivée des secours. »

6. Retenez un numéro : le 112

Au moindre problème, composez le 112. La plateforme européenne vous mettra ensuite en relation avec le service le plus compétent, les pompiers ou les gendarmes de montagne par exemple.
                  
En appliquant tous ces conseils, vous devriez pouvoir profiter pleinement de votre randonnée dans la neige sans vous mettre en danger.
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