Secours en montagne : les gendarmes du DAG d’Egletons, les anges gardiens du Massif central

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Écrit par Catherine Lopes
Les gendarmes du DAG d'Egletons interviennent régulièrement dans le massif du Cantal.
Les gendarmes du DAG d'Egletons interviennent régulièrement dans le massif du Cantal. © Chabrier

Basé à Egletons en Corrèze, le DAG (Détachement aérien de gendarmerie) s’avère être un allié précieux pour les PGM du Mont-Dore, dans le Puy-de-Dôme et de Murat, dans le Cantal. L’hélicoptère des gendarmes est prêt à décoller en seulement 5 minutes.

Ce sont les anges gardiens du Massif central. Le DAG (Détachement aérien de gendarmerie) d’Egletons, en Corrèze, s’aventure bien souvent dans le massif du Sancy ou du Cantal. Les missions des gendarmes à bord de leur hélicoptère sont variées. Le capitaine Nathaniel Lissonnet, commandant du détachement, explique : « Le DAG d’Egletons, comme toutes les unités aériennes de la gendarmerie, est un moyen d’appui des unités au sol. On couvre le panel complet des missions de la gendarmerie. On fait 40% de missions d’assistance à personne sur les massifs, avec nos partenaires des PGM (Peloton de gendarmerie de montagne, NDLR) de Murat ou du Mont-Dore, ou avec les différents GRIMP (Groupe d’intervention en milieux périlleux, NDLR). Le reste des missions est en lien avec la gendarmerie, à savoir la recherche de personnes disparues, la recherche de malfaiteurs, des missions de surveillance ». 

Une grande réactivité

Le détachement est constitué de 3 pilotes, dont le commandant d’unité, 4 mécaniciens et un secrétaire. L’hélicoptère doit être opérationnel 24 heures sur 24 et 365 jours par an. La réactivité du DAG est un atout majeur : « En journée, de 8 heures à 18 heures, il y a toujours quelqu’un à l’unité, tous les jours de la semaine. Cela permet un décollage entre 5 et 10 minutes en journée et la nuit en 30 minutes ». La zone d’intervention du DAG est très large : elle couvre la Corrèze et 8 départements limitrophes : la Creuse, l’Allier, le Puy-de-Dôme, le Cantal, l’Aveyron, le Lot, la Dordogne et la Haute-Vienne en été.

Le capitaine Nathaniel Lissonnet souligne dans quel cadre le DAG est appelé : « Quand on est sollicités pour un secours, le moyen primaire est normalement Dragon 63 à Clermont-Ferrand. On fait appel à nous quand cet hélicoptère est déjà engagé pour les transporter rapidement sur les lieux d’intervention. On passe les récupérer à leur unité ou sur un point avancé. On les transporte au plus près de la victime, par hélitreuillage et ensuite on procède à l’évacuation de la victime vers un hôpital ou vers un véhicule de pompiers. Notre hélicoptère est plus petit que celui de la sécurité civile mais on peut prendre 2 secouristes, la victime et l’équipage : cela représente 5 voire 6 personnes, en fonction des corpulences et des pathologies ».

Une "fraternité" avec les PGM

Avec les équipes du PGM du Mont-Dore et de Murat, il existe une grande complicité. Le commandant du détachement indique : « Avec le PGM de Murat et du Mont-Dore, on procède à des entraînements mensuels, pour garder l’expertise nécessaire en milieu de montagne. On réalise un voire deux entraînements tous les mois, mais aussi avec le SAMU et la GMG (Groupe montagne gendarmerie) qui sont des unités de montagne complémentaires. On réalise différents exercices. Récemment, on était avec le PGM du Mont-Dore sur un exercice de pente enneigée et de cascade de glace, pour être prêts à intervenir. On fait des entraînements réguliers. Ce sont des personnels que l’on côtoie, on connaît leur spécificité. Cela crée une certaine fraternité entre nos unités, ce qui est primordial dans notre travail ».

