Coronavirus COVID-19 : magasins dévalisés, non il n'y a pas de pénurie alimentaire

Depuis quelques jours, des images de rayons de supermarchés vides circulent sur les réseaux sociaux et dans les médias. Et pourtant, le coronavirus n'a pas eu de conséquence sur les stocks alimentaires. L'État et les commerçants en appellent à la rationalité et à la solidarité des citoyens. 

Un rayon de pâtes presque vide dans un centre commercial de Grenoble le 14 mars 2020.
Un rayon de pâtes presque vide dans un centre commercial de Grenoble le 14 mars 2020. © France 3 Alpes
"Il faut que les clients restent cohérents dans leurs achats", soutient un employé du Auchan d'Épagny (Haute-Savoie). Ce serait plus facile pour tout le monde". Depuis quelques jours, partout en France, les supermarchés sont dévalisés par des français qui s'inquiètent de manquer de nourriture... mais aussi de papier toilette, en raison de l'épidémie de coronavirus. Des images de rayons vides sont relayées par de nombreux médias et circulent sur les réseaux sociaux.

Et pourtant, les entreprises l'affirment : elles sont livrées de la même manière qu'elles le sont habituellement par les entrepôts. Non, les fournisseurs ne sont pas en rupture de stock. "Les clients n'ont pas compris qu'on était livrés tous les deux jours", raconte une employée du U express de Voreppe, qui a été submergé de clients au lendemain de l'allocution du président de la République jeudi 12 mars. 
 

Psychose

Cette affluence massive n'est pas sans conséquence : les rayons sont parfois vides - en particulier ceux des pâtes et du papier toilette - et les employés doivent travailler d'arrache-pied pour les renflouer. Et puis, il n'y a plus assez pour tout le monde. Un constat loin du civisme dont sont censés faire preuve les citoyens en cette période de crise sanitaire.

Autre effet : pour l'employé du supermarché d'Épagny, cela ne fait qu'augmenter la psychose. "Le fait de voir les rayons vides amène les gens à penser qu'il y a une pénurie", explique-t-il. Face à ces réactions quelque peu irrationnelles, le préfet de l'Isère appelait ce samedi 14 mars ses concitoyens à "ne pas céder à d'éventuels mouvements de panique et en particulier à éviter de se précipiter dans les commerces". "Il faut réguler les achats de denrées alimentaires", précisait-il.
 

"Il faut arrêter de ne penser qu'à soi" 

Dans les pharmacies, même combat. "Tout le monde s'est jeté sur les gels hydro-alcooliques", témoigne Pascal, qui travaille à la pharmacie du grand Châtelet de Grenoble. Il en va de même pour les masques et les thermomètres. De sorte que, contrairement aux supermarchés, certaines pharmacies sont réellement en rupture de stock.

Concernant les masques, il est désormais interdit d'en acheter sans ordonnance et pour le reste, ce sont les pharmaciens qui régulent. "Il faut être logique et arrêter de ne penser qu'à soi", martèle Pascal qui rappelle que l'eau et le savon sont aussi voir plus efficaces que les gels hydro-alcooliques. 

 
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