Sur les chantiers de l'Ain, le prix du carburant inquiète aussi

Après les gilets jaunes, les engins jaunes ! Le 1er janvier 2019, les taxes sur le gazole pour engins de chantiers augmenteront. Les entrepreneurs de BTP s'inquiètent. Seule alternative, une offre d'engins 100% électriques, conçus près d'Annecy en Haute-Savoie, s'apprête à débarquer sur ce marché.
Dans l'agglomération d'Annecy, une entreprise met au point une pelleteuse 100% électrique, qui pourra peut-être s'imposer comme alternative aux engins de chantier qui consomment du GNR.
Dans l'agglomération d'Annecy, une entreprise met au point une pelleteuse 100% électrique, qui pourra peut-être s'imposer comme alternative aux engins de chantier qui consomment du GNR. © Patrick Lefevre / Maxppp
Alors que l'augmentation récente des prix du carburant suscite la grogne d'usagers de la route, un autre carburant va bientôt subir une hausse de la fiscalité environnementale : le gazole non routier, autrement dit, celui des engins de chantiers. Dès le 1er janvier 2019, le prix du "rouge", surnom donné à ce carburant particulier, augmentera de 50 à 70 centimes par litre. 

 

Le rouge et le vert


Dans le BTP, ce gazole coloré a remplacé le fioul domestique en 2011, pour réduire les effets polluants d'un carburant riche en souffre.
Il n'en reste pas moins polluant. Désormais, le gouvernement pousse à l'abandon de ce GNR en le taxant. Pour les entrepreneurs, qui investissent dans des engins qu'ils exploiteront une dizaine d'année en moyenne, les évolutions de la politique environnementale s'avèrent difficiles à anticiper. Selon un entrepreneur de l'Ain, les prix, qui passeront de 0.70 centimes à 1.30 euro par litre environ, "se répercuteront forcément sur le consommateur." Selon la Fédération Nationale des Travaux Publics (FNTP), cette mesure conduirait, au niveau national, à une hausse de 500 millions d’euros des coûts de production pour les entreprises, au regard de la consommation totale de GNR : 1 milliard de litre par an. 

 

Une augmentation durable des prix


Il ne s'agit pas vraiment, en réalité, d'une hausse de taxe, mais de la suppression d'un avantage, prévu de longue date : la fin d'une fiscalité réduite sur l’utilisation du gazole non routier (GNR) pour les engins de travaux publics. Celle-ci a été confirmée lors de la présentation du projet de loi de finances (PLF) 2019, le 24 septembre dernier. « Ces tarifs réduits ne se justifient plus sur le plan économique, sont en contradiction avec nos objectifs environnementaux, et sont incohérents avec l’alignement de la fiscalité du gazole sur celle de l’essence à horizon 2021 », expliquait alors le gouvernement. La trajectoire de TICPE (Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Energétiques) fixée jusqu’en 2022 prévoit une hausse annuelle du gazole de +5,36 cts/l par an de 2019 à 2021, puis +2,76 cts/l en 2022.

 

Les engins de chantiers s'électrisent


Pour l'instant, l'offre d'engins de chantiers moins polluants reste inexistante. Mais, poussé par cette augmentation inévitable des prix du carburant, la relève se prépare. Dans l'agglomération d'Annecy, une entreprise met au point une pelleteuse 100% électrique. En lieu et place du moteur, une batterie d'1.5 mètre cube. 147 kwh de puissance, soit, selon le constructeur, une journée de travail assurée par cette alimentation. L'engin sera commercialisé au cours du second semestre de 2019. En attendant, charge aux utilisateurs d'engins de chantiers d'acquitter l'augmentation du prix à la pompe. 


Reportage de nos équipes dans l'Ain et en Haute-Savoie :

 
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