123 victimes secourues en 2021

Les interventions du DAG d’Egletons sont variées : « Cette année, on est venu en aide à 123 victimes. L’intervention la plus courante a lieu en général l’été. Ce sont des glissades quand les chemins sont très secs et caillouteux. Des randonneurs plus ou moins équipés chutent, se blessent à la cheville, se fracturent le tibia. On a aussi des vététistes, notamment à Super Besse, qui se prennent de belles gamelles et se blessent à la clavicule ou ont des traumas dorsaux ou crâniens ». Mais contrairement aux idées reçues, la majorité des interventions a lieu en période estivale.

Beaucoup d'interventions en été

Le capitaine Nathaniel Lissonnet détaille : « On a beaucoup d’interventions l’été et nettement moins durant l’hiver. Les conditions météorologiques ne nous permettent pas toujours d’intervenir. Lorsque la victime est sur un domaine skiable, théoriquement c’est la station qui doit assurer les secours, sauf si c’est grave ». L’hélitreuillage est une manœuvre délicate à assurer. L’entraînement doit être régulier : « On s’entraîne tous les mois avec nos partenaires pour l’hélitreuillage. C’est une des techniques les plus particulières à opérer. Cela dépend s’il y a une paroi, une cascade de glace. Il faut s’entraîner régulièrement. L’hélitreuillage permet de déposer rapidement des secouristes ou une équipe médicale au plus près de la victime, pour une prise en charge rapide, une extraction rapide et un transport vers un hôpital ».

"Pour arriver sur le Sancy, on met entre 15 et 20 minutes"

Avec une forte réactivité, les hommes du DAG d’Egletons sont rapidement sur site, même hors de leur département de rattachement. Le capitaine Nathaniel Lissonnet précise : « Pour arriver sur le Sancy, on met entre 15 et 20 minutes, à partir du moment où on reçoit un coup de fil. On sort la machine, on est prêts à décoller et on arrive sur zone. Pour une intervention au départ d’Egletons, et un retour sur place, en moins d’une heure c’est réglé. Si les secours devaient agir sans nous à pied ou avec un véhicule, cela peut être très long et ça mobilise beaucoup de personnel. Ce n’est pas confortable pour la victime et avec nous, on gagne beaucoup de temps ».

"Quand on leur dit qu’on vient d’Egletons, les gens sont parfois surpris"

Il ajoute : « Avec notre positionnement, on pourrait penser qu’on est un peu loin du Sancy ou du Cantal mais ce n’est pas le cas. On est intervenus cette semaine au Mont-Dore car la sécurité civile était bloquée par le brouillard à Clermont-Ferrand. Etre de chacun des côtés du massif permet d’être disponible. Quand on intervient en 15-20 minutes, les personnes secourues ne réalisent pas que l’on vient d’aussi loin. Quand on leur dit qu’on vient d’Egletons, les gens sont parfois surpris. Ce qui les surprend plus c’est de voir un hélicoptère de la gendarmerie, car ils s’attendent plus à la sécurité civile ou au SAMU ».

Un métier "assez éprouvant"

Faire partie de ce détachement aérien n’est pas de tout repos, comme le confie le commandant : « On fait du secours toute l’année. De mi-juin à mi-septembre, c’est très concentré. De plus, en période de vacances scolaires, on a un faible effectif et donc le tour de garde revient régulièrement. Les journées sont très longues. Parfois, on finit à 22 heures et il faut être prêt à repartir le lendemain de bonne heure. C’est un métier assez éprouvant ». Il conclut : « On est fiers de faire nos missions, que ce soit le secours ou le judiciaire. Porter assistance à des personnes est hyper satisfaisant. Quand on a un petit message sur notre page Facebook ou un petit courrier qui nous arrive pour nous remercier, cela fait toujours plaisir ». Les gendarmes du DAG partagent avant tout la passion de la montagne et du secours, tout au long de l'année.

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