Coronavirus Covid-19 : les hôpitaux doivent déprogrammer massivement leurs activités dans le Rhône, l'Isère et la Loire

L’Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes demande aux établissements de santé publics et privés de l’Isère, de la Loire et du Rhône de procéder à des déprogrammations importantes pour les 15 prochains jours pour lutter contre les cas graves de covid-19.
 

L’Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes demande aux établissements de santé publics et privés de l’Isère, de la Loire et du Rhône de procéder à des déprogrammations massives pour les 15 prochains jours.
L’Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes demande aux établissements de santé publics et privés de l’Isère, de la Loire et du Rhône de procéder à des déprogrammations massives pour les 15 prochains jours. © LUCAS BARIOULET / AFP
Les établissements publics et privés de l'Isère, du Rhône et de la Loire sont concernés: l’intensification de la circulation du  Covid-19 dans la région, et particulièrement dans les métropoles de Grenoble, Saint-Etienne et Lyon, dans une moindre mesure la métropole de Clermont-Ferrand, impacte fortement l’offre de soins dans les services d’hospitalisation conventionnelle et dans ceux de réanimation et de soins intensifs.

Le risque de saturation de ces services est désormais réel à court terme.

Au 15 octobre, 1.567 personnes sont hospitalisées dans la région pour Covid-19. Dans le détail par départements :
Dans les services de réanimation et de soins intensifs, 254 personnes sont soignés. Dans le détail par départements:
Actuellement, 671 lits de réanimation sont ouverts dans la région (contre 559 habituellement), avec une possibilité d’installer jusqu’à 1.300 lits, mais cela supposerait une déprogrammation complète des activités au profit du coronavirus Covid-19, "ce qui n’est pas envisagé aujourd’hui, ni souhaitable" précise le communiqué.

90% des lits de réanimation sont occupés

37 % des lits actuellement disponibles sur l’ensemble de la région sont occupés par des patients atteints de Covid-19 et 50 % par des patients atteints d’une autre pathologie. Ainsi, près de 90 % des lits de réanimation sont occupés.

L'Agence-Régionale de Santé précise: "Pour prévenir et anticiper une saturation des lits par une augmentation à venir des cas graves attendus de Covid-19, il convient désormais d’augmenter rapidement les capacités d’accueil tant en hospitalisation conventionnelle qu’en réanimation et ainsi de déprogrammer plus largement les activités opératoires et interventionnelles des hôpitaux des territoires concernés."

La déprogrammation de toutes les activités non urgentes

L’Agence Régionale de Santé Auvergne-Rhône-Alpes demande à tous les établissements de santé publics et privés des territoires hospitaliers de la Loire, du Rhône et de l'Isère de procéder, dès ce lundi 19 octobre et pour 15 jours, "à la déprogrammation de toutes les activités opératoires et interventionnelles non urgentes et sans préjudice de perte de chance avérée à court terme pour les patients. Cette déprogrammation ne concerne donc pas la chirurgie ambulatoire, ni les activités de médecine."

L’ARS a également demandé aux établissements de santé du territoire ex-Auvergne, pour lesquels la situation est moins critique à ce stade, de se tenir prêt à activer des lits de réanimation en moins de 48 heures si la situation l’exigeait.

Pour rappel, il s’agit du CHU de Grenoble pour le territoire Alpes-Dauphiné; du CHU de Saint Etienne pour le territoire Loire intégrant Annonay; des HCL pour le territoire Rhône élargi à Vienne et Bourgoin-Jallieu et du CHU de Clermont-Ferrand pour le territoire de l’ex-Auvergne.

"Ce n'est pas la bonne solution"

Pour le syndicat Force Ouvrière de l'hôpital Edouard Herriot, "on n'est pas d'accord, car ce n'est pas la bonne solution. On est pour régler les problèmes d'effectifs. Déprogrammer les opérations non urgentes a énormément d'impact pour les patients. On fait peur à tout le monde, et les gens ne viendront même plus à l'hôpital. Avec plus de lits en réanimation, aujourd'hui on aurait une capacité suffisante pour soigner tout le monde."

Selon le syndicat plus de 4.000 lits auraient été fermés dans toute la France en 2018, et plus de 3.000 l'an passé. "Rien n'a été fait" depuis le déconfinement regrette le syndicat. "Avec un lit de réanimation, il faut le matériel et le personnel adéquat. Il faut former les gens, et aussi donner envie aux étudiants de venir travailler à l'hôpital. Ce n'est pas sérieux, le gouvernement va trop loin comme ça."

Le syndicat CGT a déposé un préavis de grève pour le lundi 19 octobre, pour réclamer plus de moyens humains et matériels, dans les services de réanimation des Hospices Civils de Lyon:

 
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