Coronavirus COVID 19 : en Auvergne, l'inquiétude des parcs animaliers

Le Parc animalier d'Auvergne dépense chaque mois 5000 euros pour nourrir ses animaux. / © MVO
Le Parc animalier d'Auvergne dépense chaque mois 5000 euros pour nourrir ses animaux. / © MVO

En raison de l'épidémie de coronavirus COVID 19, Ils ont dû fermer leurs portes. En Auvergne, les parcs animaliers n’ont plus aucune recette mais ils doivent pourtant continuer à mettre la main au portefeuille pour s’occuper des animaux. Certains craignent que la situation ne s’enlise.

Par Maxime Van Oudendycke

En Auvergne, comme partout en France, l'épidémie de coronavirus COVID 19 a conduit à la fermeture des parcs animaliers. Les allées du Parc animalier d’Auvergne sont vides depuis plus d’une semaine. Comme les restaurants, les bars et de nombreux lieux accueillant du public, ce parc d’Ardes-sur-Couze dans le Puy-de-Dôme n’a pas pu rouvrir ses portes le 15 mars. Ils ont fait partie des premières entreprises touchées par des mesures sanitaires face à l’épidémie de Covid-19. Depuis, « on n’a plus de rentrée d’argent » résume Marie Demoulin, la responsable de la communication.
Pourtant, les dépenses n’ont pas disparu. La majorité des vingt employés sont au chômage partiel mais il faut toujours payer les salaires des 5 soigneurs qui se relaient au quotidien pour prendre soin des 350 animaux présents. Chaque jour ils doivent nettoyer les enclos des lémuriens, des lions ou encore des ratons-laveurs, mais aussi les nourrir ; l’alimentation représente chaque mois 5000 euros de budget. Il faut encore rajouter 1000 euros de dépense en soins vétérinaires. Malgré le confinement des humains, la vie continue pour les pensionnaires du parc.

Vente en ligne

Pour l’heure, pas de catastrophe en vue mais la fermeture brutale du parc pèse sur la trésorerie. Avec le rallongement du confinement dans l’air du temps, cela inquiète un peu. « Le mois d’avril lance normalement toute notre saison », explique Marie Demoulin. « On accueille 15 000 visiteurs pour un chiffre d’affaire de 300-350 000 euros » précise-t-elle. Pour l’instant, les perspectives sont à zéro. « C’est difficile de se projeter mais on essaie d’anticiper au maximum » confie l’employée du parc.
Alors pour enregistrer quelques recettes, un appel auprès des clients est lancé : ils sont invités à prendre en ligne billets et passeports annuels dès maintenant pour des visites ultérieures. 70 entrées ont ainsi été vendues depuis le samedi 21 mars, date du début de cet appel. « Si on doit faire des économies ce sera sur les recrutements ou les investissements, mais pas sur les animaux ou leur bien-être » rassure Marie Demoulin.
 
 

Des aides mises en place

« Les parcs n’ont pas de problèmes particuliers. Les entreprises ont des problèmes » analyse pour sa part Arnaud Bennet, président du SNELAC, le syndicat national des espaces de loisirs, d'attractions et culturels. Mais le dirigeant du Pal dans l’Allier reste tout de même positif face à la situation : « Dans l’ensemble, le secteur a été épargné par les précédentes crises, en 2008 ou avec le mouvement des gilets jaunes, donc on n’est pas les plus à plaindre ». « Là, il y a beaucoup de mesures mises en place par le gouvernement » juge le chef d’entreprise. Recours au chômage partiel, remboursements d’emprunts différés ou encore décalage des charges ont été instaurés ou facilités ces derniers jours pour ne pas asphyxier les entreprises mises à l’arrêt. « Après, il faudra voir par la suite si ce report de charge sera étalé sinon ça pourrait mettre en difficulté les petites entreprises » concède Arnaud Bennet. Une chose est sûre, quelle que soit la taille des parcs, les entrées manquées en raison de la période de fermeture dû au confinement seront définitivement perdues. « Mais je plains plus les petits artisans » relativise le président du SNELAC.

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