"On ne vit ça qu'une seule fois dans sa vie!": suivez le témoignage des propriétaires d'Ovalie, la mascotte du dernier salon de l'agriculture, dans Enquêtes de région

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Eleveurs de salers dans le Cézallier, Marine et Michel Van Simmertier ont vécu une expérience exceptionnelle en février dernier : leur vache Ovalie a été l’égérie du salon de l’agriculture 2023 : son image a été placardée sur toutes les affiches, les billets d’entrée, les réseaux sociaux et la couverture presse de la plus grande ferme de France. Et eux-mêmes ont été au centre de l’attention de tous les visiteurs, dont le président de la République. Ils témoignent de cette expérience exceptionnelle et de leur vie d’agriculteurs de montagne dans l’émission Enquêtes de région de ce mercredi 10 mai sur France 3 Auvergne-Rhône-Alpes.

« C’était exceptionnel ! On ne vit ça qu’une seule fois dans sa vie »,

Marine Van Simmertier

Enquêtes de région - mai 2023

Marine Van Simmertier a encore les yeux qui pétillent quand elle raconte son salon de l’agriculture 2023. « On a conscience avec Michel, mon mari, de la chance qu’on a eue de vivre ça et d’avoir été choisis pour représenter l’agriculture française. C’était une expérience fantastique, des rencontres merveilleuses, on a partagé des moments incroyables avec des éleveurs, et avec le grand public, qui a été très bienveillant envers nous. C’était vraiment super ».

Les salers, une race charismatique

Le couple est installé depuis 5 ans à Saint-Alyre-ès-Montagne (Puy-de-Dôme), dans un petit bout de paradis à 1200 mètre d’altitude. Là-bas, les vaches sont acajou sur fond de prairies vert tendre. Leur grand corps de ferme est en pierre, avec toit de lauze et donne sur un petit ruisseau qui chante. Ils y élèvent 80 vaches salers, destinées à la filière viande label rouge ou à la reproduction. « Je voulais être éleveur de salers avant d’être éleveur tout court », raconte Michel Van Simmertier, qui a découvert la vache aux cornes en forme de lyre tout petit, en rendant visite à ses grands-parents dans le Cantal. « C’est une vache qui va bien dans notre environnement. Elle a du charisme. Et économiquement, elle correspondait à nos attentes, car elle est très rustique et très facile d’élevage ».

800 euros de revenu mensuel

Le métier d’agriculteur n’est pourtant pas simple tous les jours. Marine et Michel doivent d’abord réussir à trouver du temps pour s’occuper de leurs deux jeunes enfants. « Ils viennent aux vaches avec nous, ils sont dans le tracteur avec nous », reconnaît Marine. « Ils sont obligés de suivre. Heureusement, ils sont patients avec nous ». Et puis, il faut réussir à vivre de son travail : « Vu qu’on s’est installés et qu’on n’est pas enfants d’agriculteurs, nous avons dû acheter et on a beaucoup d’investissement et donc beaucoup d’emprunts à rembourser », analyse Michel. « Ce qui fait qu’en revenu disponible, on est limités. On sort 800€ chacun par mois en disponible ». Une situation que Marine a plus de mal que son mari à accepter : « On a pas assez de revenu disponible par rapport au travail qu’on fournit. On est pas assez rémunérés, et on subit en plus, en ce moment, la hausse des coûts : sur l’alimentation, l’électricité, le gazole ».

A 34 et 32 ans, le couple n’est pourtant pas désespéré. « Il faut de la passion pour faire ce métier et nous l’avons ! »

Enquêtes de région - "Quelle agriculture demain?", une émission des rédactions de France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, présentée par Julien Le Coq ce mercredi 10 mai 2023 à 22h55.