CARTE. Radon : ce gaz radioactif est-il présent dans votre commune ?

Dans les logements concernés, la concentration en radon est d’autant plus élevée que l’habitation est confinée et mal ventilée. / © DR
Dans les logements concernés, la concentration en radon est d’autant plus élevée que l’habitation est confinée et mal ventilée. / © DR

Le radon, gaz radioactif incolore et inodore est peut-être présent dans votre maison,  dans votre commune. Est-t-il dangereux ? Comment s’en prémunir ? On fait le point sur ces questions.

Par Aurélie Albert

Le radon est peut être présent à votre insu dans votre logement. Ce gaz radioactif se retrouve sur tout le territoire national mais à des concentrations variables en fonction de votre région. Cela dépend des roches présentes dans le sol : si elles sont granitiques et volcaniques, les risques sont plus importants.
 

Le radon, qu’est-ce que c’est ?

« Il faut savoir que le radon est un gaz radioactif issu de la désintégration de l’uranium, qui se désintègre en radium, qui se désintègre lui-même en radon, et qui se désintègre en d’autres éléments radioactifs », explique Karine Lefèbvre Milon, en charge de la gestion des risques de l’habitat et de l’environnement extérieur à l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes.
 

Où peut-on le trouver ?

La région Auvergne-Rhône-Alpes est particulièrement touchée car le sol est riche en uranium. L’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a développé une carte pour connaître le potentiel radon dans votre commune. Il suffit de renseigner le nom de sa ville.

 
Catégorie 1 : Communes où la concentration de radon est faible 
Catégorie 2 : Commune où la concentration de radon est moyenne 
Catégorie 3 : Communes où la proportion des bâtiments présentant des concentrations en radon élevées est plus importante que dans le reste du territoire

En Auvergne-Rhône-Alpes, toutes les communes ne sont pas classées en catégorie 3.
  • Ain : aucune commune en catégorie 3
  • Drôme : moins de 5 % des communes sont en catégorie 3
  • Haute-Savoie : moins de 5 % des communes sont en catégorie 3
  • Isère : moins de 15 % des communes sont en catégorie 3
  • Savoie : 30 % des communes sont en catégorie 3
  • Allier : plus de 55 % des communes sont en catégorie 3
  • Loire : entre 65-70 % des communes sont classées en catégorie 3
  • Puy-de-Dôme : 68,7 % des communes sont classées en catégorie 3
  • Rhône : 67 % des communes sont classées en catégorie 3
  • Ardèche : 70 % des communes sont classées en catégorie 3
  • Haute-Loire : plus de 78 % des communes sont classées en catégorie 3
  • Cantal : 80 % des communes sont classées en catégorie 3

« Attention ce n’est pas parce qu’on n’est pas en catégorie élevée qu’on ne peut pas avoir un taux de radon élevé, continue Karine Lefèbvre Milon. Chaque construction est différente ». Il est présent essentiellement dans les sous-sols des habitations. Mais encore une fois chaque bâtiment est spécifique : on peut habiter au 10ème étage d’un immeuble et avoir un taux de radon élevé.
 

Comment mesurer le taux de radon ?

Le seul moyen pour savoir quel est le taux de radon chez soi est de le mesurer. Et pour ça, vous pouvez utiliser un dosimètre radon. Il s’agit d’un détecteur que l’on met dans l’habitation pendant deux mois pendant l’hiver, dans une pièce de vie et au plus bas du bâtiment.

« Pendant les campagnes de sensibilisation qui sont organisés, on le met à disposition des usagers gratuitement. L’association de consommateurs et usagers (CLCV, Consommation, logement et cadre de vie) propose 200 dosimètres. Il faut prendre contact avec eux pour en demander un », évoque Karine Lefèbvre Milon.  
Sinon on peut se les procurer sur internet pour environ 25 euros.
 
 

Quels sont les facteurs de concentration ?

Plusieurs critères favorisent la concentration de radon dans une habitation, au-delà du type de roches présentes dans le sol. Mais, il faut savoir que ce n’est pas parce que nous avons du radon dans le sous-sol que nous en avons dans l’habitation.
« Tout dépend de la quantité de radon dans le sol, de la nature de la construction (par exemple : la présence d’un vide sanitaire ou pas, s’il est ventilé ou pas ; s’il y a un système de VMC), des conditions d’occupation du logement (si on aère bien 10 minutes par jour) », ajoute Karine Lefèbvre Milon.
 

Quelles sont les solutions ?

Vous vous demandez sûrement comment s’en prémunir. Selon l’Agence régionale de Santé (ARS) on peut le traiter de deux manières :
  • Soit on empêche le radon d’entrer dans la maison : on vérifie alors qu’il n’y a pas de fissure du plancher ou dans les gènes de canalisations (points d’entrée du radon), on contrôle l’étanchéité entre le sol et le bâtit.
  • Soit on fait en sorte qu’il sorte de la maison : avec l’aération ou la ventilation
« Aujourd’hui, il existe des techniques qui sont recommandées en construction comme par exemple des membranes anti-radon entre le sol et le bâtit. C’est comme une barrière entre le sol et le bâtit », explique Karine Lefèbvre Milon.
 


Quels sont les risques pour la santé ?

Le centre international de recherche sur le cancer (entité de l'organisation mondiale de la santé) a classé le radon comme étant cancérigène certain pour le poumon depuis 1987. L'institut de radioprotection et de sûreté nucléraire explique les effets sur la santé. Il s’agirait de la deuxième cause de cancer du poumon après le tabac. 10 % des décès sont attribuables au radon, ce qui représente 3 000 décès par an. Un risque de décès qui augmenterait lorsque l’on est fumeur.
 

Que dit la loi ?

Jusqu’en 2018, certains types d’établissements publics (enseignement, sanitaires, médico sociaux) étaient assujettis à un niveau de référence qu’il ne faudrait pas dépasser dans les constructions bâties : 300 Bq/m3 (becquerels par m3).
Depuis 2018, lorsqu’on vend ou loue une habitation située sur une commune de catégorie 3, il faut avertir les futurs propriétaires et les locataires du risque. Mais il n’y a aucune obligation de faire des travaux de la part de l’ancien propriétaire ou du loueur.  

Pour plus de renseignements des campagnes de sensibilisation sont organisées notamment sur la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Dans le Puy-de-Dôme à 18h00 :
Mercredi 13 novembre 2019 – Auditorium de la Mairie – 2, avenue de Sainte Florine – 63570 Brassac-les-Mines
Lundi 18 novembre 2019 – Salle du rez-de-chaussée de la Mairie – Place de la Halle – 63320 Champeix
Mardi 19 novembre 2019 – Salle la Fabrik – Chemin du bout du Monde – 63500 Issoire
 

 

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