Comment se faire aider pour créer son entreprise en période de pandémie

Est-il raisonnable de créer son entreprise en pleine crise sanitaire ? La CGPME de la région Auvergne-Rhône-Alpes est aux côtés des chefs d'entreprise qui veulent se lancer mais son président alerte sur la nécessité d'innover et de s'adapter. Entretien dans Ensemble c'est mieux sur France 3. 

François Turcas, président de la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises de la région Auvergne-Rhône-Alpes, invité d'Ensemble c'est mieux ! le 4 février 2020 à 10h40
François Turcas, président de la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises de la région Auvergne-Rhône-Alpes, invité d'Ensemble c'est mieux ! le 4 février 2020 à 10h40 © FTV

Créer son entreprise par temps de pandémie est-il un pari fou. Pour répondre à ces questions, la rédaction d’Ensemble c’est Mieux ! a invité François Turcas, président de la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises de la région Auvergne-Rhône-Alpes, à répondre à vos questions.

Est-ce que c'est un pari un peu dingue de se lancer actuellement, ou vaudrait-il mieux remettre ce type de projet à plus tard ?

Non vous l'avez vu, une augmentation de 4,8 % de créations se traduit par plus de 100 000 entreprises sur la région Auvergne-Rhône-Alpes en un an. C'est quand même pas mal. Donc si, il faut être un peu fou. Vous savez un chef d'entreprise est toujours un peu fou autrement il n'y va pas. Donc ces choses-là aujourd’hui on les prend comme elles viennent et surtout il ne faut pas oublier que l'avenir leur appartient.

Qu’avez-vous observé dans la création de ces entreprises, quels sont les secteurs les plus prisés ?

Les secteurs les plus prisés aujourd’hui sont les services, le commerce, la construction et le transport. Mais vous en avez d’autres. Les entreprises de restauration et les traiteurs ont su tout de suite réagir, réactiver leur imagination pour pouvoir au moins essayer de se faire un salaire en fin de mois. Parce que vous avez deux catégories de personnes : ceux qui touchent leur salaire normalement en fin de mois et les chefs d’entreprise et les entreprises patrimoniales qui eux créent leur salaire. 

Notre confédération s'est mobilisée depuis le mois de mars de l'année dernière et continue encore

«S’adapter» est le mot d'ordre ?

Oui s'adapter et la réactivité aussi, sans oublier l’innovation, il faut beaucoup d’innovation.

Est-ce que ces aides à la création sont toujours disponibles pour les créateurs d'entreprise ?

Non seulement elles sont disponibles, mais notre confédération s'est mobilisée depuis le mois de mars de l'année dernière et continue encore pour que ça aille jusqu'au bout. Puisque malheureusement on est dans un re-confinement possible et les aides doivent être là parce qu’autrement ce n'est pas possible pour les chefs d'entreprise de continuer.

Comment convaincre la banque de prêter une première somme pour l’amorçage de la création d’une société ?

Très bonne question oui et malheureusement le nerf de la guerre c'est ça. Et là vous avez plusieurs entrées et plusieurs portes. C’est celle des chambres de commerce et celle des syndicats patronaux comme le nôtre, que ce soit celui du MEDEF, de la CPME etc… Nous sommes à la disposition de ces jeunes entrepreneurs pour les conseiller et les aider à trouver leur piste de développement et les solutions financières.

D’accord mais concrètement ça se passe comment ? On vient vous voir, on a un conseiller.  Un suivi ? Quelles sont les questions qui reviennent le plus souvent ?

Les questions si vous voulez c’est d’abord de trouver des banquiers qui sont à l'écoute et qui font confiance aux projets et aux chefs d’entreprise.

Donc vous vous avez une liste de banquiers longue comme ça ?

Bien sûr, des banquiers qui sont partenaires, ils ont été comme la région, comme l'état l'a été pendant toute cette période. Donc on va continuer à travailler avec eux parce qu’en ce moment ils sont très sensibles justement au renouveau de ces chefs d’entreprise.

D’accord et donc vous recevez ces entrepreneurs en devenir ?

Ah mais avec plaisir !

C'est un tournant formidable que nous avons qui, plus est, porté par la jeunesse 

Est-ce que la sortie de crise marquera le début d'une sorte d'un «baby-boom» de de la création d'entreprise ?

J'espère que ça ne sera pas uniquement un baby-boom comme en 46. Mais disons que les gens ont envie d’investir, de s’exposer. Donc oui je pense à ce rebond, très fort et c'est là où on devra conjuguer économie et écologie. Ne l'oubliez pas c'est un tournant formidable que nous avons, qui plus est, porté par la jeunesse. Il va falloir trouver des innovations, de nouveaux débouchés sur l’air, sur l'eau et sur toutes les énergies environnantes et surtout renouvelables. Donc, là, il y a vraiment des axes de développement extraordinaires qu'il ne faut surtout pas rater dans l'agroalimentaire, le digital, la robotique...

Est-ce que les bons chiffres de la création d’entreprise dont on a parlé, ne sont pas l'arbre qui cache la forêt ? Il y a des cessations d'activité qui vont arriver quand même ?

Oui ça automatiquement le mur de dette va arriver. Le chef d'entreprise, même indemnisé, a quand même des remboursements à faire sur sa maison, sur sa voiture et ça on n'en parle pas vous comprenez. Donc il risque d'y avoir à un moment donné un résultat qui est très négatif et on le redoute déjà au mois d’avril. Bon ça peut être reporté d'un an maintenant puisqu'on a obtenu l'autorisation d'un an supplémentaire, mais un moment ou un autre, le mur de dette va arriver et il faudra rembourser. Il faut vite y penser, il faut avoir le recul nécessaire, avoir des nouvelles idées et surtout se remettre en cause.

C'est mieux le matin du lundi au vendredi à 10h50 sur France 3 Auvergne-Rhône-Alpes

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